M"»* BICHON, FRUITIÈRE
L'arrivée du coupé causa quelque émotion dans les boutiques avoisinantes ; les petites blanchisseuses d'en face regardaient avidement à travers les rideaux du vitrage; une d'elles s'était •avancée sur le seuil de la porte, et là, en camisole blanche, bras nus, son fer à la main, contemplait rêveuse, et le beau cheval, et le gros cocher^ et le joli coupé, et la gentille blondinette qui était dedans. Mariette jouissait dans le quartier d'une
réelle popularité. Les blanchisseuses, dans la boutique^ causaient.
— Bonne fille tout de même...
— Pas fière et pas honteuse de sa mère.
— Il y en a bien d'autres qui, dans sa position, etc., etc., etc..
Il était deux heures de Taprès-midi... C'est le moment où les fruiteries sont languissantes, entre le coup de feu du déjeuner et le coup de feu du dîner. La mère Bichon sommeillait dans son comptoir.
— Maman, maman, s'écria Mariette par la portière.
Madame Bichon ouvrît les yeux, reconnut sa fille et se précipita hors de sa boutique. La danseuse et la fruitière s'embrassèrent à pleine bouche, à pleine Joue ; c'était décidément une bonne fille que Mariette. Les blanchisseuses avaient raison : elle ne rougissait pas de sa mère. D'ailleurs, elle ne rougissait pas de grand'chose.
Pendant cette scène de famille, le cocher sur son siège ne tourna pas la tête, parut garder son air impassible-, mais un observateur attentif aurait encore surpris la même imperceptible
petite grimace; cet homme distingué avait servi dans de grandes maisons du faubourg Saint-Germain ; il se trouvait mal à Taise dans les Batignolles ; il ne se sentait pas dans son monde.
Cependant les deux femmes s'étaient mises à bavarder par la portière.
— Ça va bien, fillette ?...
— Très bien, maman.
— Tu ne descends pas ?
— Oh! je n'ai pas le temps... Je suis trop pressée... J'ai un tas de courses à faire. Je t'apporte les deux places pour l'Opéra ce soir.
— On joue le ballet ?
— Oui.
— Et tu danses ?
— Je danse..
— Très bien alors, j'irai avec la petite bonne du troisième.
— Veux-tu que je t'envoie ma voilure ?
— Non, non, ce n'est pas la peine... Nous irons à pied ou en omnibus»., tu sais, j'ai mer habitudes.
— Ah ! que tu es donc bête, maman, avec tes hab.' tudes. Je te demande un peu si tu ne devrais
table, c'était le plus vif désir de Mariette; nuis clic se heurtait toujours à Tinflexible résistance de M"» Bichon. Ce n'était pas elle qui avait mis sa fille dans la danse; ta petiote, dès son plus jeune âge, s'était senti des frétillements et des démangeaisons dans les jambes. Elle n'avait pas encore dix ans que déjà elle disait à sa mère :
— Tu sais, maman, je ne serai pas fruitière, moi, je serai danseuse à l'Opéra, comme Élisa.
Élisa, c'était la fille d'une cardeuse de matelas, lui demeurait en face, rue des Moines. M"" Bî- <hon n'eut pas le courage de contrarier cette impérieuse vocation. Mariette, d'ailleurs, en grandissant, devenait si gentille, si gentille, que M"» Bichon, bien qu'iiflligée, dans cet épanouisscm'
— Rcgardez-moi < Ks pratiques, elle est lière. Qu'est-ce qui arri dans les Batignolles.E enfant doit mal tourne ner dans le grand moi
Seulement, tout en I b JjMW, M« Bkhar
MARIHT'rE. 75
petit négoce qui, d'ailleurs, prospérait. Jamais elle ne voulut recevoir un sou de sa fille, qui sans cesse parlaitde lui faire une petite aisance.
— Non, répondait M"" Bichon, je n'ai pa»
besoin d'argent, le commerce va bien, je fats des économies. J'ai encore acheté le mois dernier une obligation du Nord. Et puis, vois-tu, fillette, c'est peut-être là des bêtises, des préjugés,., mais enfin ça me gênerait de me sentir de ton argent dans les mains. Je n'ai jamais trouvé ça bitu» ces mères qui passent leur vie s tâcher dt se îaitt donner des choses parleurs 'Ltfs. T Ua: anoer ses enfants pour eux-mâmes et psî tojt tt pim,
Pendant que Mariette délibérait avec sa couturière, M°** Bichon s'en était allée trouver la petite bonne du troisième, une jeune Périgourdine de dix-huit ans, fraîchement débarquée de sa province. Le monsieur du troisième venait d'être nommé sous-chef de bureau et s'était de cidé à remplacer sa femme de ménage par une bonne pour tout faire. Il s'était adressé à un Pé rigourdin de ses amis ; et, d'une des petites sous préfectures de la Dordogne, on lui avait expédié une perle, une véritable perle : la probité, Tinno cence et la vertu mêmes; tout cela pour vingt cinq francs par mois. — Ursule — c'était le nom de la perle — Ursule avait, tout de suite, par sa gentillesse et par sa naïveté, gagné le cœur de la fruitière. C'était une enfant qui ne savait pas grand'chose de la vie ; elle s'en allait aux prov sions avec un panier, mais elle ne se doutait pas que l'anse de ce panier pût avoir du goût pour la danse. Ursule n'était jamais entrée dans une salle de spectacle, et la pauvrette était devenue toute pâle d'émotion, quand M™« Bichon lui avait dit : — Je vous mènerai un soir à l'Opéra voir dan- ^r maiillctte»
MARIETTE. 'jb
Car ce n'était que pour voir danser sa fillette que M^ Bichon allait à l'Opéra. Elle n'aimait pas la musique ; les cris des chanteurs et le vacarme de Torchestre l'assourdissaient. Le mélodrame, à la bonne heure, c'était son affaire. Elle ne s'amusait qu'aux spectacles où Ton pleure. Il lui fallait de l'amour, des crimes et des larmes, mais avec un dénouement heureux. L'excellente femme, sans cela, n'aurait pas pu fermer l'oeil de la nuit. Aussi, chaque fois qu'il se donnait quelque part une pièce bien noire avec un dénouement tout rose, Mariette venait chercher sa mère.
— Habille-toi vite, maman, nous allons dîner toutes les deux, en garçons, en camarades, chez le père Lathuille, et, après, nous irons ensemble au théâtre. On joue à l'Ambigu une pièce qui a l'air d'avoir été faite pour toi.
Ces petites parties fines avec sa fillette étaient les grandes joies de la fruitière de la rue des JMoines. Et puis si elle s'amusait pendant les actes, elle ne s'ennuyait pas pendant les entr'actes. Mariette avait toujours des amis dans la salle ; elle recevait des visites.
Les conversations faisaient le bonheur de
M"® Bichon, en lui découvrant, par échappées^ des petits coins du grand monde. Un jeune homme arrivait.
— Maman, c'est maman, disait Mariette qui reconnaissait toujours hautement sa mère et ne la faisait jamais passer pour sa femme de chambre.
La présentation faite, la causerie s'engageait. M™' Bichon était tout oreilles. Ça Tintéressai-t comme un roman du Petit Journal.
— Dans cette avant-scène, c'est bien M™® de Z... ?
— Oui, c'est elle.
— Nous avons la même couturière, je la rencontre quelquefois. . . Et le monsieur dans la loge, c'est son mari.
— Son mari ! non, il n'est jamais avec elle^ son mari...
— Qui est-ce ?
— C'est le petit Chose.
— Tiens, c'est vrai... je ne le reconnaissais pas ;mais alors M™® de B... doit être dans la salle ?
— M"^« de B...?
— Est-ce que M™' B... et le petit Chose... ?
— Oh ! c'est fini depuis six semaines. Le grand Machin a pris la place du petit Chose qui s'est ra.'battu sur M^^ de Z...
— Ah ! voici M°« de L... Il paraît qu'elle va plaider contre son mari.
— Oui, il paraît. Elle attendait le divorce ; mais, comme il ne vient pas, de guerre lasse, elle va se contenter de la séparation, etc., etc.
Toute la salle était ainsi passée en revue.
M"® Bichon finit peu à peu par connaître toutes les grandes élégantes mondaines et demi-mondaines de Paris ; elle apprit toutes les petites histoires et toutes les petites médisances qui couraient la bonne et la mauvaise société, lesquelles, par mille liens étroits, se tiennent et s'enchevêtrent ; à tel point qu'entre les deux sociétés une sorte de fusion est en train de se faire ; fusion de manières et de langage. Or, comme le monde où Ton ne s'est jamais tenu ne songe aucunement à corriger ses allures abandonnées, c'est lé monde où l'on se tenait qui commence à devenir, lui aussi, le monde où l'on ne se tient pas.
Ursule avait accepté avec transport l'invitation de M™^ Bichon ; mais elle avait ajouté :
— Vous savez , je ne serai libre qu'à huit heures et demie, après le dîner de mes maîtres.
— C'est tout ce qu'il faut, avait répondu M™' Bichon, il y a un opéra avant le ballet, et Topera, c'est crevant. . . Des gens qui chantent tout le temps... Il n'y a que le ballet qui ait de l'importance... Nous n'avons pas besoin d'arriver au commencement. On ne nous prendra pas nos places, elles sont numérotées.
M"** Bichon et la petite bonne montèrent, le soir, à neuf heures, le grand escalier de l'Opéra et commencèrent par une promenade dans le foyer. Ursule était éblouie, aveuglée par ce ruissellement d'or et de gaz. Cela lui rappelait le feu d'artifice que l'on avait tiré le 14 juillet, en l'honneur de la prise de la Bastille, sur le Cours de la sous-préfecture.
Après cette promenade, la fruitière et la Périgourdine gravirent les hauteurs de l'amphithéâtre des quatrièmes. Leurs places étaient au premier rang. Ursule fut imprudente. Elle voulut se rendre compte de la hauteur, regarda en bas dans le parterre, devint horriblement pâle et se cramponna de toutes ses forces à la rampe de velours rouge ;
elle avait le vertige... Cela lui rappelait la colonne Vendôme. Elle y était montée le dimanche précédent.
Le rideau se leva sur le joli paysage japonais du premier acte de Yedda. La Périgourdine battit des mains.
— Ah ! que c'est joli ! des arbres ! des rochers : une fontaine!...
— Ce n'est rien encore... attendez, vous alL'z voir Mariette.
— Elle n'est pas sur le théâtre ?
— Non, elle va venir avjc les jeunes filles du hameau, qui apportent des fleurs et des lanternes. Tenez... la voilà, la voilà!
— Où ca ?
— En bleu, avec une corbeille de roses. Etle est facile à reconnaître, c'est la mieux de toutes. Attendez... elles vont se mettre à danser. Comptez
en partant de la gauche... une... deux... trois
quatre cinq La cinquième, c'est elle. Ah!
non ! elle n'est plus la cinquième, maintenante. . il y aeuun méli-^mélo. Elleest au fond, maintenant. .. Elle redescend. Mon Dieu! comme ça tourbillonne! Je ne sais pas comment elles peuvent s'y retrouver.
So MARIETTE.
Mais je la suis, moi, je la suis très bien 1 Ah dam, avec les yeux d'une mère I Elle est à droite, maintenant... tout à fait à droite, cette blonde, voyezvous ?
— Oui, je vois... elle est gentille.
— Si elle est gentille! Je crois fichtre bien qu'elle est gentille I
M"® Bichon sMnterrompit tout à coup. Une loge de côté du premier rang, vide jusque-là, venait de se remplir. Une femme était entrée, très belle, très élégante ; derrière cette femme avait pris place, dans la loge, un grand jeune homme blond d'une trentaine d'années ; il se mit tout de suite à suivre avec sa lorgnette les évolutions du ballet. La femme, à peine assise, envoya de la tête un gentil bonjour à un petit brun qui se trouvait en face dans une avant-scène toute pleine d'habits noirs et de cravates blanches.
— C'est lui ! dit M™« Bichon.
— Qui, lui?
— Là, dans cette loge, ce grand monsieur blond qui a l'air si distingué... Voyez-vous ?
— Oui, je vois.
— Eh bien ! c'est le choix de ma fille.
MARIETTE. 8l
— Le choix de votre fille !
— Eh bien! dam, savez-vous ce qu^elle gagne ici, à rOpéra ? Quinze cents francs, dont il faut bien retirer mille francs d'amendes. Et savezvous ce qu'elle dépense ? Pas loin de cent mille francs par an, la pauvre chérie ! Ah ! c'est que, dans sa position, ayant hôtel, chevaux, voitures, on ne peut pas s'en tirer à moins, même avec de l'ordre. Eh bien I voilà le monsieur qu'elle a choisi pour payer tout ça.
— Oh ! madame Bichon ! Oh ! madame Bichon !
— Voyons... voyons, vous avez beau arriver de la campagne, vous devez bien savoir ce que c'est que de prendre quelqu'un. Il y a des situations dans lesquelles on est obligé de prendre quelqu'un. Je suis bien sûre que ça arrive aussi dans le Périgord... Mais regardez doncle coqite... comme il la regarde, ma fille I
— Le comte ?
— Oui, c'est un comte. Il ne la quitte pas des yeux... Dès qu'elle remue, la lorgnette remue... Ah ! c'est qu'il l'adore! ... Et puis, il est du monde, comme dit Mariette, tout à fait du monde. Ainsi,
tenez, maintenant il grille d'envie d'aller sur le théâtre causer avec Mariette qui vient de sortir dt scène... Eh bien! il n'y va pas... il n'y va pa? parce qu'il est du mondé et que ça ne serait pas convenable de planter sa femme, là^ toute seule dans sa loge.
— Sa femme !
— Oui, sa femme.
— U est marié I mais alors ça lui fait deux femmes ! ça lui fait deux femmes ! I
— Non, ça ne lui fait pas deux femmes tant que ça... parce que, dans le grand monde, voyezvous , ils ont des façons très commodes d'arranger les choses. Elle a fait comme ma fille, la comtesse... elle a pcis quelqu'un.
— Oh ! madame Bichon ! oh 1 madame Bichon !
— Et tenez, le voilà ce quelqu'un, il arrive, il vient relever le comte de sa faction. Pauvre homme ! il était sur des charbons. Il s'impatientait de ne pas pouvoir aller retrouver Mariette. U va partir , mais il reviendra , c'est Mariette elle-même qui le renverra, parce que Mariette, voyez-vous, c'est la délicatesse même... Elle
dit toujours au comte : — Mon amî, je vous en prie, soyez convenable avec votre femme. Mon - Irez-vous un peu dans sa loge.
Le nouveau venu était le peth brun qui avaii reçu tout à l'heure de la comtesse cet aimable bonjour. Il entra dans la loge, et ce fut d-abord un grand échange de poignées de mains. La Périgourdine sauta en Tair.
— Oh ! madame Bichon I oh ! madame Bichon! Il lui prend sa femme et il lui donne la main !
— C'est comme ça dans le grand monde.
— Je ne le trouve pas beau, moi, ce monsieurlà. Elle est bête, cette femme... Son mari est bien mieux.
— Je crois bien qu'il est mieux!... (Test-à- dire que Mariette n'en voudrait pas, deTautre... Elle a dîné, la semaine dernière, avec lui au café Anglais, avec lui et avec un tas de personnes... pas seule, avec lui!... Et le lendemain, elle me disait: « Oh! maman, si tu savais comme il est inconvenant, et vulgaire, et grossier dans ses propos I » Il paraît, d'ailleurr», que c'est sa spécialité, son succès danr les salons. Ça les suffoque, les femmes du monde
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mais ça les amuse.. .Là.. .quand je VOUS le disais,., le comte s'en va... et le petit brun prend sa place derrière la comtesse... Elle va rire, vous allez voir. Il va lui conter des gaudrioles... Le comte est maintenant près de Mariette, dans les coulisses. . . Voilà les choses dans l'ordre.
— Dans l'ordre ! Oh ! madame Bichon I oh I madame Bichon I
— Eh bien ! oui, qu'est-ce que vous voulez ?
Vous êtes là à pousser des oh I oh ! des ah I ah ! Vous vous écriez tout le temps : « Oli ! madame Bichon I oh I madame Bichon ! » Vous avez <:ort. Il faut prendre la société comme elle est, elle est partout la même, voyez-vous, la société!... C'est comme ça dans le faubourg Saint-Germain , comme ça dans la Ghaussée-d'Antin, comme ça dans le quartier Saint-Denis, et comme ça aussi rue des Moines, chez nous, aux Batignolles. Tenez, dans notre maison, la couturière du second, une maîtresse femme, intelligente et active, qui a monté un atelier, qui a cinq ou six ouvrières et qui gagne de l'argent. Elle est mariée, bien mariée. G'est tout ce qu'il y a de mieux, son mari, emplojf^ dans une grande maison de banque, appliqué
laborieux, n'allant jamais au café, rapportant tout ce qu'il gagne à sa femme et Taimant encore de tout son cœur, malgré plus de douze ans de mariage, passant toutes ses soirées à donner des leçons de lecture et d'écriture à ses petits enfants, et pas mal du tout de sa personne... Un bel homme. .. oui ... un bel homme, avec une figure honnête et tranquille... Sa femme, vous croyez peutêtre qu'elle lui est reconnaissante de tout ça... Allons donc I... Faut voir comme elle se gêne pour être amoureuse d'une espèce d'individu qui passe sa vie à la Reine-Blanche et à la Boule- Noire...
— La Reine -Blanche? La Boule-Noire?
— Vous ne savez pas ce que c'est... Ça fait votre éloge, ma petite... Cest des bals de notre quartier, sur le boulevard extérieur... Eh bien! cet individu, je vous ai dit tout à l'heure qu'elle en était amoureuse... Ce n'est pas assez dire... Elle en estfolh !... Elle en psrd le sommeil et la santé... Et si vous le Connaissiez!... Un petit bout d*homme qui ne va pas aux épaules du mari, avec une figuvt vicieuse et un teint ravagé. S'il l'aimait encore!... mais pas du tout,.. 111?
bat... et il ces matins, maison, mi ;hant avori — OhliT
— Oui, 1 malgré to Bichon! je un peu la gord, on y
— Mon dine. Ainsi, de venir à homme... t il y a deux en fils, et \ bien! ce ï tant qu'elle préfet. Et i préfet !
Elles cor Ursule et A de Yedda :
montèrent
le long du chemin, la truitière, avec sa vieille expérience, avec sa connaissance du çrand monde et du cceur humain, acheva d'expliquer à ia Pèrigourdine ce que c'était que la haute société parisienne.
Etplusieursfoisdespassants étonnés s'arrêtèrent et se retournèrent, en entendant la petite bonnepousser ce cri, toujours le même :
— Oh I madame Bichon! ohl madame Bichon 1
LES rROn SÉRIES
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