‹ Un mariage sous l'empire :Chapitre 8 sur 38 · HENRI , JENNY , VICTORIN · texte numérisé non relu

HENRI , JENNY , VICTORIN

MCTORIN, le .suivant des yen c. Qu'est-ce qu'il a donc l'ancien ?... a-t-il l'air voltigeur de Louis XIV ! {Descendant la seine , il Henri et Jenny.) Ah <;a ! mon jemic monsieur, etvous, ma belle enfant, nous allons toujours faire connaissance.

HENRI. Monsieur, je serai très-flatté...

VICTORIN, il part. Des phrases... c'est uu pékin.

JEN\Y, passant au milieu. Faire connaissance ! c'est-à-dire que j'ai été enlièrement oubliée, moi, Jcamietlc...

LE MAGASIN THEATRAL

VICTOUIX. Jeannette?... Hein?... comment ?

JENNY. Eh! oui, dans le tenis... chez M. Choupineau...

viCTORiiv. Chez le cousin... pas possible... sa filleule... ce petit lutin pour qui j'allais dénicher des pinsons , cueillir des noisettes...

JE\NY. C'est moi I

viCTORiîV. Toi... et tu ne m'as pas sauté au cou... viens donc...

JE.\.\Y. Ah I de tout mon cœur.

( Il l'embrasse.)

HENRI, à pari. Comme il appuyé! il ose celui-là... est-il heureux!

VICTORIN, passant au milieu. Ah ça! dismoi donc... ce jeune homme... je devine., un amoureux...

HENRI. J'ai cet honneur.

JENiVY. M. Henri Dalville , auditeur.

VICT0RI\, h part. Un pékin... j'en étais sûr.

JENNY. Et mon parrain... est-ce que vous ne l'amenez pas ?

viCTORllV. Comment, vous! des vous avec moi! {A Henri.) Dites donc, vous permettez qu'elle me tutoyé, pas vi-ai ?

HENRI. Monsieur , je n'ai pas encore le droit...

VICTORIX, à Jcnny , lui tendant la main. Alors, c'est moi qui te le permets.

JENNY, tapant dedans à la paysanne. Eh bien! ça va... mon parrain, où l'as-tu laissé?

VICTORIN. Le cousin Choupineau... retourné près de sa femme... ( // s'assied à droite et Jenny s'approrfic de lui.) Dam! voilà six semaines que mon mariage lui fait négliger ses artaircs, et il n'en manque pas ; outre son propre avoir, qui n'est pas mince, n'est-ce pas lui qui fait valoir, qui arrondit notre patrimoine ? témoin cette ferme du baron , qu'il m'a achetée... et pour mon frère donc...

JENNY. A propos , ton frère, comment va-t-il?.. depuis le tems , te ressemble-til toujours?

VICTORIN. Emile !.. ça n'a fait que croître et embellir... on nous prendrait l'un pour l'autre sans les moustaches... Je lui dis quelquefois : Tu es trop joli garçon pour le civil... c'est du bien jKM-du!... (A Henri.) Pardon , mon clier ami , je ne dis pas ça pour vous.

HENRI. Monsieur...

JENNY, à par/. Le fait est qu'il a raison... il n'y a rien connue le militaire.

VICTORIN, se Iroant. * Ah ça! mais ,

* Henri , Victorin , Jcnny.

ma future.... vous ne m'en parlez pas

Voyons... est-elle un peu passable?..

JENNY. Oh !.. quant à ça... la plus jolie figure...

VICTORIN. Ah diable! tant mieux.

HENRI. Et l'éducation la plus brillante. VICTORIN. Ah diable! tant pis... enfin, n'importe... on s'y conformera. Mais quelle satanée idée a eue là l'empereur, d'aller me marier au pied levé , quand j'y songeais le moins? c'est un démon, ma parole d'honneur; il pense à tout! Au surplus, sur le premier avis que m'en a envoyé mon frère , moi, j'ai écrit tout ce qu'ion a voulu. .. parce que, du moment que ça arrangeait l'empereur... la discipline !... et puis... dès que c'était un moyen de faire rendre la fortune à une brave et honnête famille , qui était peut-être un peu fière autrefois , mais qui a fait du bien dans le pays, qui donnait du travail aux pauvres., je me rappelle avoir entendu conter ça.... et ce n'est pas moi qui aurais voulu mettre obstacle...

JENNY. Toujours ton bon cœur !

VICTORIN. Allons donc... le beau mérite... Qu'est-ce que je risque, moi, un honune, un militaire?., ce n'est pas comme ma future, qui , par dévouement pour son oncle... à la bonne heure, voilà un sacrifice!., parce qu'une femme... oh!... j'y ai réfléchi... en courant la poste... et aussi , je me suis juré. . .

LE DOMESTIQUE , rentrant, à Victorin.

Quand monsieur voudra...

VICTORIN. Ah! oui, ma toilette... ça presse. H faut bien se montrer à son avantage... que diable!., c'est bien le moins... surtout quand on ne doit rester qu'un jour.

HENRI et JENNY. Un jour !

VICTORIN. Mon Dieu oui!... detnain de grand matin , en route ! Il n'y a pas à dire mon cœur !... je n'ai un congé que de trois semaines.

JENNY. n fallait réclamer.

VICTORIN. C'est ce que j'ai fait... aui-.rès de Duroc...

JENNY. Qui t'a répondu?..

VICTORIN. En me riant au nez: » Bah!

bahî... tu t'amollirais dans les délices de Capoue. » Au reste, a-t-il ajouté :

Atn de Tu renne.

Tâche d'obtenir div.inlage De l'empereur (jui t'accueille toujours.

J.'%NNY.

l'"t tu n'as pas suivi cet avis sage?

VICTOKIN.

Celle bêtise !... au ménoc instant j'y cours.

JENNY

Eh bien! comment a-t-il pris ton di-:cnurs;

viCToraN.

Je ne sais trop... car, dès que je rc clame El de l'hymen veux deTendre les droits , Ce diable d'homme !.. il me donne la croix !.. Ça m'a fait oublier ma femme.

Ainsi affaire bâclée ! » (^u domestique.) k\lons, en avant .'... Au revoir, Jeannette I

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