JENNY, VICTORIN, CHOUPINEAU, M"- CHOUPINEAU, OCTAVIE, LE BARON
JENNY. Quel bruit!...
LE BAUO.x. Que signifie?...
VICTORIN. Vous ici, cousin!... où alliezvous donc?.. (^Apercevant M"'^ Chuupineuu.) Eh ! mais, ma chère, mon excellente cousine, que je vous embrasse!...
M""" CHOUPINEAU , après qu'il Va embrassée., à part., regardant Octaçie d'un air de triomphe. Ah ! ell' voit !
VICTORIN, à M""^ Choupineau. Ah ça!...
cet air tout agité, tout ému... que s'est-il donc passé?
CHOUPINEAU, ai>ec bonhomie. Rien!
rien !... c'est nos femmes qui causiont...
SI""" CHOUPINEAU , comprenant les signes de son mari. Via tout!...
OCTAVIE , s' avançant. Eh ! mon Dieu !... il n'est pas besoin de cette affectation de générosité.... je suis chez moi peut-être.... j'ai le droit d'y choisir la société c{ui me convient; et dans une maison où vient toute la noblesse du Berry, que penseraiton , si on y rencontrait. . .
VICTORIN, passant vivement près d'elle.
j\ 'achevez pas.
JENNY , serrant les mçiins de Choupineau. Ciel ! mon parrain!...
OCTAVIE. Comment, monsieur...
VICTORIN , avec dignité. Madame, je vous présente ma famille...
OCTWlE, avec hauteur. Qui ne sera jamais la mienne...
VICTORIN. Y songez-vous?...
JENNY. Octavie !
LE BARON. Ma nièce! — ma nièce!....
[Bas.) Ca se pense... mais ça ne se dit pas..
CHOUPINEAU. Adieu, cousin...
VICTORIN. Restez...
M'"' CHOUPINEAU. .T' sommes pas gens à v'nir dans un ménage semer la zézanie.
VICTORIN. Restez, vous dis-je.
OCTAVIE. Nous les retenez... Ali! j'aurais cru, monsieur, (pi'en in'épousant , vous auriez pris les idées d'un homme comme il faut.
VICTORIN. Vous voulez dire d'un ingrat.
OCTWii;. Monsieur !...
VICTORIN. Vous ne savez donc pas que vous avez devant vous mes bienfaiteurs , la crème des honnêtes gens, des cœurs d'or. Ils ne loii( pas de belles phrases , eux ; ils agissent. Si mon frère et moi sommes aujourd'hui quelque chose, c'est à eux , c 'est à leurs soins que nous le de-
vons ; et Jeannette, qui l'a élevée ? qui lui a sauvé sa fortune? etjusqu'à cette maison où vous êtes...
JE^^Y. Bien sûr !... et les en chasser....
OCTAVIE. Qu'à cela ne tienne!... J'en puis sortir... j'ai un château, celui de ma famille, {appuyan!) à moil.... et là, du moins...
VICTORIX. Partout, madame, où ce sera chez moi , et fût-ce dans un palais , ils seront les bien-venus, les bien-reçus ! je serai fier et honoré d'eux.
CHOUPilVEAU. Merci, cousin... ce mot-là t'acquitte.... Adieu.
VICTORIA. Non, vous ne sortirez pas...
je ne dois pas le souffrir.
OCTAVIE. Voilà donc cette complaisance que vous me juriez... ce dévouement à mes désirs, même aux dépens des vôtres?
VICTORIX. Et pouvais-je m'attendre...
(D'un ton amical et gracieux.) Ali ! tenez , de grâce , Octavie, ma femme, écoutez... Caprices , fantaisies , tout contre moi, moi seul... tourmentez-moi bien.... Je vous passe tout... mais...
OCTAVIE. Mais plutôt que de céder, je me retire chez moi ; je ni'y enferme... jusqu'à demain... jusqu'à votre départ. .
VICTORIX. Vous qui venez de vous donner à moi !
OCTAVIE Oh ! si c'était à refaire !..
VICTORIX. Vous regretteriez?..
OCTAVIE. Je n'ai pas de compte à vous rendre de mes sentimens... Laissez-moi, monsieur , je suis la plus malheureuse des femmes !... IVlon oncle , soutenez-moi , je vais me trouver mal.
JEXXY , à part. Je l'aurais gagé!...
LE BARON, <i part.) sans bouger. C'est toute sa tante.
M"'= CIIOUPIXEAU , courant ci Octaoic , qui se jette dans un fnuteuH. Pauvre chère dame I .. Eh! vite donc, du vinaigre, queut' chose !...
JEXNY, tirant un flacon de son tablier. Son flacon...
CHOCPIXEAU, le lui arrachant. Donne I
( Il le porte à sa femme, i)ui le remet au b.irou. Ils sont lo'js groupe's autour d'Uclavie pendant l'à-parté de Victorin.)
VICTORIX, à part, sur l'ai^ant-scrne, (i gauche. IVlalheureuse !. .. il serait vrai... et par moi ! Non, non : unsoldatn'a que son serment... et puisqu'il le ftiut... {Il oa vers II porte, s'arrête cl dit en regardant Octaoie et la chambre à coucher alternativement.^ C'est dommage'... {Comme un homme qui prend son parti. ) Allons , allons!
ceosœoooaQCcoeeocsacoooaooaQcooooQoaoccoc»
SCEINE XVI.
Les Mêmes, hors VICTORIN.
OCTAVIE , repoussant le flacon que lui fait respirer le baron. Assez!... assez !
cnoupiXEAU. V'ià qu'eir revient... allons, Victorin... Eh! ben, où est-il donc?
M""^ CIIOUPIXEAU. Il est allé quérir du secours.
CIIOUPIXEAU. Femme , profitons de ça pour lever le pied.
JEXXY , courant à eux. Vous en aller !
CHOCPIXEAU etW" CIIOUPIXE\U. Chut!
( Tous dcus l'embrassent. )
LEBXROX, à Octavie. Octavie, voyons...
un petit effort sur toi-même .. Sois bonne enfant. . quelques mots de politesse.
OCTAVIE. Plus tard... on verra... c'est possible... îMais le premier jour, fléchir... ce serait fini pour la vie.
CIIOUPIXEAU ET M""" CHOUPÏXE AU , à
Jenny. Viens nous voir chez nous ..Adieu !
LE BAROX , allant à eux. Mon cher monsieur, ma respectable dame, croyez que je suis désolé... que je ne partage pas... Ma nièce seule... l'éducation anglaise...
CIIOUPIXEAU. Ne vous dérangez pas , monsieur le baron.
LE BAROX. Si vous voulcz mavoiture...
M"'" CIIOUPIXEAU. Grand merci!... j'ons not' carriole.