‹ Un mystère de la passion, et la théorie de la rédemptionChapitre 42 sur 158 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MNÉSITHÉB BT SÉRAPION

J'adresse à votre Dieu la même prière.

GUSTASP.

Ma perplexité est extrême. Cet Hébreu en nous appelant à marcher à la lumière est un nouveau Zoroastre. Son courage en présence de la mort est d'un héros; son regard si sérieux et si sévère, d*un homme saint et pur ; l'autorité de sa parole est d'un prophète, sa confiance en lui-même, d'un vainqueur d'Ahriman. Mais où sont ses armées ? où son trône et son sceptre? Cette doctrine de la mort à soi-même n'estroUe pas d'un fanatique? et quel besoin avons^nous d'une victime expiatoire?... La voix du ciel poubelle dissiper tous mes doutes?... Ce Jésus, il faut Taimer ou le haïr jusqu'à la mort. Il fera verser plus de sang que tous les conquérants ensemble... Malheur, trois fois malheur à mon pays, si Zoroastre et Jésus le scindaient en deux camps !

MIGAEL.

Le Fils de Dieu sort du temple pour ne plus y rentrer *. Cette journée clôt son ministère auprès de son peuple rebelle et son règne de trois jours à Jérusalem.

KÉDESCHIEL.

Comment à la sainteté de tous ses discours ces Juifs aveugles n'ont-ils pas reconnu en lui l'hôte céleste, l'Envoyé du Dieu des miséricordes infinies?

•. UN DES ANGES

Avec queUe sagesse il a déjoué d'un mot les ruses des Pharisiens et confondu l'ignorance des Sadducéens !

' Jean XII, 36.

TSÉDÉKIBL.

Qu'il était bien Tinterpréte de la justice divine, quand il annonçait aux vignerons homicides une fin misérable, aux conviés rebelles l'incendie de leurs villes, à la race de vipère le feu de la géhenne!

HÂNÂNÉEL.

Au milieu des sombres décrets de son infinie justice resplendissait sa grâce infinie quand il appelait les nations à cultiver sa vigne, à s'asseoir au banquet de ses noces.

TSÉDSKIEL.

Quand il accablait de ses reproches les Scribes et les i^barisiens hypocrites en leur disant huit fois : Malheur, j'ai cru voir la foudre de Dieu terrasser huit fois ces misérables.

HANANÉBL.

Quelle bonté de Dieu de faire entendre sa voix à ces Hellènes qui sont les prémices des nations idolâtres! Quels souvenirs n'emporteront-ils pas dans leur patrie de cet instant où l'Eternel est intervenu dans leur entretien avec son Fils ? — Mais voyez-le assis au milieu de ses disciples sur le mont des Oliviers ! Le soleil couchant l'éclairé de ses derniers rayons. L'entendez-vous leur prédire la ruine prochaine de Jérusalem^ Puis il les transporte subitement à la fin des temps des gentils. Il vient sur les nuées du ciel, entouré de nos joyeuses légions, qui rassembleront ses élus de toutes les contrées de la terre*.

UN ANGE

Oh ! pourquoi Dieu ne nous envoie-t-il pas chercher > Matth. XXIV. - Luc XXI, 24.

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aujourd'hui même à tous les carrefours ceux qu'il appelle à son festin?

UN AUTRE ANGE

Pourquoi ne nous est-il pas permis de nous précipiter sur la terre pour crier à tous les fils d'Adam : « Cet homme est le vrai Dieu » ?

MICAEL.

Aux exhortations, aux menaces, aux promesses succèdent sur ses lèvres de nouvelles paraboles.

UN ANGE

Les malheureuses vierges folles qui n'ont pas d'huile dans leurs lampes! Que ne suis-je un mortel pour attendre l'Epoux qui n'arrivera qu'à minuit*?

UN AUTRE ANGE

Que ne suis-je un fils d'Adam pour faire valoir cinq talents et recevoir ma récompense^!

UN TROISIÈME

Oh ! la surprise et la joie de ces pauvres brebis qui ne savent pour quelles bonnes œuvres elles ont part à l'héritaste des cieux^î

MICAEL après nne panse.

Le Seigneur est assis à table avec Lazare, Marthe, Marie et les douze. Sérieux et serein , maître de lui-même et de l'univers, doux et humble de cœur, il ne trahit son amour pour eux et ses secrètes angoisses que par la profondeur des regards que, silencieux, il arrête tour à tour sur chacun d'eux. Comment est-il possible que l'un d'eux soit un démon?

» Matth. XXV, i sqq. — « Ibid 14 sqq.- » Ibid. 31 sqq.

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