LE DUC DE CILVULNE
Voilà Brézé qui fait le bruit d'une tempête..., etc.
Cette fin de scène fut reportée à la fin de la scène vi, lorsque Bussy et de Chaulne reparaissent. Elle sert à rnclininer avec la scène vu, qui est également entre les seigneurs. Peut-être la scène m et la scène vu n'en faisaient-elles qu'une seule à l'origine. L'auteur la coupa en deux. Le procédé est fréquent chez lui. Par suite, la note sur le jeu de scène fut écrite en marge.
Scène IV. — Très gaie, pleine de mouvement, avec les boniments de Tagus. Premier texte :
— Vous savez. — Donnez-moi, de grâce, un coup de main. Va, commence! Une femme en ceci?...
(Var. :) — Fais! — que j'aie à manger, moi, je serai content. La fièvre, la croyance aux contes de nourrices....
Les quatre vers : « Pour extraire des cieux la rosée et la manne.... >> sont ajoutés en marge, avec cette variante : « Amourarlier d'un gueux la femme d'un baron » ; Vhyleg (?j a remplacé l'/'r?/. Var. : << Ptolémée est un drôle.... »
Tagus, ayant exploré les poches des bourgeois, revenait vers son maître :
Des sous et des linrds! Maître, c'est tout canaille!
Suite des variantes du premier texte :
— Dont le plumage étend ses couleurs....
— Les huiles de beauté? — Rose, jasmin, amande?...
Arrive le quartenior, qui arrête les charlatans :
i/homme.
Ah! — Vous pourriez, Messieurs, parler plus poliment. De quelle part?
LE QUAUTENIER.
Vrai Dieu! le pendard est charmant!
Scène V. — Ici, la grande scène entre l'Homme et maître Trévoux, lieutenant de police. Primitivement, cette scène avait pris des développements considérables; mais Hugo en a supprimé deux, que les notes de l'édition j?e varielur ont recueillis. Ces passages sont, non pas 01/^5, comme il est dit dans ces notes, mais encadrés et rayés de rouge, diagonalement, au crayon. C'est l'ordinaire procédé de l'auteur, quand il fait une coupure provisoire. Le premier de ces deux passages commençait dès le début de la scène :
Monsieur le lieutenant de police et de ville.... (Var. :) — Moi, je suis accepté par tous les beaux esprits...
— A l'état oii je suis élevt'; pas à pas?
— Casiciste, soldat, (inancier, médecin....
Le premier texte était :
— Clerc, maquignon, bretteur....
Le second passage supprimé commençait ici :
(Jue voilà des propos qui sont extravagants! (Var. :) ^4/// mais ce sont, Monsieur, des doctrines usées;
C'est vieux! Vous dites là des choses mal pesées....
— Tenez, rien quà la cour....
Tout le morceau qui suit est charmant. Il est impossible de mieux présenter et retourner ce paradoxe : réloge du voleur. J'y retrouve un peu l'esprit de Don César de Bazan. Décidément, on a dit trop de mal de cette pièce ébauchée. Elle renferme des détails délicieux.
Variantes du premier texte :
— Lieutenant de police et sonnciti's de beffroi....
Le vers : « De tout temps, sans le vol, le commerce a langui... » a passé successivement par ces trois états :
4"^ texte : Sans nous, toujours le sbire et le juge ontlangui.... 2*^ texte : Où l'on bannit le vol, le commerce a langui.... 3^ texte : Où le vol fut gêné....
— Un poète, un penseur, un homme de loisir....
— Aimable philosophe aux instincts élégants....
— Dont le travail est plein d'inventions exquises.... (Var. :) — Dont l'envie au vol bas....
(Var. :) — L'homme qu'on fait saisir, sotte et honteuse his-
[toire....
Je ne sais pourquoi l'édition ne varielur n'a pas donné le passage complet. Après le vers : « Et de discréditer son établissement ! », on lit :
M*' TRÉVOUX, se bouchant les oreilles.
Ta, ta, ta! C'est assez! Trêve! arrête! A la garde! Mais que ne t'es-tu fait avocat!
l'homme.
Dieu m'en garde!
M"-' TttÉVOUX.
Je t'ai bien écouté. .Je te fais compliment, Tu parles à ravir. — En prison !
l'homme.
Mais, vraiment, C'est sauvage, cela! Vous êtes un Vandale!... etc;
Et la scène continuait.
Un peu plus loin, je relève une correction spirituelle. Le premier texte i)ortait:
T(Ui(!z, vous, je (lirai (|ue vous étc^s cocul
— Ah! çù, drôle!...
L HOMME, baissant la voix et attirant lo lioutenant île police sur lo devant de la scène.
On pourrait vous faire de la peine... etc.
L'auteur, hésitant devant la crudité du mot cher à Molière, trouva cette plaisante rime dans le nom même de son personnage supposé :
Tenez, vous, je dirai que vous êtes....
M" THÉVOU.X.
Gorju !
Jusqu'à la fin de la scène, très peu de corrections :
— Près du château d'Anet, oh séjournait la cour, Voyager le captif?
M" TRÉVOUX, d'une voix altérée.
Pur hasard!... etc.
— (Jue vous rêviez sans doute...
... — à mon frère le roi (Var. :) Catholique.... Ca'I honune est le démon, je croi.... (Var. :) — Donc ne m'irritez pa^, et veillez sur ma vie....
Au haut de ce feuillet, un vers, mis en réserve, que nous retrouverons à la scène vu de ce même acte :
Vois-tu, dix ans d'exil valent vingt ans de vie!
Il est curieux que ce vers date de 1839. S'il avait été fait vingt ans plus tard, n'y verrait-on pas l'expression d'une douleur personnelle?
Scène Vf. — La femme voilée, qui n'est autre que la Reine, vient donc consulter l'Homme, qui lui-même est le comte Jean de Créqui :
— Je suis dans un moment d'angoisse affreuse. Écoute....
— Car vous avez nourri quelqu'un qui vous dévore.
Les six vers qui suivent laissent prévoir la discussion entre la reine et son fds, au troisième acte. Ils ont été ajoutés en marge. Premier texte :
Mazarin, votre ouvrage, à présent vous détruit. Le roi veut épouser sa nièce, et croit en lui.
Suite des variantes du premier texte :
(Var. :) — Et tous ces pieds joyeux comment sur vos ruines.... (Var. :) — Reine et inère, et lutter, et combattre, et punir....
— Et vos l'èves vous font trembler dans les ténèbres. . . .
— Oh ! réponds! qui t'a dit ces choses?...
— Sachez qu'avec le temps....
— Le peuple a toujours l'œil dans forahrc de votre
[âme....
(Var. :) — Oh! si je ne voi/aisses prunelles vivantes.... — ... J'ai foi dans ton esprit profond....
— ... Cet homme est le démon, je croi [var. : ma foi!)....
— Je cours vous dénoncer. Je consens à vous dire....
Scène VII. — Nous avons vu plus haut comment cette scène se soudait d'abord à la scène m. En conséquence, tout le début a été récrit sur un feuillet à part, jusqu'au vers : « Après qu'il a parlé, nul d'eux n'est interdit ». Variantes du premier texte :
— Quaujourdliui .Mazarin fait tout iniiiunéinent....
— Mais un affront, Mc.-isieurs, hi plus sanghmte injure... . (Var. :) — Un outrage, Messieurs....
Avant cette addition, la tirade du comte de Bussy s'ouvrait ainsi :
Certes, qiiAnijenne (Alhret) offense Egmont, que Gontaut
[raille Montmorency, que Retz fasse injure à Fontraille,
(Var. :) quElha'uf fasse affront à Saintraille, Après qu'il a parlé..., etc.
Au premier de ces vers, avant de s'arrêter à Go7îtaul, l'auteur hésita entre Brissac, Cossé, Souvré et B'iron. — Ici, des remaniements d'épithètes :
— L'œil furieux, le front de l'injure empourpré....
— Lâche à qui feraient peur....
— Ah! ce maraud (var. : coquin] mitn'....
Les quatre vers : « Voilà, sur ma parole, etc. » sont en marge, avec cette variante :
Au milieu des bourgeois, des gueux et des piélon.s....
Jean de Créqui se fait connaître. Au vers : « Blanchefort, Vaize..., etc. », Montlor a remplacé Maubec. Premier texte :
...Ruine D'un seigneur, sur laquelle a crû le duc de Luyne....
— A présent, \o\is plaît-il que nous parlions ensemble?...
Les quatre vers : « On ose m'outrager..., etc. » sont ajoutés en marge. Suit une très longue tirade du comte Jean. Variantes :
Pendant que vous criez, le fer caché s'aiguise. Un Henri Trois suffit pour jeter bas un Guise. Donc, sachez attaquer, sans provoquer le bruit....
— Le meilleur du combat se fait jmr l'embuscade....
— Et puis soyez en paid\ la lutte sera grande....
— Que si quehiu'un de vous, Messeigncurs, me demande. . ..
— Ne voit que gens fardes, baladins, histrions....
— Or, moi, Jean de Créqui, grand d'Espagne et pros-
[crit....
y *■■ texte, barré :
— Attendez itn instant. Re>itez jusi/n'à la nuit. Je cais sur le pavé faire scandale et bruit —
— Tomber un coup de foudre au front de Mazarin....
— D'ailleurs, ce secret sombre est muré dans la tombe....
— Quemesyeu.r ne Vont vue. — Eh ! bien, je ne puis vivre....
— Sans elle. — Ayez pitié des pauvres exilés....
— Mais on n'a pas voulu....
(Var. :) — Voyant cela, fai dit : Il est temps d'en finir....
— Où Dieu m"aide, et qui doit changer en un moment D'une seule secousse....