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ments peints en rouge et leurs bordures blanches; les maisons ne sont pas grandes; mais elles paraissent propres et commodes, entourées de vergers de pommiers et de petites plantations de houblon ; des champs fertiles de froment, de seigle, d'orge, d'avoine, de pommes de terre, de lin et de chanvre, des collines bien boisées réjouissent l'œil. Beaucoup de véhicules de toute sorte et de chariots chargés de marchandises passaient le long de la route. Ceux qui n'avaient pas retenu d'avance un forbud, et même ceux qui l'avaient fait, durent passer plusieurs heures à la station de poste; c'était amusant de voir ceux qui, à leur arrivée, s'attendaient à obtenir un cheval ou deux, et qui faisaient leur demande avec des mines souriantes; le changement subit de contenance, quand on leur répondait qu'ils auraient à attendre six ou huit heures, et peut-être jusqu'au lendemain matin, ne semblait pas indiquer qu'ils fussent satisfaits.
En ce moment, le parfum de la belle petite fleur appelée Linnœas borealh remplissait l'atmosphère; des framboisiers sauvages et des ronces bordaient les routes, et l'anémone jaune, ainsi que d'autres fleurettes, égayaient le paysage. Après avoir fait environ 35 milles à travers une contrée ravissante, je franchis l'Osterviken sur un pont flottant et je mis pied à terre devant l'auberge confortable de Leksand. Elle regorgeait de touristes suédois venus pour assister au festival de la Saint-Jean, et je ne pus obtenir qu'une petite chambre en commun avec deux autres voyageurs. Connaissant l'horreur des Suédois pour les fenêtres ouvertes et pour toute ventilation ; certain, en outre, que, par ce temps chaud, on ne permettrait pas à un atome d'air frais d'entrer dans la chambre de toute la nuit, je préférai, puisque j'avais le choix des maux, dormir dans le grenier à foin ou sous un arbre, enveloppé dans une couverture. Je refusai donc le logement et l'aubergiste me manifesta son regret de ne pouvoir me contenter.
Je me souvins alors que j'avais une lettre d'introduction pour un fermier nommé Broms Olof Larson, qui, me dit-on, demeurait non loin de l'église. En Dalarne, comme en Norvège, toute ferme a un nom, mais ici on le met avant celui de la personne. La maison d'Olof se trouvait près du pont que j'avais traversé. Laissant donc mon bagage à l'auberge, je m'informai du chemin. Quand j'atteignis la maison , on me fit monter un escalier et je me trouvai au milieu
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d'une assemblée de fermiers de Leksand dont le noble maintien m'impressionna; ils parurent étonnés de me voir. « Brôms Olof Larson est-il chez lui? » demandai-je. Un bel homme vint à moi et me dit : « Me voici. » Je lui donnai la lettre du gouverneur, et, quand il en eut pris lecture, il me serra cordialement la main et me souhaita la bienvenue à Brôms, nom de sa ferme. « Bienvenu en Dalarne ! » s'écrièrent tous les autres quand je leur fus présenté. On servit du punch, du vin, et, dans le cours de la conversation, je mentionnai que je ne pouvais obtenir de chambre dans l'auberge. « Vous en aurez une ici, dit Brôms Olof. Où est votre bagage? - A l'auberge. - Attendez un peu, repnt-il ; nous allons aller avec vous ; nous avons à traiter une affaire concernant les intérêts de la paroisse. »
Tel fut mon début en Dalécarlie. Je ne pouvais m'empêcher d'admirer les hommes qui m'entouraient; c'étaient les plus beaux types du sang dalécarlien. « J'ai une lettre pour le riksdagsman de la présente diète^ Liss Olof Larson. — Le voici, » me dit mon hôte en me désignant un gaillard de sis pieds trois pouces, et fort en proportion, aux beaux yeux expressifs et d'honnête figure. Près de lui se tenait son père, autrefois riksdagsman, et encore plus grand. Brôms Olof était de moyenne stature, avec des traits réguliers, des yeux vifs et d'une expression intelligente.' Bientôt après, Brôms Olof, le riksdagsman et moi, nous allions à l'auberge pour chercher mon bagage; ils voulurent le porter euxmêmes et ne permirent pas à d'autres, pas même à moi, de le toucher. Le costume de fête des hommes de Leksand est sombre : ils portent des habits longs en drap bleu foncé ou noir, tombant au-dessous du genou, des culottes en peau de couleur naturelle, un gilet de même étoffe ou quelquefois de drap , de gros bas de laine blancs, des souliers ; quelques-uns portent maintenant les souliers lacés modernes et une' écharpe de laine autour du col ; ils séparent leurs cheveux par le milieu et se coiffent de chapeaux ronds en feutre; lorsque le dimanche ils quittent l'église dans ce costume, ils paraissent très graves. En semaine, ds ajoutent un grand tablier de cuir jaune, qui pend depuis le col.
Le jupon des femmes de Leksand, en laine épaisse d'un bleu foncé , atteint presque les chevilles et permet de voir leurs souliers et leurs bas blancs; le corps de la robe est, soit en cuir, en laine> en soie rouge, découvrant les manches blanches de la chemiserie