‹ Un inventaire sous la terreurChapitre 18 sur 139 · PRINCE DE CONTI · texte numérisé non relu

PRINCE DE CONTI

L'hôtel de Conti dont il est question ici portait sous le premier Empire le n° 54 de la rue Saint-Dominique. Il était alors la propriété du maréchal Kellermann, duc de Valmy. Bâti par le président Duret, il fut habité dans les premières années du xvm e siècle par M" e de la Vrillière, plus tard duchesse de Mazarin. Louise-Elisabeth de Bourbon-Gondé, douairière de Conti, en fit l'acquisition, ainsi que d'une maison voisine, en 1732. (Arch. nat.,

1. Kerner (Vienne, 1788). Il a fabriqué aussi des cors d'harmonie estimés.

2. Socquet, luthier parisien (1740-1770). Main-d'œuvre plus qu'ordinaire. 11 a laissé quelques violes, des altos et des violoncelles, ces derniers d'un petit patron.

3. Salomon (J.-B. Deshayes), luthier parisien. Il a laissé des violoncelles et des violes. Son vernis est commun. Notre Conservatoire (n° 96 du Catalogue) possède une de ses violes. Les violoncelles sont ses meilleurs instruments.

R 3 5; La Tynnà, Dictionnaire des rues de Paris; Lefeuve, Les anciennes Maisons de Paris ; Notice 43, p. 25.) Son petit-fils, Louis-François-Joseph, prince de Conti, né le i ,r septembre 1734, signa, en 4789, la protestation des princes, émigra, rentra en France en 1790, fut arrêté et détenu à Marseille jusqu'en 1795. Au 18 fructidor, il fut transporté aux frontières d'Espagne, et se retira à Barcelone, où il mourut en 1814. Toutefois il n'était plus propriétaire, au moment de la Révolution, de l'hôtel de la rue Saint-Dominique, l'ayant vendu, par acte passé, le 20 janvier 1776, devant M e Lhomme, notaire à Paris, à Louis-Marie- Athanase de Loménie, comte de Brienne, maréchal des camps et armées du roi. (Arch. na/., R 3 5.) C'est donc vraisemblablement aux Loménie qu'appartenaient les instruments saisis à l'hôtel Conti. Le comte de Brienne, qui en fit l'acquisition, fut ministre de la guerre en 1787 et 1788, et mourut sur l'échafaud, le 10 mai 1794, avec son neveu Pierre-François-Marcel, archevêque de Trajanapolis et coadjuteur de Sens. VAlmanach royal de 1788 donne son adresse rue Saint-Dominique. Il existe aux Archives nationales un curieux dossier relatif à un Louis- Victor de Loménie de Brienne, âgé de dix-huit ans, se disant fils de l'ancien ministre de la guerre, arrêté à Morlaix comme ayant pris part à l'expédition deSombreuiisurQuiberon, jugé par une commission militaire et fusillé le 19 septembre 1798. (F 7 5741.)

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