‹ Un ménage en villeChapitre 42 sur 55 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JULIETTE, balbutiant un peu.

Ahurissement tout naturel, et... provenant de la honte qu'il (levait éprouver en se voyant ainsi, tout à coup, sur la sellette en présence de...

Mais tais-toi donc, tu ne penses pas un mot de tout ce que tu me dis là.

JULIETTE, de plus en plus embarrassée.

Tu es terrible, vraiment... mais quand je te répète...

CAMILLE

Je te répète, moi, que tout ce que tu me dis là et rien, c'est absolument la même chose. Je sais trop bien à quoi m'en tenir, et tant qu'on ne me donnera pas d'autres preuves...

JULIETTE

Eh bien, voyons, si l'innocence de Marcel n'est pas entièrement prouvée^ sa culpabilité n'est pas complètement prouvée non plus! attends donc encore pour te désespérer.

CAMILLE

Oui, tu as raison... Oh ! je ne demanderais pas mieux que de croire en lui... mais, que veux-tu? le doute est entré là, et il sera bien difticile de l'en arracher, va... d'autant plus difficile que c'est comme une fatalité qui pousse à chaque instant Marcel à déchirer lui-même le voile qu'il devrait tenter d'épaissir... (Ecoutant.) Le voilà... tu vas voir. (Elles se lèvent.)

JULIETTE, avec effroi.

Camille!...

CAMILLE

Tiens, tu te trahis toi-même, tu ne craindrais rien pour lui, si tu ne le savais pas coupable.

JULIETTE

Mais ce n'est pas cela,., tu ne me comprends pas...

CAMILLE, froidement.

Tais-toi... tu vas voir, te dis-je...

JULIETTE, a part.

Ah t mon Dieu ! mon Dieu !

Page 1