LES LAPONS MARITIMES
toutes particulières ; on les construit en terre et de formes variées ; beaucoup sont rondes et d'autres coniques, comme les tentes ; le foyer est au centre el la fumée trouve son issue par l'ouverture du haut; deux ou trois sont quelquefois réunies ensemble; elles appartiennent aux plus pauvres Lapons maritimes. D'autres encore ont la forme des maisons ordinaires, bâties entièrement en gazon, y compris le toit; parfois on y ajoute extérieurement un mur de pierres pour proléger le gazon et rendre les maisons plus durables. Beaucoup n'ayant pas de fenêtres, le jour n'arrive que d'en haut ; quand le feu est éteint, on couvre d'un châssis l'ouverture pour la fumée. Des maisons plus prétentieuses sont construites en rondins ; dans les meilleurs districts, on les confond avec avec celles des fermiers norvégiens.
A l'occupation de la pêche ces Lapons ajoutent celle du fermier ; presque tous possèdent deux ou trois vaches, quelques moutons, chèvres et rennes; des plantations de pommes de terre et d'herbe entourent souvent la gamme. Cependant, leur labeur principal est la pêche qui, lorsqu'elle réussit, est rémunératrice. Les femmes prennent soin de la grange et du ménage; elles réparent les fdets, mettent les amorces aux lignes, découpent et sèchent le poisson. En hiver, les deux sexes sont vêtus de peaux de renne; leur coiffure, comme celle de tous les Lapons des montagnes, consiste en un énorme bonnet carré. Ceux des femmes sont extraordinaires et ressemblent à des casques ; elles leur donnent celte forme au moyen d'une pièce de bois creux. Le vêtement d'été des femmes est une sorte de chemise longue, avec des manches jusqu'au poignet, souvent sans ceinture ; celte chemise est faite en vadmal, matière très semblable à celle dont se servent les Lapons montagnards pour leurs tentes ; la couleur en est ordinairement noirâtre ou grise ; les accrocs et les taches n'y manquent pas. Elles portent généralement de longs cheveux ébouriffés, de couleur châtain foncé avec une teinte rougeâlre, qu'elles ne peignent que le dimanche; aussi la vermine y grouille-t-elle ainsi que sur leurs habits. Les hommes sont vêtus de la même manière et se coiffent d'un bonnet de laine de couleur voyante. Les femmes sont tellement habituées à un rude travail et exposées au grand air, qu'après un certain âge leurs traits grossissent au point qu'il est difficile de les distinguer d'avec les hommes ; quand elles sont jeunes, on a du mal à discerner si l'on parle à une fille ou à un garçon.
UN HIVEit EN LAPONIE
On peut juger du type des Lapons par le nombre de familles qui vivent dans des maisons, ou gammes. Dans les paroisses d'Allen, de Kiaervô et de Lyngen, les Lapons sont largement mêlés, par des
jpi
Demeure de Lapons des forets en Arridiaur.
mariages réciproques, avec les Norvégiens et les Finnois; les rejetons de ces mariages forment une bonne classe de peuple. Beaucoup sont aussi
intelligents que les Norvégiens et constituent une addition précieuse à la population du pays.
Eh remontant les cours d'eau qui se jettent dans les fiords, on trouve les Lapons des rivières. Leur manière de vivre diffère peu de celle îles Lapons maritimes, et, pendant la saison de la pêche, ils vont à la mer; on les rencontre en Norvège, spécialement sur les bords des rivières Tana, Karasiok et Alten, et leurs affluents. Leur occupation, pendant l'été, est de prendre du saumon ou de servir comme mariniers. Presque chaque famdle a une petite ferme avec du bétail, des chevaux, des moutons et des chèvres;
JVialla.
LE VILLAGE D'ARVIDIAUR
ils cultivent le sol et, pendant l'été, les Lapons des montagnes prennent soin de leurs rennes; leur hospitalité s'étend à leurs frères montagnards, qu'ils soignent dans leurs maladies.
Demeure d'une famille de Lapons pécheurs
En remontant la Lule, la Pite, la]Byske, la Skellefte, l'Urne et
Rue du village d'Arvidiaur, en Pite-Lappmark.
d'autres rivières, ou auprès des lacs, on rencontre çà et là des Lapons des forêts. Leurs habitations ont une l'orme particulière; dans quelques
districts la partie basse est carrée, construite avec trois ou quatre troncs d'arbres bien joints ensemble ; la partie supérieure est pyramidale, en bois fendu couvert d'écorce de bouleau ou de planches. Une large pierre plate au centre sert à faire du feu et la cuisine. Le trou habituel au sommet pour l'issue de la fumée est de rigueur. Dans quelques-unes, le plancher est formé de dalles en pierres ; dans d'autres, il est couvert de jeunes branches de bouleau, et, comme dans la kata, des peaux sont étalées par terre pour servir de lits à la famille. A côté des habitations existent de grands enclos où, à une certaine saison de l'année, les rennes sont parqués chaque jour. Bien des Lapons des forêts possèdent d'immenses troupeaux que l'on trait deux ou trois fois par jour. Ils ont des katas établies de distance en distance; car ils sont obligés de changer souvent de résidence pour faire paître leurs bestiaux.
Dans l'Hcriadalen, on permet parfois aux rennes d'errer tout l'été ; à l'époque où ils niellent bas, en octobre, on les rassemble et on ne les laisse plus libres jusqu'au printemps.il est souvent nécessaire de faire du feu autour des enclos, afin que la fumée éloigne les essaims de moustiques qui, sans cela, pourraient affoler le troupeau. Dans la partie méridionale de la Laponie (en Norvège comme en Suède), les rennes ne vont pas à la mer. Les divers troupeaux sont souvent mêlés ; mais on les sépare facilement quand cela devient nécessaire, chaque propriétaire connaissant les siens par leur marque distinctive.
Les Lapons des forêts font une grande quantité de fromage et fument la chair et les langues de rennes, qu'ils vendent aux Suédois et aux Norvégiens.
Les Lapons pêcheurs forment une autre classe, dérivée, comme les précédents, des Lapons nomades ou montagnards, qui, devenus pauvres et mal disposés à servir, préfèrent vivre indépendants. C'est près des lacs solitaires et sur les rives des cours d'eau que ces Lapons construisent leurs habitations, entourées généralement par des forêts de sapins, de pinson de bouleaux. Une famille peut posséder plusieurs katas, el, quand la pêche est finie à un endroit, elle va dans un autre. Pendant l'été, ces Lapons se nourrissent de poissons; ils eu fument et en salent de grandes quantités pour leur usage de l'hiver et pour la vente. Outre la pêche, ils professent encore d'autres industries; ils fabriquent des vases en bois, des seaux, des souliers, etc. Aux
Pêcheurs norvégiens.
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