CHARENTE-INFÉRIEURE
SAINTES. — Dufourcet et Camiadc, L'Aquitaine historique et MONUMENTALE, t. II, p. 2ç. ToMBEAUx qu'on a tfouvés autouF de Téglise S.-Vincent avec des objets mérovingiens : entrelacs gréco-orientaux, d'autres barbares. On retrouve Daniel dans la fosse aux lions, p. 143. Mosaïque fort intéressante d'un style néo-grec : tresse, rosace avec entrelacs, vase à deux anses. Il faut mentionner aussi une série de chapiteaux qui pourraient provenir d'un monument du IX' siècle : palmettes^ entrelacs, feuilles déchiquetées, branches de feuillage, stries. Ils sont fort curieux et nous prouvent la persistance de cette décoration.
PONT-L'ABBÉ. Église. — Au portail du côté droit, un certain nombre de fragments de sculpture carolingienne : entrelacs, cf. Robert, Photographies, n"* '?794>
BOURGES. — Le Musée possède un sarcophage du VI* siècle. On remarque deux paons affrontés et le monogramme, de l'autre côté deux griffons devant le calice à deux anses. Il faut ajouter trois plaques sculptées ayant servi à des tombeaux; décorées de roues et de croix pattées. On a trouvé aussi dans les fouilles faites sur la place Malus des fragments de sculptures des VI' et Vil* siècles : entrelacs^ roues, étoiles. Cf. Rohault de Fleury, La Messe, I, pi. 163. Mentionnons aussi deux autres morceaux découverts sur la place de la Nation (auberge du Suisse). On y voit des palmettes, des griffons, vases à deux anses d'où sortent des grappes de raisin. Un sarcophage mérovingien, pourvu d'arcatures où sont placées des croix pattées, cf. Bulletin monumental, t. XX V^ p. 61, plaque ornée d'un vase à deux anses avec deux griffons affrontés (peut-être du VII* siècle), Rohault de Fleury^ La Messe, t. IV, pi. 362. Objets en bronze décorés de motifs néo-grecs, cf. Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, t. XIX, p. 40, fig. Des Meloises, Pierre tombale mérovingienne à Brives (Indre), décoration néogrecque : cercle, as de pique. Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, t. XVI (1889), P- i^5i pl*f ^^' Rohault de Fleury, La Messe, t. III, pi. 326. Chancel du VI* siècle : carrés avec diagonales et croix. Buhot de Kersers, Histoire et statistique du Cher, 1879, P^* ^1 donne un sarcophage qui imite la décoration d'un cancellus.
SAINT-ESPRIT. Église. — On y a placé des monuments antérieurs. Des pilastres et deux fragments de chancels.
SAINT-OUSTRILLE. Église. — Robert, Photographies, n** 2894, 2895, on a encastré aux murs extérieurs de l'abside des fragments anciens : entrelac, roses.
l68 UN HISTORIEN DE L*ART FRANÇAIS
GOTE-D^OR.
SAINT-BÉNIGNE-DE-DIJON. — On peut dire que cette église a passé par un état carolingien, car on y remarque des fragments de cancelli et des chapiteaux fort curieux qui indiquent une date pré-romane. Ils ont été utilisés dans les remaniements ultérieurs. Il faudrait comparer ces fragments avec ceux de Téglise de Saint-Pierre, ancienne cathédrale de Genève. Oi. Publication de r Association pouT la restauration de cette église. Genève, 1891, p. 19. On a trouvé des fragments de décorations qui remontent à Tépoque du roi Gontran. C'est encore la même ornementation néo-grecque, fig. 6, p. 36; fig. 13, p. 46; fig. 15, 16, 33, 33.
SAINT-REINE-DE-FLAVIGNY, cf. Bulletin monumental, t. XVIII. — Comme cette église fut détruite un très grand nombre de fois, il est nécessaire de comparer avec soin les sculptures qui nous sont parvenues. On pourra alors se convaincre que certains éléments datent d'une époque antérieure au X* siècle. Des chapiteaux avec fleurs indiquent la même famille que ceux de Saint-Laurent de Grenoble. Un autre assez curieux, sans astragale, trahit la même époque. Mentionnons enfin une stèle dont on a fait un chapiteau qui représente une tête très curieusement placée.
DEUX-SËVRES.
NIORT. Musée. — On y voit un certain nombre sarcophages mérovingiens. Ils sont décorés de croix et de dessins en creux, cf. Bulletin monumental, t. XXIX, p. 37.
SAINT-MAIXENT. Église. — Crypte. Berthelé^ Recherches pour servir à l'histoire des Arts en Poitou, pp. i à 18, a montré qu'elle avait été remaniée. On a restauré le tombeau qui se trouve dans la crypte. On peut y voir des fragments de l'époque pré-romane, Robert, Photographies, n* 2833 : entrelacs.
SAINT-JOUIN-DE-MARNES. — Bélisaire Ledain, Notice sur Saint- Jouin-de-Marnes, Poitiers, 1884. On peut voir encore des chapiteaux de l'époque franque. Il n'y a pas d'astragale aux fûts des colonnes. Deux sont moulés au Trocadéro : pal mettes, cf. ceux de Saint- Laurent de Grenoble. On voit aussi à la porte de droite des fragments carolingiens : rose à six rayons.
GOURGÉ (près Parthenay), construit entre 889 et 943. cf. Berthelé, Etude sur le chevet de Véglise de Gourgé. Revue Poitevine et Saintongeaise, 1884, pp. 317-337.
CHATILLON-SUR-THOUET. - Berthelé y veut voir des restes pré-romans, cf. Carnet de voyage d'un Antiquaire poitevin, 1896, p. 385.
LOUIS COURAJOD ïÔQ
VOULTEGON. Église. — Cf. Ledain; Trots Églises antérieures au XI* siècle. Bulletin des Antiquaires de VOuest^ 1880, pp. 162-167. Nous n\ivons pas visité ces cinq églises du Poitou, mais Berthelé, /. c, p. 285, accepte cette date.
AIRVAULT. Église. — On a encastré des fragments de sculpture francs. Berthelé, /. c, p. 50.
SAINT- FLORENT, près Niort. Église. — Fragments de chancels insérés dans les murs extérieurs, cf. Paysages et Monuments du Poitou^ livr. 163 à 167.
SAINT-GÉNÉROUX. — Ramée a placé cette église dans le second quart du XI* siècle; un certain nombre d'archéologues la considèrent comme un monument carolingien. Ils s'appuient sur les églises de Saint-Mesmc et de Gravant, enfin sur celle de Saint-Jouin-de-Marnes pour certifier cette origine; cf. J. Berthelé, Carnet de voyage d'un Antiquaire poitevin^ 1896, p. 289. Je ne serais pas aussi affirmatif, car une étude attentive du monument indique que nous avons une copie des édifices carolingiens. Uopus réticulé est ici faux, mais on a utilisé dans l'église certaines sculptures d'un âge antérieur. Cette église est la preuve qu'on continua dans la région pendant un certain temps la manière de construire employée à l'époque franque. La vallée de la Loire possède encore des monuments où l'alliance de la pierre et de la brique indique un âge plus ancien. Les architectes ont cherché la décoration dans les éléments mêmes de la construction et ont formé avec la brique, encore au XI' siècle^ des cercles, des losanges, des étoiles. Il faut donc être fort prudent pour dater des monuments copiés sur des modèles plus anciens. Cf. Gailhabaud, V Architecture du VI* au XVII* siècle, donne un chapiteau fort intéressant : pi. II, palmettes.