SCÈNE II
que te serait plus favorable que le Sanhédrin, et qu'il tenait ta vie entre ses mains ?
l'officier.
Ce mutisme et ce refus de faire le moindre miracle ont dissipé le respect que de loin nous portions à cet homme. Nous ne lui avons pas caché notre mépris, et mon Maître TOUS le renvoie vêtu du manteau des candidats à la royauté. Je l'ai d'ailleurs ramené par des rues détournées pour ne pas le livrer à la foule croissante de ses ennemis. Le Sanhédrin et la foule assiègent encore le palais d'Hérode.
piLATE à Sévère.
Fais savoir aux membres du Sanhédrin et au peuple que je les appelle ici *. — A l'officier. Dites-le à votre Maître : je suis heureux que cette circonstance imprévue rétablisse entre lui et moi les relations de bonne entente qui ont été trop longtemps interrompues.^ II est évident qu'il porte sur cet homme le même jugement que moi : nous avons à faire à un rêveur inofTensif. Je le relâcherai^ mais après ravoir fait fouetter. II faut cette légère satisfaction à l'aveugle haine de ce peuple.
HERMÂNN à Sévère.
J'ai vu des malheureux mourir sous ces coups de verge. La flagellation romaine est une vraie torture.
Le SaDhédrin et la foole arrivent et se pressent à la porte du prétoire.
PILATE sur son siège jndicial. ^ Vous m* avez présenté cet homme comme soulevant
' Luc XXni, 43.
• Ibid. 42.
• Matth. XXVII, 49.
248 QUATRIÂME JOURNÉE,
le peuple par sesdiscours et par ses prétentions à la royauté. L'en ayant fait répondre devant vous, je n'ai trouvé en lui aucun des crimes dont vous l'accusez, Hérode en a jugé de même. Quand donc je l'aurai fait fouetter, je le relâcherai selon votre coutume^.
GAÏPHB.
Notre coutume est en effet que dans cette grande fête de Pâque, qui est celle de notre délivrance du joug des Pharaons, on délivre un prisonnier. Mais notre droit est de le choisir.
LA FOULE
Caïphe a raison. Il faut faire comme on a toujours fait.'^
PILATE
Voulez-vous donc que je vous relâche Jésus ^ le roi des Juifs, celui que vous appelez le Christ ?^
ELDAD, JESÇER.
Oui, oui.
JAHIR, JOKSAN.
Non, non, non.
ELDAD.
Oui, Jésus est l'Oint du Seigneur.
DES GALiLÉENS épafs dans la foule.
Oui, oui.