‹ Un ménage parisien, drame en deux actesChapitre 19 sur 38 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LES MÊMES, DERVILLY *.

DERVILLY.

Ahl c'est vous, Cécile... bonjour, {allant à elle et la baisant au front.) bonjour, mon enfant, (saluant mademoiselle Préval.) Mademoiselle I...

MADEMOISELLE PRÉVAL, lui rendant son salut. Monsieur!... {à part.) Je le trouve toujours très bien I

DERVILLY, à Cécile.

Comment va votre tante ce matin ?

MADEMOISELLE PRÉVAL

J'allais vous le demander. Vous ne l'avez pas encore vue ? *

DERVILLY.

Pas encore... j'ai dormi tard.

MADEMOISELLE PRÉVAL, à part.

Il a dormi, lui!

DERVILLY.

Et puis des papiers à mettre en ordre, des lettres à écrire...

MADEMOISELLE PRÉVAL, à part.

Des lettres !... avant de voir sa femme !... après une longue absence!... Ahl par exemple, voilà un trait...

DERVILLY.

Il paraît, madame...

MADEMOISELLE PRÉVAL-

Mademoiselle.

DERVILLY.

Que vous êtes, vous et ma femme, à peu près inséparables ?

Inséparables!... Ah! monsieur, c'est tout ce • Mademoiselle Préval, Dervilly, CécWe.

que je désire I J'ose espérer que votre retour ne changera rien à des relations qui me sont devenues si chères I

DERVILLY.

Mademoiselle!...

MADEMOISELLE PRÉVAL

Vous restez à Paris?

DERVILLY.

Je ne sais.

MADEMOISELLE PRÉVAL

Eh quoi ! vous quitteriez encore madame ?

DERVILLY.

La quitter! et pourquoi ?

MADEMOISELLE PRÉVAL

Vous l'emmèneriez en Belgique ?

DERVILLY.

Non, mademoiselle, ce n'est pas mon dessein.

A la bonne heure ; car, voyez-vous, mon cher monsieur, je crois qu'il vous faudrait m'emmener avec elle.

DERVILLY.

Comment donc, mademoiselle... Veuillez croire... {à part.) Par exemple!

MADEMOISELLE PRÉVAL

Je ne la quitte plus d'abord ; cette chère Clémentine m'a inspiré une affection... Madame Dervilly est pour moi plus qu'une amie ! Il est si rare de trouver dans la même personne tant de bonté unie à tant d'esprit... tant de douceur... tant de... Mais je vous dis là des choses que vous savez mieux que moi ; vous la connaissiez, puisque vous l'avez choisie, et chaque jour vous devez vous féliciter d'avoir une femme comme elle I

DERVILLY, sèchement.

Oui, mademoiselle, je m'en félicite.

MADEMOISELLE PRÉVAL, à part.

Comme il dit cela! 11 n'a guère d'enthousiasme.

DERVILLY, s' approchant de Cécile et lui prenant la main.

Et ma nièce, ma charmante Cécile, qu'en dites-vous ?

MADEMOISELLE PRÉVAL

Cécile, monsieur, est élevée par sa tante... je ne puis rien dire de mieux pour son éloge. Cécile est une excellente fille, et sera une excellente femme... (appuyant.) comme sa tante.

DERVILLY, à part, avec impatience.

Ah! elle le ferait exprès... MADEMOISELLE PRÉVAL, bas à Cécîle qui lui fait des signes.

Oui, oui, fiez-vous à moi. {haut.) Oui, mon enfant, ce n'est pas parce que vous êtes là, mais je le répète, je suis sûre qu'une fois mariée, et j'espère que ce sera bientôt... A ce sujet, monsieur.

je crois pouvoir, à titre d'amie de la famille... me permettre... (à demi-voix.) Vous savez où en sont les choses?. . nous la marions. DERVILLY, à part.

Pas encore.

MADEMOISELLE PRÉVAL

Il se présente un jeune homme...

DERVILLY, à part.

Oui veut une dotde centmille francs .. et pour le moment...

MADEMOISELLE PRÉVAL, qui échange toujours

des signes avec Cécile.

Un jeune homme charmant.

DERVILLY.

C'est possible... je ne le connais pas.

MADEMOISELLE PRÉVAL

Pardonnez...

DERVILLY.

Non, vous dis-je.

MADEMOISELLE PRÉVAL

Je vous assure que vous êtes dans l'erreur... {voyant entrer Jules.) et tenez, la preuve...

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