Une flûte, sans nom, garnie, et estimée 400 francs
PRINCESSE LUBORMIRSKA
Ghodriewicz (Rosalie), femme du prince Alexandre Lubormibski, guillotinée h l'Age de vingt-trois ou vingt-quatre ans, laissant une petite fille de quatre ans. Nous ne savons si elle habitait Paris avant la Révolution. La plus ancienne pièce que Ton trouve dans son dossier est un passeport que lui délivre, pour aller en France, le bourgmestre et conseil de la ville de Lausanne, le 10 octobre 1792. Un autre passeport donné deux jours après par la municipalité de Jougne, district de Pontarlier (Doubs), contient le signalement de la princesse, de sa iille, de sa femme de chambre, de son valet de chambre et d'un domestique anglais, venant de Lausanne et se rendant à Paris. Un an environ après son arrivée dans cette ville, et le 19 novembre 1793, elle y était mise en état d'arrestation. Nous donnons ici l'extrait de son écrou comme pièce curieuse « Des registres du greffe de la Petite-Force. La citoyenne Àlexandrine-Rosalie Lubomirska (sic), âgée de vingt-quatre ans, native de Charnovel, en Nockraine (sic), sans état, demeurant rue et quai Chaillot, n° 33, a été amenée et enregistrée par les citoyens Bétremieux et Legrand, inspecteurs de police, comme suspecte, en vertu d'une ordon-
nance des citoyens Laurent et Mennessiers, administrateurs de police. Délivré par moi, soussigné, ce 29 brumaire Tan second de la République française une et indivisible. » (Arch. nat., T, 761.) Ce petit dossier contient en outre trois lettres d'affaires écrites de Suisse en 1793 et quelques pièces de comptabilité en langue polonaise.
Après être restée six mois dans les prisons, le 3 floréal an II (22 avril 1794), la princesse Lubormirska fut traduite devant le tribunal révolutionnaire, en même temps que Malesherbes et sa famille, d'Éprémesnil, la duchesse de Gramont, etc., sous l'accusation alors banale de conspiration. Encequi concerne laprincesse,ellerépondit« que, bien loin d'avoir conspiré, elle a fui son pays pour respirer un air libre, et qu'elle a môme été chassée de la Suisse pour cause de démocratie, et que, depuis qu'elle est en France, elle s'est plu à vivre au milieu des artistes ». Mais elle avait connu M me du Barry ; elle lui avait écrit, parlant d' « injuste persécution » ; on avait découvert dans une de ses lettres un mot d'espérance sur le sort de la Reine : c'est tout ce dont on l'accusait, et ce fut assez pour l'envoyer à la mort. Son exécution fut différée jusqu'au 12 messidor, 30 juin, parce qu'elle s'était déclarée enceinte. (W. 351, dossier 713.)