‹ Un ménage en villeChapitre 20 sur 55 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

CHENEVIÈRE

Viaimenl?

JULIETTE

Oui... (Avec insistance ) Comme cela^ tu n'as pas trouvé ce que tu voulais?

CHENEVIÈRE

Non.

JULIETTE, de même.

Ah! dame, le travail ne s'accommode pas de certaines préoccupations; on perd de ses moyens quand... on n'a pas l'esprit et le cœur libres.

CHENEVIÈRE *

Oh! voyons; est-ce que tu vas recommencer?

JULIETTE, innocemment.

Quoi donc?... je ne sais pas ce que lu veux dire. (Furetant cà et là.) Tu as déjà reçu beaucoup de monde ce malin ?

CHENEVIÈRE

A quoi vois-tu cela ?

JULIETTE

A la trace des pas imprimés en boue sur les fleurs de mon tapis. (Elle place son pied dans l'une des empreintes.) CHENEVIÈRE.

Que fais- tu donc?

JULIETTE

Je constate le dégât... Tu as reçu une femme!

CHENEVIÈRE

J'ai reçu un maître maçon de Batignolles.

JULIETTE

Il a le pied petit, ton maître maçon.

" Julielle, Chenevière.

CHENEVIÈRE, regardant la marque que kii montre Julielte. Ah! oui, j'oubliais... c'est la petite baronne de Picoiseaii qui... elle n'a pas fait entrer sa voiture dans la cour, et, comme il pN uvait...

C'était un petit pied pour un maître maçon, mais!...

CHENEVIÈRE, riant.

Ah! par exemple! elle a un pied charmant.

JULIETTE , vivement.

Comment le sais-tu? tu l'as donc regardé?

CHENEVIÈRE

Parbleu! c'est la première chose que je fais quand une femme vient me consulter.

JULIETTE

Vraiment?

CHENEVIÈRE

Cela m'est indispensable... Tu comprends? une femme qui a un grand pied ne peut pas avoir raison, cl, comme je ne plaide que les bonnes causes...

JULIETTE

MoquG-toi de moi, mon ami.

CHENEVIÈRE

Aimes-tu mieux que je me lâche ?

JULIETTE

Pourquoi le fâcherais-tu, si lu n'es pas coupable?

CHENEVIÈRE, se levant.

Tiens, ma chère enfant, nous sommes entre nous, je puis donc te parler franchement...

JULIETTE, vivement.

Eh bien ?

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