Lieu'd'éxH du P/dûü-Breuüil
3. Nicolas Gabriel de La Reynie (1625-1709) fut nommé, en 1667, à la charge de lieutenant de police, qui venait d'être séparée de celle de ieutenant civil. Cette nouvelle charge avait dans ses attributions la plupart de celles que possède aujourd’hui le préfet de police. La Reynie fut nommé conseiller d'Etat, en 1680.
4. Jean Le Camus, conseiller de la Cour des aides, maître des requêtes et lieutenant civil du Châtelet de Paris. Moréri le cite comme l'un des plus intègres et des plus habiles magistrats du siècle.
aussi conseiller d'Etat. C’est un homme qui a gagné 100.000 écus chez Le duc d'Epernon, dont il était intendant, et s'appelle Gabriel Nicolas de son nom véritable. Dieu ne parait pas bénir sa lignée, de la manière dont vous me parlez de son fils; au moins il ne le fait pas selon les désirs du père, qui voit par là tous ses grands desseins d'élever sa famille échouer. Un M. Bignon, neveu de M. de Pontchartrain, a la survivance de cette charge de lieutenant de police.
A-t-on chanté en vos quartiers le Te Deum pour la levée du siège de Montmeillan!? Si cela est, les nouvelles ne s'accordent pas, car on l’a chanté en France pour la prise de cette place dont le roi reçut la nouvelle le jour de Noël. Il est vrai que c’est bien lever le siège que de se retirer de devantune place pour entrer dedans, comme fit M. de Catinat, le 21 ou 22.
On a mis dans le Mercure galant le discours fait à l’Académie par le doyen M. Charpentier? à la réception de M. Pavillon* à l’Académie. Il y eut un grand éloge de feu M. d’Aleth.
Le mariage de M. le duc de Chartres est déclaré avec M"° de Blois, fille du roi et de M"° de Montespan. Madame a eu beaucoup de peine à y consentir, et le duc du Maine, autre bâtard, épouse une petite-nièce de feu M. Michelin [M. de Pontchäteau], M" d'Armagnac.
1. Ville de Savoie, près de Chambéry, prise par Catinat, le 21 décembre 1691.
2. Francois Charpentier, connu surtout par sa querelle sur les inscriptions des monuments publics, qu'il voulait en langue francaise.
3. Etienne Pavillon, poëte, et neveu de Nicolas Pavillon, évêque d’Aleth, fut élu, en 1691, à l'Académie française, au 31° fauteuil, occupé précédemment par Benserade.
4. Saint-Simon nous montre Madame, le jour où le mariage fut annoncé, « marchant à grands pas, son mouchoir à la main, pleurant sans contrainte, parlant haut, gesticulant ». Elle-même, dans ses Mémoires, se venge de l’humiliation de cette alliance et s’en donne à cœur joie contre sa bru, « une désagréable et méchante enfant, une déplaisante personne qui s’enivre comme un Corroyeur ».
Les nouvelles manuscrites qu'on nous envoie avec la Gazette disent qu'il y a un peintre, à la rue Saint- Jacques, qui se plaint fort du P. Bouhours, qui lui doit, à ce qu'il dit, deux louis d’or pour avoir peint par son ordre Mademoiselle en question, et avoir peint aussi un parloir de religieuses où elle demeurait. On dit dans le monde que le roi demanda, il y a quelque temps, à M. de Paris le sujet des longs entretiens qu’il avait avec M"° la duchesse de Lesdiguières, que ce prélat lui répondit qu'il était bien aise de lui en rendre compte, qu'il avait cru, en cela, rendre service à Sa Majesté, que cette duchesse avait été fort avant dans le jansénisme et qu’elle y tenait lieu comme de chef de parti, qu'il avait trouvé moyen de s’insinuer auprès d’elle et de la désabuser, et qu'il pouvait affirmer présentement Sa Majesté qu'il l'avait mise sur un assez bon pied.
Le sieur Mauroy, curé des Invalides, est enfin arrêté. M. Joly?, allant voir M. le contrôleur général pour le redemander et lui faire faire pénitence, dit à cette occasion à M. de Pontchartrain*® : « Plût à Dieu que cette affaire nous pût faire chasser de la cour! Nous reconnaissons que nous ne sommes point propres pour le grand monde. » Il aurait pu ajouter, ni pour gouverner des séminaires et donner des prêtres à l'Eglise.
Le P. Bouhours a écrit une lettre à M. le premier
président pour se justifier de la prétendue calomnie‘. Ÿ
1. Ce passage est en accord absolu avec une lettre de l’abbé Blache, citée par Sainte-Beuve : « M. l'archevêque avait averti le roi qu'il était affligé de voir qu'une si grande duchesse fût entichée de jansénisme, qu'il fallait prévenir ce mal, que, dans ces vues, il avait pris le parti de voir régulièrement cette duchesse tous les jours, afin d'écarter ce jansénisme. Je proteste qu'il me tint ce langage. Personne ne le crut, et tout le monde en rit. » (Revue rétrospective, 1834, II, 184.)