‹ Un inventaire sous la terreurChapitre 130 sur 139 · DE CALONNE · texte numérisé non relu

DE CALONNE

Calonne (Charles-Alexandre de), né le 20 janvier 1734 à Douai, où son père était premier-président du Parlement, mort à Paris le 30 octobre 1802. Avocat général au Conseil d'Artois, procureur général au Parlement de Douai, puis maître des requêtes en 1763, il fut, par la protection du comte d'Artois et de Vergennes, appelé au poste de contrôleur général des finances en 1783. Pendant quelque temps il réussit à tromper tout le monde sur la détresse du trésor; mais, pour couvrir les dépenses sans cesse grandissantes, il n'avait point d'autre moyen que les emprunts, les anticipations, et des édits bursaux qu'il faisait enregistrer d'autorité. Un tel système ne pouvait durer. Forcé de convoquer une assemblée de notables (1787) et de lui avouer un déficit considérable, il chercha à en faire retomber la responsabilité sur l'administration de son prédécesseur. Necker lui répondit victorieusement. Dès lors tout le monde s'unit contre lui. Il fut destitué et exilé en Lorraine le 30 avril 1787. Peu de temps après, il passa en Angleterre, où il épousa la veuve d'un financier, M. d'Harvelay, qui lui apporta une immense fortune.

Pendant la Révolution, Calonne fut l'un des agents les plus actifs du parti royaliste, lit de nombreux voyages en Allemagne, en Italie et en Russie, et se ruina presque complètement. Sous le Consulat, ayant obtenu de revenir à Paris, il intrigua avec Fouché pour supplanter Talleyrand; mais il ne réussit pas à se faire bien venir du Premier Consul. Du reste, une pleurésie l'enleva peu de mois après son retour. Les papiers saisis à l'hôtel de l'abbé de Calonne et mis sous séquestre se trouvent actuellement aux Archives nationales, cote T, 260 et 261.

La rue de la Chaussée-d'Antin, où était situé cet hôtel, s'appela Mirabeau en 4794, aussitôt après la mort du grand orateur, qui y demeura; puis, en 1793, on lui donna le nom du Mont-Blanc, en mémoire du département de ce nom, réuni à la France par décret du 27 novembre 1792.

Page 1