‹ Un hiver en LaponieChapitre 166 sur 228 · E— LO · texte numérisé non relu

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un monument au poète Tegner, qui fut évêque de Vexiô. On voit près de la ville la résidence épiscopale et l'hôpital central. Sur une île du lac sont les ruines du château de Kronoberg. La ville est rattachée par un petit chemin de fer à la ligne principale qui traverse la contrée depuis Malmo, au Sud, jusqu'à Stockholm.

La matinée de mon départ d'Atvidaberg fut claire et fortifiante ; le pays semblait plus beau après la pluie de la veille ; tout paraissait frais, quoique des champs de seigle (céréale qui devient très haute ici), fussent versés. Le voyage me parut d'autant plus agréable que les routes n'étaient pas poudreuses.

Plus loin, une suite de petits lacs court vers la Baltique dans la direction du Sud-Est. À une courte distance du village, un chemin de traverse avec une station postale conduit sur la grand'route, par un charmant pays, jusqu'au village de Gamleby, sur la mer.

Les chemins de traverse augmentent notablement vers le sud et passent souvent dans tant de directions, que le voyageur est indécis pour choisir celui qui doit le conduire à la grand'route. Le paysage devenait plus pittoresque; les collines rocheuses étaient couvertes d'arbres, les champs en bonne condition sur les rives des lacs, parsemées de petites fermes prospères. A Ofverum, il y a une grande manufacture d'instruments aratoires ; on y fabrique des machines à faucher et à battre, ainsi que des charrues ; le mouvement est donné par une force hydraulique.

L'après-midi était avancée quand j'entrai dans Gamleby. La situation de ce village, à la pointe d'un fiord étroit, est tout à fait pittoresque; un petit cours d'eau l'arrose, et, sur ses rives, une scierie et deux autres usines travaillent pendant les mois d'été. Il y a un palais de justice construit en pierre et qui sert en partie d'hôtel; la station v est bonne. Quelques maisons sont peintes en blanc ou en vert clair, mais pour le plus grand nombre elles sont rouges et couvertes .le tuiles ; des pots de Heurs en quantité ornent les fenêtres. D'ici, on peut aller à Westervik, soit par terre, soit par eau; mais, pour prendre la route, il est nécessaire de traverser le fiord. Un petit vapeur chauffe tous les jours entre ces deux places, qu'il quitte tous les matins à six heures et demie. Après une charmante navigation d'une heure et demie, nous abordâmes au quai de Westervik, ville de 6,000 âmes,

WESTERVIK

possédant deux chantiers de constructions navales et quelques fabriques. Les rues sont pavées de très petits cailloux en mosaïque qui rendent la marche difficile et fatigante à ceux qui ne sont pas accoutumés à ce genre de pavé, à moins qu'ils ne portent des souliers à semelles épaisses. Les maisons sont spacieuses et bien aérées, avec de grandes cours. Si les stations rie relais sont mauvaises quant à la nourriture, on est certain de trouver dans les villes des hôtels confortables, où la table est bonne, et cet endroit ne faisait point exception à la règle.

Cathédrale de Vexio, vue du Sud-Ouest.

À Àtvidaberg, on avait eu l'obligeance de me donner une lettre d'introduction pour le docteur B..., savant professeur, établi àWestervik, qui fit tout son possible pour rendre mon séjour en cette ville agréable. Le pasteur m'invita à me joindre à une société de gentlemen qu'il avait à dîner, et je fus reçu avec la plus cordiale hospitalité par lui et par sa femme. Il donnait ce banquet en l'honneur des inspecteurs du comité des écoles; trente gentlemen y assistaient et presque tous parlaient le français, l'allemand et l'anglais; cette société d'hommes de bon ton me fut extrêmement agréable. Selon la coutume, lorsque tant de convives sont réunis, nous nous servîmes nous-mêmes et nous nous

assîmes à de petites tables dans des chambres différentes. Le pasteur porta un toast aux examinateurs du comité des écoles et tous échangèrent des saluts avant de boire leur vin. Puis l'hôte eut labonté de proposer ma santé et me lit un superbe compliment, en disant rpie j'étais connu en Suède et le bienvenu dans le pays. On servit le café sous les arbres du jardin ; après quoi, nous nous séparâmes. Durant les mois d'été, des musiciens et des compagnies dramatiques parcourent le pays, et, le soir de ce jour, on donnait un concert qui devait commencer à sept heures, dans le bâtiment de l'école supérieure. Les artistes étaient trois dames dont l'une jouait du violon, l'autre du violoncelle et la troisième du piano ; elles étaient excellentes musiciennes et l'une d'elles chantait parfaitement. Il y avait foule et tout Westervik paraissait être venu à ce concert.

De Westervik, la navigation le long du bord est charmante, comme c'est généralement le cas en été sur les eaux tranquilles de la Baltique ; en cette saison, la mer est rarement mauvaise.

Soit par terre, soit par steamer, on peut toucher à Oscarshamn sur une petite baie protégée par de nombreuses îles, ayant une population de 5,500 âmes; cette ville possède des chantiers de construction, des ateliers pour les machines et une fonderie. Plus au sud est le port de Kalmar, le plus important de Smaland, dont la population monte à environ 10,000 âmes. La situation de la ville est très pittoresque. Les rues sont larges, propres et pavées de cailloux ronds; les maisons ont généralement deux étages avec de grandes chambres, et, sur le square, on a construit une belle et spacieuse église. Les rues partent du square à angle droit et conduisent dans toutes les parties de la ville et aux anciennes fortifications. Par moments, on rencontre des pompes aux formes bizarres et vieillies, qui fournissent de l'eau au peuple. Les vieux remparts sont l'orgueil de la ville. On a créé sur leur emplacement un jardin en façon de parc ; le vaste terrain a été arrangé avec goût et garni de belles pelouses, de bosquets, de haies ayant 10 pieds de haut, et de marronniers, d'ormes, d'érables, de pommiers, etc., et d'un jardin d'agrément. De cette promenade, on peut voir la Baltique, l'île d'Oland et les navires â l'ancre.

L'ancienne Kalmar, âl'époquc païenne, était un grand marché; elle fut connue ensuite par l'expédition de Sigurd Jorsalafar en Smaland,

L'UNION DE KALMAR

appelée Ralmare Ledung. Elle a été longtemps la plus grande ville de la Suède méridionale, et, pendant des siècles, on la considéra comme la clef du pays et on la fortifia. Parmi les événements historiques qui ont eu lieu dans ses murs, nous citerons la Diète de 1332, alors que la Scanie, Halland et Blekinge se soumirent à la couronne suédoise; mais on dut payer une somme de 70,000 marcs au duc deHolstein et à d'autres princes, qui tenaient ces provinces en gage pour l'argent prêté au roi de Danemark. En 1397, il y eut une Diète dans laquelle fut conclue ce qu'on appela l'Union de Kalmar. Elle contenait les clauses suivantes : \" Que les trois royaumes seraient toujours unis et auraient un seul

Armoiries de Christian Ier roi de Danemark, Suède et Norvège, pendant l'époque de l'union de Kalmar.

monarque; 2° qu'un nouveau roi pourrait être choisi par les conseils des trois royaumes unis, mais à l'unanimité et non par chaque État séparément; 3° que chaque royaume serait gouverné par ses propres lois et coutumes; en outre plusieurs articles additionnels. Cette convention fut écrite sur parchemin, en duplicatas qui ont été conservés.

Souvent, depuis cette époque, la ville a été exposée aux attaques de l'ennemi. Le vieux château, bâti un peu avant l'an 1200, est encore debout et l'on a mis des années à le restaurer et à lui rendre son aspect original. Le grand objet d'attraction est la chambre à coucher octogone d'Erik XIV, dans une des tours. L'ornementation du plafond cl du plancher en marqueterie, et d'autres enjolivements de Fapparte-

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ment sont l'œuvre delà propre main du roi. Ce château fut autrefois changé en prison, puis en grenier; on le laissait périr, lorsque le roi

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Oscar, père du monarque actuel, s'interposa pour faire conserver cet édifice historique; mais, à l'exception des remparts et du château, il

ne reste rien pour indiquer l'antiquité de la ville, qui a fortement souffert à la suite d'incendies.

L'union de Kalmar demeura en vigueur de 1389 à 1521, bien qu'in-

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terrompue plusieurs fois par des guerres intestines. En 1521 apparut le premier Wasa, et la puissance danoise fut brisée.

J$^M J'étais à Kalmar le jour de la Saint-Jean, quand

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Jf%r toutes les cloches appelaient les lidèles à l'église ;

^&\ l'édifice est grand, mais la congrégation ne fut pas

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J^-f||fV ville avait un air de gala; les citadins portaient <S|d«^l|| leurs habits de fête et se pressaient sur les stea-

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Armoiries de la famille est assez souvent troublée par des scènes d'ivro-

Niperbv, éteinte.

gnerie, el le festival de l'arbre de Mai finit parfois

par une rixe générale. J'assistai à une de ces scènes et je ne pus m'em-

pêcher de frémir à ce spectacle de férocité, où l'on fil usage du couteau.

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Les gens des environs de Kal- ^^

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