SCÈNE XV
ZÉPHYRINE
Comment voulez-vous que je vqus croie ? vous me voyez... * ,
cagnolet , à part.
C'est-à-dire que je n’y vois goutte...
zéphyrinb. '
Vous me voyez aujourd'hui pour la première fois.
CAGNOLET.
Erreur, Zéphyrine... je vous avais déjà vue plusieurs fois... dans mes rêves... Il y a longtemps que je vous ai révée... (A part.) Enfoncé Paublas ! (Haut.) Et puis, tenez, parlons franchement
ZÉ PII Y ni. NE.
Comment cela? * é
CAC.N01.ET.
Je sais tout Le père I^eblanc vous aime !
ZÉPHYRINE
Quand cela serait.. M. Leblanc ne peut manquer de faire un bon mari. C’est lu crème des hommes... % * ,
CAGNOLET, appuyant.
Il est assez laid pour ça 1 Mais ce n’est pas tout... Ce vieillard cauteleux trame contre vous des projets criminels ; il a résolu de vous enlever...
ZÉPHYRINE
M’enlever,! moi !.. \ 3
CAGNOLÉT.
Ni pins, ni moins.
zÉphyrinf.* feignant la terreur.
H se pourrait !.. On voudrait me perdre... Que vais-je devenir? Faible femme!., sans défense! Oh ! ie vous en conjuré, M. Polydore, ne m’abandonnez pas...
(Elle se penche sur Cagnolet qui fléchit sous le poids.)
CAGN0LET, cherchant à reprendre l'équilibre.
Vous abandonner ! C'est-à-dire que je vous aime seize fois davantage, depuis que je vous sais persécutée. Il n'y a qu'un moyen d'empécher le père Leblanc de vous enlever... c’est de vous laisser enlever par moi... v Ce sera de la mdlopathie tonte pure.
(Zéphyrine, qui paraissait évanouie, se relève brusquement et le repousse avec vigueur.)
An> du Barbier.
Ah ! daignez consentir A mon ardent désir.
Digne objet de ma flamme ;
Jeveux vous obtenir,
• En vous laissant ravir.
Vous ravirez mon a me.
D’un tendre amant •
Le délire charmant Ne peut être une offense.
Mon dévoûment Doit près de voua, vraiment,
Trouver sa récompense !
CACKOURT. rtPBYlUNP.
Ah 1 daignez consentir Je saurai consentir A mon ardent désir, A cet ardent désir.
Digne objet de ma flammeîQul près de mol l’enflamme Je veux vous obtenir. S’il n’Thut, pour en finir,
En vous laissant ravir, Que me laisser ravir.
Vous ravirez mon Jme. Je ravirai son âme.
<>11 fi »[>y» trois coup* lui cvrcMii *k I» frnitre. j a
ZÉPHYRINE
Qu'est-fce cela?
CAGNOLET,.
11 me semble que j'ai ouï quelque chose.? 4 (On frappe trois nouveaux coups.) ZÉPHYRINE.
Ah ! mon Dieu ! où fuir ? où pie cacher ? Ah ! là , dans ce cabinet. *
QAGNOLET. '
Ne craignez rien... je suis là pour vous protéger.
(Zéphyrine entredans le cabinet à gauche.)
ÏSCÈNE XV.
cagnolet; fricard.
CAGNOLET, effrayé.
Est-ce que la maison ne serait pas sûre ?
(11 ouvre là fenêtre. Fricard en sautant le renverse.
Lui-méme tombe.)
CAGNOLET.
Ah!..
FRICARD, bas.
Un homme!.. Il y a un homme ici... Oh! je sens des,torrens de jalousie m'inonder l'estomac !..
CAGNOLET, ù part.
Ça ne peut être qu’un voleur... Je lui vendrai cher mon existence... c’est-à-dire , non, je ferai miéux de la racheter ; c'est plus simple...
FRICARD.
Que faites- vous ici, sans lumière!., ça n’est pas clair !. : .
CAGNOLET, lui offrant sa montre et sa bourse.
Tenez... voilà tout ce que j'ai sur moi...
FniCARD.
Qu’est-ce à dire ?
CAGNOLET.
Une montre en argent et quinze francs dix sous... je regrette de n'avojr pas davantage, parole d'honneur !
fricard. ‘
Ah ! vous voulez acheter mon silence !.. Ah \ vous croyez me fermer la bouche avec votre or!.. Vous n’y réussirez pas... Je vais dire à M. Leblanc que j’ai trouvé un inconnu caché dans l’obscurité. (Fausse sorlip.)
. CAGNOLET, courant après lui.
De quoi, un inconnu? Moi, l’olydore Cagnolet, de Falaise I M
FRICARD, à part.
Cagnolet.. le rival eu question... (Haut et le preuant au collet.) Ah! vous êtes Cagnolet ; merci du renseignement..
CAGNOLET, sc débattant.
i Veux-tu finir... laclic, lâche !..
FRICARD. „
C’est donc vous oui venez nour enlever nos femmes ! Cagnolet tic malheur !
CAGNOLET.
Monsieur !
FRICARD, a part.
Il n'a pas l’air féroce... je vais le nial-mcner.. (Haut.) 11 n'y a pics de Monsieur (pii tienne... Je connais vos intentions... clça ne sc passera pas comme ça!..