Mss. 2967-2971 (embrassant les années 1643 à
4. On peut y voir en outre le ms. 3882, dont les 189 premiers feuillets contiennent, sous le titre « Récit véritable de ce qui s'est passé de plus remarquable au Parlement en l'année 1648 », un extrait des registres du Conseil secret du 13 mai au 28 août 1648. Cf. aussi ms. 6352, fol. 85 et suiv.
5. Mss. 460-461 (du 27 juin 1650 au 7 septembre 1654). Signalons, à la même bibliothèque, le ms. 459 intitulé « Assemblées du Parlement sur les affaires d'État, dont les actes sont enregistrés au registre du Conseil de la Cour » et qui va du 11 décembre 1649 au 8 février 1651.
6. Quoique, d'après le Catalogue qu'en ont publié MM. Coyecque et Débraye en 1907, dans la Collection des catalogues de bibliothèques de Paris et des départements, il ne semble pas que la Fronde soit représentée dans la série d'extraits du Conseil secret qu'elle possède.
et la collection connue sous le nom d'un de ses anciens détenteurs, Delessert, et conservée à la bibliothèque du Tribunal de commerce de Paris'. Nul doute qu'on n'en rencontre encore ailleurs. On le voit, le dommage causé à l'histoire se trouve singulièrement atténué déjà.
Faut-il croire, au surplus, que les registres du Conseil secret, même originaux, eussent permis de rendre, dans tous ses détails, la « physionomie exacte des séances agitées du Parlement ^ » pendant la Fronde? Ce serait peut-être se faire illusion. Le cardinal de Retz qui, de crainte qu'on ne contestât l'exactitude de ses Mémoires, dit avoir consulté, pour tout ce qui se rapporte aux séances du Parlement, les registres originaux euxmêmes, observe avec vérité que a ce que l'on y trouve ne peut être tout au plus que le corps » ; « il est au moins constant », ajoute-t-il, « que Ton n'y sauroit reconnaître l'esprit des délibérations, qui s'y discerne assez souvent beaucoup davantage par un coup d'œil, par un mouvement, par un air, qui est même quelquefois presque imperceptible, que par la substance des choses, qui paroissent plus importantes et qui sont toutefois les seules dont les registres nous doivent et puissent tenir compte^ ».
Ce « coup d'œil », ce « mouvement », cet « air », où les saisir mieux que dans les Mémoires et les Journaux du temps, si nombreux, où se reflètent avec une vivacité parfois très grande les impressions diverses de notoires contemporains? Et puisque le nom de Retz a été prononcé, reconnaissons que ses Mémoires^ si passionnés, sont, de tous, les plus instructifs au point de vue envisagé ici : présent à bien des séances du Parlement, il a laissé de certaines des tableaux d'un coloris puissant et d'un réalisme achevé ; il est le seul, peut-être, qui, jusqu'ici, nous ait donné l'idée de ce que ces séances avaient de mouvementé, de désordonné, de violent ; le Parlement, tel qu'il nous le montre, n'est plus un aréopage délibérant avec sérénité et
1. Le Catalogue va en être publié dans la même collection. — D'une manière générale, cf. aussi la Bibliothèque historique du P. Lelong, t. III, p. 255-259.
2. Ce sont les termes dont se sert M. Maurice Roy dans un très intéressant travail, dont il sera question plus loin.