SCÈNE m. i
ces sous lesquels gémissaient tant d'êtres créés pour le bonheur, sont enlevés !
Oh! amour insondable d'un Dieu dont les moindres pensées sont pour nous des abîmes t Nous ne mènerons plus deuil sur les fautes de nos frères, nous ne souffrirons plus de leurs souffrances. Gloire au Dieu des miséricordes infinies !
MOÏSE à Blie.
Voilà donc l'unique et divin holocauste dont ceux de la Loi n'étaient que l'ombre. Le Fils de Dieu se dévoue tout entier à la mort pour accomplir la volonté de son Père et sauver ses frères.
ELIE
Nous aussi, à l'heure où Dieu nous établissait prophètes en Israël, nous lui faisions l'oblation de notre vie que menaçaieut sans cesse les ~ Jézabel, les Manassé. Mais que notre sacrifice était incomplet! que de luttes daas notre cœur entre le péché et l'obéissance ! que de temps de lassitude et de découragement! que d'infidélités qui troublaient la paix de notre conscience! Que notre œuvre d'ailleurs était restreinte et qu'elle semblait stérile ! Israël luimême ne nous écoutait pas, et les nations païennes ignoraient jusqu'à notre existence.
MOÏSE
Le sang d'Abel criait à Dieu : « Vengeance! *», et ce n'était que celui d'un homme que faisait périr son semblable. Le sang de Jésus (oh ! mystère!) crie à Dieu : Misé-
' Héb. X1I,24
ricorde, grâce, pardon 1 et c'est celui du Verbe créateur, immolé par la créature I La terre, en buvant le sang d*Abel, a d'borreur retiré sa force fécondante, ^ produit des ronces et des épines, enfanté la peste, frappé les peuples de mille fléaux. En buvant le sang du Fils de Dieu (oh ! mystère )), la terre purifiée s apprête à redevenir un Héden.