‹ Un ménage en villeChapitre 24 sur 55 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Ohl... oh!... pas d'esprit!... je suis un homme mort si vous ne vous amendez pas.

CHENEVIÈRE

Comment? mais pardon, mon oncle, depuis huit jours que vous nous espionnez comme vous dites, qu'avez-vous découvert?

VAUBERNIER, désolé.

Mais rien du tout.

CHENEVIÈRE, riant.

Eh bien, alors?

VAUBERNIER

Alors, quoi? Qu'est-ce que ça prouve? Que vous êtes plus fins que moi, tout simplement... car il est bien certain que vous êtes deux maris... en rupturede ban... D'abord, Juliette mel'a prouvé!

CHENEVIÈRE

Oh ! Juliette!... Enfin, vous ne nous avez pas pris en défaut?

VAUBERNIER

Jamais, malheureusement, c'est-à-dire... oui, je dis bien... Ah! une fois cependant... il y a de cela six à sept jours... j'ai bien cru que j'allais faire une découverte importante... Marcel était sorti à six heures du matin, à cheval, comme à son habitude... et je le suivais en voiture fermée... (j'ai pris une voiture au mois, une voiture couleur de muraille). — Arrivé dans l'avenue de l'Impératrice, tout à coup Marcel s'arrête... il réfléchit un instant, puis repart dans une autre direction, mon coupé s'attache à lui, et nous arrivons à Auteuil.

CHENEVIÈRE, s'oubllant.

Bah!

VAUBERNIER

Quoi donc !

CHENEVIÈRE, se remettant.

Rien.

VAUBERNIER

Si fait, vous avez dit : Bah! d'un ton... il y a quelque chose! (S'animani.) Ce bah-là est toute une révélation, le premier fil peutêtre de quelque drame horrible... avec ce bah-là... on ferait incarcérer vingt personnes... avec ce bah-là, on prouverait... Mais arrêtez-moi donc!... vous voyez bien que je tourne au juge d'instruction.

CHENEVIÈRE

Enfin, enfin... vous devez bien savoir s'il y a quelque chose, puisque vous avez suivi Marcel.

VAUBERNIER

Je Tai suivi, certainement que je l'ai suivi... Mais à quoi ça m'at-il servi? puisqu'après avoir parcouru tout Auteuil pendant deux heures, il est revenu tout simplement à Paris

CHENEVIÈRE, à part.

J'en étais sûr.,, il n'a pas eu le courage de remettre la donation.

VAUBERNIER

Une donation... vous avez parlé de donation. (Le saisissant au collet.) Suivez- moi à la préfec... ,

CHENEVIÈRE, riant.

Mon oncle.

VAUBERNIER, accablé.

Allons! bon... je me croyais gendarme... mais enfin... voyons, que parliez-vous de...

Je pensais à mon plaidoyer.

VAUBERNIER

Il est écrit que je ne saurai rien. Je n'aurai rien à dire à Juliette... et elle croira encore que je la trahis... et que je suis votre complice. (Prenant ClK'ne\ièrc dans ses bras.) Voyons... mon

ami... soyez gentil, faites des aveux.

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