VI AU COMTE RAOUL COSTA
VOUS le rappellent les impressions de votre enfahce. C'était une si grande joie pour lui que votre arrivée à Beauregard! Parfois distrait , lorsqu'il vous racontait ses batailles sur les Alpes , ses négociations avec Bonaparte, ou les choses si tristes de l'émigration, vous redeveniez attentif lorsqu'il vous parlait de son fils Eugène , du combat où celui-ci fut blessé et de la mort si glorieuse quil fit à sei\e ans.
Vous vous rappelei[ encore ce médaillon qui renfermait le portrait de l'enfant et la tendresse avec laquelle le marquis Henry vous le donnait à baiser tous les soirs en priant Dieu de faire de vous un autre Eugène.
Votre grand-père vous montrait son vieux château de Beauregard dévasté, il vous conduisait sur les grèves du Léman qu'il aimait, parce que la révo-
lution avait laissé au ciel et au lac leur a^ur d'autrefois. Il croyait voir et vous voyie^ par ses yeux , dans le lointain, la ville de Lausanne, oU votre grand'mère émigrée avait tant souffert.
De tels souvenirs vous rendront indulgent pour ce livre, mon cher oncle; mais je veux plus encore. Je