LES JUGES
Nous sommes tous de cet avis.
GAÏPHE.
Puisque il en est ainsi, rendons-nous chez Pilate, qui ne peut refuser Tautorisation de faire mourir celui que le vénérable Sanhédrin a légalement condamné. Un gouverneur romain n'a pas le droit de réviser notre sentence et d'en apprécier la valeur. Nous aurons peut-être à défendre ce faible débris de notre antique indépendance. Que si nous étions contraints de justifier notre décision, gardonsnous avec soin d'alléguer ses prétentions à la divinité. On pourrait n'y voir qu'une innocente folie, ou peut-être inspireraient-elles une superstitieuse terreur. Nous devons appeler l'attention de Pilate sur les délits politiques du Nazaréen.
NICODÈME
Mais ce serait mentir à Dieu, à nous-mêmes et aux hommes !
GAÏPHE.
Nicodème, je ne vous reconnais plus. Jamais vous ne
VOUS étiez permis un tel langage. Vous épuiserez ainsi promptement notre patience. Est-ce mentir que de faire savoir à Pilate comment des milliers de Gaiiléens ont un jour proclamé roi ce faux Messie ?
NICODÈMB.
Il s'est dérobé à leur ovation et a scandalisé à dessein par ses discours les foules...
GAÏPHE.
N'a-t-il pas, il y a cinq jours, manifesté assez clairement son intention de faire de Jérusalem sa capitale à Taide des myriades de pèlerins qui lui sont dévoués? Mais c*est perdre un temps précieux que d'entrer en discussion avec vous, Nicodème. Je suis convaincu quQ tous vos collègues sont d'accord avec moi sur la ligne de conduite à suivre avec le gouverneur romain.