‹ Un message de paix [microforme]Chapitre 46 sur 46 · IL À CHARGÉ M. CHICOYNE DE NOUS LE DIRE · texte numérisé non relu

IL À CHARGÉ M. CHICOYNE DE NOUS LE DIRE

Le onze décembre 1595, dans un discours en réponse à celui de M.

Marchand, M. Chicoyne, député de Wolfe se faisait le porte parole des ministres et avant de proposer l’amendement mensonger qu’ils lui avaient mis dans les mains disait entr'autres choses :

Non, M. l’Orateur, notre malheur n'est pas précisément d’avoir recouru aux emprunts pour pousser le pays dans la voie du progrès. L'origine déplorable de nos difficultés financières, n’est pas d’avoir adopté cette politique hardie, mais bien d'avoir méconnu l'absolue nécessité de nous créer des revenus additionnels au fur et à mesure que nos dépenses augmentaient. La cause de nos embarras doit être principalement attribuée à cette éco'e néfaste qui, depuis trop longtemps, s’est donné pour triste mission d'enseigner au peuple qu’on pouvait tout exiger du gouvernement, qu'on pouvait constamment faire le vide dans le Trésor sans s’imposer le moindre sacrifice pour le remplir.

On sait ce qu’il advint de la première tentative faite en cette province, depuis l'établissement du régime fédéral, pour créer un nouvel impôt.

C'était en 1878, sous l’administra tion de Boucherville. Le règne des

déficits commençait à poindre et l’in térêt sur 1 dette en était rendu à

nous coûter annuellement $599, 237.48.

Le gouvernement, soucieux de no tre crédit et de notre avenir financier, comprit qu'il fallait recourir à de plus amples sources de revenu et, obéissant aux lois du devoir, il présenta devant la Chambre, le 20 fé.

vrier 1878, des résolutions créant une faible taxe sous forme de timbres à imposer sur certains documents.

On se rappelle le concert d’imprécations qui fut soulevé d’un bout du ays à l’autre par les adeptes de l’école dont je viens de parler. Le ministère fut violomment dénoncé dans la presse et sur les tréteaux.

Malgré ces clameurs et ces pern.

cieux appels aux préjugés populaires, le cabinet tint ferme et ses résolu tions furent adoptées, le er mars, après un acrimonieux débat au cours duquel l'opposition se fit l'écho des dénonciations passionnées dont l'opinion publique-était saisie.

Le lieutenant-gouverneur de l'époque crut le moment favorable pour rendre service à son parti et, dès le lendemain 2 mars, il renvoyait son cabinet et le pays était bientôt plongé dans une agitation électorale, dont

favori.

Les ex-ministres furent voués à la vindicte des électeurs, désignés comme des ennemis du bien public pour avoir

les nouvelles taxes firent le thème

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tant, était impérieusement commandé par l'intérêt du pays.

C'est à cette période sombre de notre histoire politique que /e charlatanisine wnmventu cette épithète de “ faxeua ” qui semble garder droit de cité dans le vocabutairs à la moe chez nos adversaires.

Tel fut le véritable point de départ de nos égarements financiers, tel fut l'origine de cette fausse situation dans laquelle notre budget fut fat:lement engagé.

eu l'audace de faire un acte qui, pour | | |

‘L'administration Chapleau, qui lui succéda, ne crut pas devoir ralentir le mouvement progressif, mais ellé eut du moins le courage et la patriotique prévoyance de recourir à la taxation.

Constatant toute l'étendue du danger, voyant que le montant payé pour nos intérêts seuls atteignait déjà le

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chiffre de $836.958.40 et que le déficit allait toujours croissant, elle fit voter, le 23 mai 1882, l'impôt sur les corporations commerciales.

Cette fois encore, l’école néfaste fit entendre ses claneurs et, les légistes se mettant de la partie, la nouvelle loi fiscale fut attaquée devant les tribunaux comme étant contraire à la constitution. On plaida, on replaida, on passa passa par la filière de toutes les cours et ce ne fut qu'en 1887 que le Conseil Privée de Sa Majesté, siégeant à Londres, décida que la loi était constitutionnelle.

Aux Etats Unis on est imbu de la saine doctrine à l'endroit de l'impôt.

On le considère comme un bienfait pablic, du moment qu’il est destiné à procurer le bien général C'est l’héresi contraire qu'on s’est évertué à prêcher dans notre province.

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