‹ Un homme libre (volume 2)Chapitre 46 sur 52 · NIET I · texte numérisé non relu

NIET I

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des joujoux, afin qu’elle me laisse la paix.

Ce fut la grande tristesse de Dieu de voir que ses anges, des émanations de lui-même, désertaient son Paradis pour aimer les filles des hommes. Jai trouvé un joint qui me permet de supporter sans amertume que des parties de moi-même inclinent vers des choses vulgaires. Je me suis morcelé en un grand nombre d’âmes. Aucune n’est une âme de défiance; elles se donnent à tous les sentiments quilestraversent. Les unes vont à l’église, les autres au mauvais lieu. Je ne déteste pas que des partiesde moi s’abaissent quelquefois : il y a un plaisir mystique à

contempler du bas de mon humiliation la

vertu qu’on est digne d'atteindre; puis un

esprit vraiment ornéne doit pas se distraire

de ses belles préoccupations pour peser les

vilenies qu'il commet peut-être au même

moment. J’ai pris d’ailleurs cette garantie

que mes diverses âmes ne se connaissent qu'en moi; de sorte que n’ayant d’autre

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point de contact que ma clairvoyance qui les créa, elles ne peuvent cabaler ensemble.

Qu’une d’elle compromette la sécurité du à groupe, et par ses excès risque d’entraînerla somme de mes âmes hors du Paradis qu’elles < ont élu, toutes se ruent sur la réfractaire. 4 Après une courte lutte, elles l’ont vite maitrisée; c’est ce qu’on a pu voir dans l’anec- 4 dote d'amour.

Vraiment, quand j'étais très jeune, sous l'œildes Barbares, et encore à Jersey, jeme méfiais avec excès du monde extérieur. Il est repoussant, mais presque inoffensif. Comme on saisit l’onagre par le nez, il fautmaitriser 3 les hommes en les erapoignant par leur vanité. Avec un peu d'alcool et des viandes … saignantes à ses repas, avec de l'argent dans ses poches, on peut supporter tous les contacts. Un danger bien plus grave, c’est, dans le monde intérieur, la stérilité et l’emballement ! Aujourd’hui, ma grande préoccupation

On connaît ma méthode : je tiens en main

mon âme pour qu'elle ne butte pas, comme

-un vieux cheval qui sommeille en trottant,

et je mingénie à lui procurer chaque jour de nouveaux frissois; on m’accordera que

j'excelle à la ramener dès qu’elle se dérobe.

Parfois je m'interromps pour m'adresser une prière :

O moi,univers dont je possède une vision chaque jour plus claire, peuple qui m’obéis au doigt et à l'œil, ne crois pas que je te délaisse si je cesse désormais de noter les observations que ton développement nY'inspire; mais l’intéressant, c'était de créer la

méthode et de la vérifier dans sés premières

applications. Somme sans cesse croissante

d’âmes ardentes et méthodiques, je ne décri.

rai plus tes efforts; je me contenterai de faire connaître quelques-uns des rêves de bonheur les plus élégants que tu imagineras. Continuons toutefois à embellir et à agrandir notre

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