‹ Un inventaire sous la terreurChapitre 133 sur 139 · Recueil de pièces sur le Conservatoire · texte numérisé non relu

Recueil de pièces sur le Conservatoire

maîtrises on enseignait le basson et le violoncelle, mais rien de plus. Quant à la musique chantée, Ton sait combien celle-ci dans les églises de France était éloignée de la pureté et de la grâce de la mélodie italienne ; encore n'enseignait-on le chant dans ces écoles que jusqu'à l'âge où la voix mue, parce que jusque-là les élèves enfants de chœur étaient utiles pour remplir les parties de dessus : lorsque ce terme arrivait, ils étaient remplacés par d'autres enfants et renvoyés avec une modique somme. Parmi ceux qui n'avaientpas conservé de voix,lesuns se livraient à l'étude des instruments, les autres embrassaient un état différent. Après l'âge de puberté, ceux dont la voix avait acquis les qualités nécessaires au chant se destinaient ordinairement à remplir les places de chantres-bénéûciers dans les chapitres ou de choristes dans les églises; mais ces élèves, abandonnés après une éducation aussi imparfaite, viciaient toujours leur voix, la rendaient dure et criarde, parce que leur but avait été de faire entendre les chants du culte du lutrin au porche, et que tout ce qui pouvait leur faire atteindre ce but était bon.

On a vu que les écoles de maîtrises, formant des élèves seulementpour le culte, ne s'attachaient strictement qu'à leur enseigner le chant approprié à cette destination, et que la musique instrumentale y était très peu cultivée : il en résultait un vide qui se faisait notamment remarquer dans les corps de musique attachés aux armées. La plupart des musiciens de régiments étaient Allemands, ctles orchestres mêmes de nos théâtres étaient en grande partie composés d'artistes étrangers.

Au nombre des vices de ce système d'enseignement musical, il faut placer celui de ne point admettre les femmes ; et cependant leur utilité dans les concerts et les spectacles était incontestable.

L'enseignement musical, aussi dispendieux que celui des maîtrises des cathédrales, ne fut donc d'aucune utilité, et, pour les progrès de l'art, il n'est sorti de ces maîtrises qu'un petit nombre de compositeurs, parmi lesquels peu se distinguèrent; elles n'ont produit aucun instrumentiste de mérite, et, à quelques exceptions près, les chanteurs qu'elles ont formés n'ont point dépassé la médiocrité.

Le besoin d'assurer le service de la scène lyrique et de remédier aux vices de l'enseignement des maîtrises, et la nécessité d'introduire enfin une meilleure méthode de chant, déterminèrent l'établissement d'une institution spéciale.

Voici le premier acte officiel sur l'organisation de l'École royale de chant et de déclamation :

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