SCÈNE IX
LUCIENNE, HENRI
IiUCIENNE) slnstallant nAgligemaieBt et eoqaettameiit rar la diaise ^ est près da gaéridon, à gaacbe.
Ah! monsieuify vous feites pleurer les gendarmes.
(Henri entr^onvre la porte de gauche, il est sombre et terrible.) Certes,
je n'ai pas votre éloquence, mais Je suis femme !... Noua allons bien Voir!..
HENRI , * gaiement, après s'être tsris sur la diaise qui esta
droite du gaéridon.
Eh bien !.. eh bien f . . nia . . . chère. . . Lucienne, comment allez-vous maintenant*^.. Êtës-vous un peu remise?..
LUCIENNE, stupéfaite et le regardant.
Trop aimable, en vérité!.. Ma santé vous intéresse doncl..
HENRI
Qui intéresserait-elle, si ce n'est votre mari?..
Oh! nos maris ne sont pas toujours ceux qui nous aiment le mieux!..
Henri fait un moayement de colère qu'il réprime aussitôt. HENRI, gaiement.
^ Comment, ceux qui...
LUCIENNE
Oui, oui, il en est d'autres!..
HENRIf de même.
D'autres?.. (Moayement de Lucienne.) Ne t'agite pftS alusl, je
f en prie!..
*EMiri, Lofliaiuit»
Bci^NE NEUVIÈME 23
LUCIENNE
■ Vous avez eu comme un mouvement de colère?..
HENRI
Moi?.. Pas le moins du monde!.. Au contraire!., je venais vous parler d'une chose tout à fait amusante. ••
LUCIENNE, à part.
Encore!..
HENRI
Le hasard... vous savez que je n'ai pas de secrets pour vous... le hasard m*a fait lire, bien malgré moi, la lettre que vous écrivait monsieur de Taisy...
LUCIENNE
Eh bien?..
HENRI* ▼irement.
Ne te trouble pas, chère amie, ne te trouble pas!., je n'attache à cela aucune importance... je suis le premier à en rire...
LUCIENNE, dépitée.
J'aurais tort de me troubler, puisque vous en riezi..
HENRI, robterrant attentivement.
N'es^ce pas?.. Ainsi^ tu peux tout médire... (GaiemMt.) n te faisait la cour?..
LUCIENNE
Vous ne vous en aperceviez pas?.«
f HENRI.
Non, ma foi, non!.. Ces pauvres maris sont toujours les derniers... Et il vous aime?..
LUCIENNE, se levant.
Qu'en pensez-vous?. .
HENRI, se levant.
Moi?..
LUCIENNE
Puisque vous avez eu l'indiscrétion de lire son billet!...
-HENRI» d'un air indifférent.
Mon Dieu!., tu sais... il traînait là... sur le guéridon...
(Lucienne, fnriense de tant de calme, lève les bras an ciol.) Est-Ce qUO je
suis un de ces maris ridicules qui sont jaloux de tout.., même de l'ombre de leur femme?..
24 tJN MAfil QUI FLEtTRE
LUCIENNE
Comme M. d^Ayrolles !..
HENRI, de mAme.
Oui, comme d'AyroUes... sa femme te Ta dît, n*est-ce pas, qu'elle le trouvait ridicule?., elle a raison... (Avec mqaiétude, maiad'un ton dégagé.) C'est la première fois qu'on t'écrit?...
1 U C I E N N E ,* passant à droite.
Je ne me crois pas obligée à vous répondre.
HENRI, se contenant à grand' peine.
Ah !.. tu ne te crois pas... obligée?..
LUCIENNE, avec dé£.
Non!..
HENRI, Tiyement.
Je t'en supplie, sois calme!.. Regarde-moi, je suis calme!.. Je te demandais cela par pure curiosité... tu ne veux pas me répondre .. ne me réponds pas, chère petite!.. Qu'importe, en effet, que ce jeune homme t'écrive... si ta ne l'aimes pas?..
LUCIENNE
Et si je l'aimais?..
HENRI, Tivement. Si tu l'aim...? (Se radoucissant toat à coup.) Au HOm àVL Clel,
pas d'émotion I... (La faisant asseoir.)** Tu t'anlmes!.. le sang te monte au visage!... Eh bien! si tu Taimais... nous avi«
serions... (Cherchant à cacher son trouble.) j'irais le trOUVCr moi-
même... (A part.) J'aurais dû brûler cette lettre sans la lire... (Haut.) pour lui dire ce que je pense... lui prouver, parîtoutes sortes de bonnes raisons, combien il a tort de troubler un ménage aussi uni que le nôtre... Et maintenant, chère Lucienne, maintenant que cette explication... cette plaisanterie. . (Lucienne se lève.)*** Pas d'émotion, je t'en conjure !.. oublie mes sottes questions... j^al voulu te taquiner un peu... c'est fini... làl... c'est fini... j'ai mi rendez-vous
* Lucienne, Heori.
** Henri ^ Lucienne.
•** Lucienne, Henri,