‹ Un mystère de la passion, et la théorie de la rédemptionChapitre 130 sur 158 · SCÈNE iir · texte numérisé non relu

SCÈNE iir

SYRUS à Eljada.

Plus j'y réfléchis, plus je me oonraîncs que ce Jésus est notre vrai Âdonaï, et qu'à la bonne noureile du pardon qu'il apporte aux consciences angoisgées, le sang des victimes humaines, qui, du Liban aux colonnes d*Hercule, demande en vain grâce à des dieux impitoyables, cessera enfin d'inonder les autels.

EUADA.

Que l'Eternel te bénisse pour cette bonne parole 1

PÉNESTB à part.

S't7 prend avec lui dans le paradis le brigand, il ne repoussera pas le pauvre Péneste f Lui aussi a soif de pardon et de paix.

xÉNOPHANE à Slrabofl qui est comme perdu daus ses pensées.

Fais donc part à ton ami des pensées qui t'absorbent.

STRABON

Je ne puis résister à l'évidence : ce Prophète est un être surhumain, et sa mort est la cause de ces ténèbres.

XÉNOPHANE

Mon cher Strabon, nos annales sont pleines de prodiges tout pareils, et le premier axiome de la science, c'est qu'il n'y a point de miracle.

STRABON

'Et si, comme le croient ces Juifs, il existe un Dieu vivant, tout puissant, souverainement libre? Si notre philosophie n'était qu'un impie mensonge?

XÉNOPHANE

Tu recouvreras la raison aux frontières de la Judée t

STRABON

Ou je l'y perdrai.

âd8 QUATRIÈME JOURNÉE.

MARIE revenait à elle.

0 mon Fils! ô mon Seigneur! tes souffrances ont cessé et je renais à la vie. L'épée qui me transperçait le cœur m'est ôtée f Je puis te suivre du regard, sans pleurer, dans ce monde où nos r^ards ne peuvent atteindre. — Elle s'arrête et lève les yeux vers le cîd, tous se pressent autour d'elle et Técmiteiit saisis d'étonnemeDt et de respect. — La foi de ses puissantes ailes me transporte dans ces sphères invisibles et je t*y vois. Tu entres dans le paradis suivi * de la grande œuvre que tu viens d'accomplir. Tu goûtes les joies ineffables en vue desquelles tu as souffert la croix et méprisé l'ignominie. Tandis que ici bas nous célébrons le jour du grand sabbat, tu te reposes de tes fatigues de la terre au milieu de tes témoins des siècles passés qui t'entourent comme d'une lumineuse nuée *.

Des horizons nouveaux s'ouvrent aux yeux de mon âme! Jéhovah dit à mon Seigneur : < Assieds-toi à ma droite jusqu'à ce que j'aie mis sous tes pieds tous tes adversaires. 3>

Sacrificateur éternel, tu intercèdes auprès de ton Père pour tes disciples, pour le monde entier ^.

Mais quel spectacle s'offre à mon esprit? Sur la terre, après une longue nuit, aux premières lueurs de je ne sais quelle aurore, natt comme une pure rosée, en un mystérieux silence, toute une armée de saints et joyeux guerriers qui t'attendent pour le grand combat. Tu parais, tu détruis le dernier, le plus redoutable de tes ennemis 3. Tu montes sur le trône de David, ton aïeul; tu règnes sur la maison de Jacob et il n'y a point de fin à ton règne ^. Et

» Apoc. XIV, 13.

» Ps. ex.

8 Ps ex

* Hébr. XII, 1 sqq.

^ Luc I, 22 sqq.

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