SCÈNE DEUXIÈME
JULIETTE
Oh?..^cc n'est pas sa colère qui m*épouvante.,. non, c'est la douleur qu'il ressentirait à l'idée qu'un fat a osé me parler d'amour... Mon mari est si bon, si tendre, si sensible!.. Tiens, il y a deux mois... à propos d'un rien... un nœud de rubans que je voulais placer dans mes cheveux et qui m'allait très-mal... disait-il!., nous eûmes une petite discussion où j'avais tous les torts !.. oh! oui, tous les torts!.. Eh bien ! au bout d'une demi-heure, Gaston ne pensait plus à cette soUe querelle... moi, je boudais toujours... Il voulut m'embrasser... je refusai... Alors, il se retira dans sa chambre sans dire un mot... Honteuse de moi-même, je l'y suivis un instanj; après... et...
LUCIENNE, anxieuae.
Et?..
JULIETTE, Tivement.
Ne lui dis pas que je t'ai raconté cela, surtouH.» (Cootinnant.) Et je le trouvai pleurant... oui, ma chère, pleur&nt à chaudes larmes !..
LUCIENNE» trèfl-étonDée.
Ilpleuraitt..
JULIETTE
Comme un enfant !.. Ah! crois-moi, Lucienne, rien n'est plus triste, mais rien n'est plus doux que les larmes d'un homme !..
LUCIENNE, de môme.
D pleurait!., un capitaine de dragons !.. décoré !••
JULIETTE
Cela t'étonne ?..
LUCIENNE, de même.
Un homme qui a plus d'une fois bravé la mort!.. Car enfin, sur les champs de bataille, pour donner l'exemple à ses soldats, un capitaine doit s'élancer à leur tête au devant des balles!.. Et cet homme-là pleure dans l'ii^imité, parce que sa femme... Tu es aimée, toi!..
6 ^ÇN MA.RI QUI PLBUBB
JULIETTE
Oh ! oui, j*en suis sûre !.. Cela se sent si bien !..
LUCIENNE
Tu as raison, cela se sent. Toutes les protestations ne prouvent rien, mais des larmes, de vraies larmes !..
JULIETTE
Un sounre, heureusement, suffit pour 1rs sécher i... Mais s'il me croyait coupable!., s'il se doL^utit seulement queM. deTaisy!..
LUCIENNE
Tu es heureuse, Juliette, bien heureuse !..
Et toi donc!..
Lp GIEN NE , se levant et passant I droite*. ,
Moi, je n'inspirerai jamais à Henri de telles alarmes ! . •
JULIETTE
Pourquoi ? D me semble que M. Laroche. . • »
LUCIENNE
n a, j'en conviens, mille prévenances, mille attentions dont une autre femme serait fière. . . mais de là à avoir esprit en éveil parce qu'un homme peut, en dansant, me serrer la main d'une façon plus ou moins significative. . . non, vois-tu> mon mari n'éprouvera jamais ces terreurs secrètes dont les moindres symptômes, si faciles à saisir pour nous, prouvent à quel point Ton est aimée. .. Oh 1 ma logique est bien simple... c'est la tienne !•• Henri n'est pas jaloux... donc, il ne m'aime pas !• •
JULIETTE
Tue^foUel..
, LUCIENNE
Il ne m'aime pas, te dis-je!..
HENRI, radehori.
Thérèse!.. ^
LUCIENNE
Âhl je l'entends !••
* Lucienne, Jnliette, «
SCiNB TROTfilfeMB
JULIETTB.
Toi non plus, tu-ne Taimes pas!..
LUCIENNE
Mais si, malheureusement 1 . .