‹ Un notaire à marier comédievaudeville en trois actesChapitre 25 sur 45 · SCÈNE HT · texte numérisé non relu

SCÈNE HT

LUCIEN, puis DESRUEL.

Lucien.

AtsS'- ““ notairel 1,1 " moau -« *«*»

DESRUEL, entrant par la premiers porte, à gauche, une lettre a la main.

(A port.) J’ai trouvé une excellente excuse... je lui dis que j’ai la poitrine délicate... on me défend le mariage et on me re* commande le lait d'Anesse. (Haut, en voyant Lucien.) Tiens I... Lucien ici !..

Lucien, f apercevant.’*

Ab! enfin I je vous trouve I (Tenant à lui.) Je vous cbercbo depuis deux heures.

DESRUEL.

Qu’y a-t-il?

lccien, tres-iwemenl.

lin événement épouvantable... que tout le monde ignore encore... heureusement!

des ru cl, inquiet.

Parle, parle donc!

LUCIEN

M. Buzonville a trouvé pour son fils, qui est à l’école do Sau* mur, un parti superbe I

Eh bien ! qu’est-ce que ça me fait?

LUCIEN

Il lui a écrit de venir tout do suite, tout de suite I

DESRUEL.

Ahl ça, qu’osl-ce que tu me chantes?

LUCIEN

Vous ne comprenez pas que .pour doter son fils, il exige son remboursement immédiatement.

DESRUEL.

tience I e calmerai, je lui ferai prendre pa-

LUCIEN

U est trop lard!., il a envoyé du papier timbré...

DESRUEL.

Comment!

LUCIEN

Le voici! (Il lui remet un papier timbré et remonte.)

DESRUEL, le prenant et lisant.

Sommation d’avoir à payer dans les vingt-quatre heures f... Mais cesl impossible! (Il passe à droite.)

Lucien, le pressant.

Continuez...

desruel, parcourant U papier.

Sinon, je serai dépossédé do mon élude... Vingt-quatre heures !

LUCIEN

Eh bien?., que m’ordonnez-vous?

DESRUEL.

Rien I*. plus tard... rentre à l’étude...

LUCIEN

Oui, patron... oui, patron... (Il sort par le fond.)

SCÈXtfZ xv.

cîiampicnol , remontant et appelant.

Fi-fillo !...

madeleine , en dehors.

Voilà, papa I...

CHAMPIGNOL , criant.

Vite, un couvert de plus I... ton futur nous fait l'honneur de dîner avec nous I

madeleine , en dehors.

Oui. papa I (Champignol sort un moment par la première porte à droite.)

desruel, seuJ.

Fi-fille !... Le lendemain de la noce , j’envoie ft-fille en demipension avec sa bonne et un petit panier sous le bras. (Champignol rentre par la première porte a droite avec Madeleine. — Ils apportent une table toute servie pour trois personnes : il y a une soupière sur cette table, qu'ils placent au milieu du théâtre.)

CHAMPIGNOL

Voilà la table I...

un domestique, en grande livrée, entrant par U fond.

Une lettre pour monsieur de Champignol I (/I donne la lettre à Champignol et s'éloigne par le fond.)

CHAMPIGNOL, outrant la lettre.

Une commande, sans doule... (\e trouvant pas ses lunettes.) Je n’ai pas mes yeux... voyez, mon gendre... (Il donne la lettre a Desruel.)

canucue , entrant par la deuxième sorte à gauche, avec sa malle

sur tipaule, à part.

Son gendro I (Il s'arrête au fond et écoute.)

desruel, lisant.

• Monsieur et madame de Lussang... »

CHAMPIGNOL, à SU fille.

Mes pratiques du faubourg Poissonnière.

DESRUEL, à part.

Mes clients ! (Lisant.) « Prient monsieur et mademoiselle de Champignol de leur faire l’honneur de venir passer la soirée chez eux le jeudi 16 février. »

champignol , stupéfait.

Pas possible I

MADELEINE, aoec joie.

C’est demain 1

canucue , à part.

De Lussang !... faut que je m’en Tasse inviter. (// gagne tout doucement la porte du fond et sort.)

CHAMPIGNOL

Nous vous emmènerons, mon gendre, je vons présenterai.

DESRUEL, à part.

Comment donc I (A part.) Ça va être gentil I

CHAMPIGNOL

Madeleine I... tu mettras les diamants... et tu me savonneras mon gilet !.— A table 1... (Il met une chaise pour sa fille et une pour fui.)

desruel, à part.

J’ai bien de la peine à croire que maître Desruel épouse jamais celte femme-là I

CHAMPIGNOL

Allons, mon gendre, à table ! (Il sc met à table, au milieu, face au public, et Madeleine au bout à droite.)

DKSRUEL seul , puis CHAMPIGNOL , puis MADELEINE . puis un Domestique, puis CANUCUE.

desruel, seul.

Mo déposséder 1 me chasser 1... un pareil scandale !... Jo suis perdu ! déshonoré aux yeux de mes confrères! Que faire?... il n y a qu’un moyen... (Déchirant sa lettre.) Je renonce au lait d'ànessc ?

champignol, entrant par la deuxième porte à droite.

Ah! vous voilà, mon gendro!... Ah! ça, vous dînez avec nous ?...

dp.sruel , embarrassé.

Comment donc !...

champignol, lui frappant avec force dans la main.

A la bouno heure !... Tres-bien I...

desruel, à part.

Ça y est ! me voilà dans les cuir» I

ENSEMBLE

AO : Ami», ta table eil mite. (Roi d« — J. NaantOT.)

CHAMPIGNOL

A lion» . m*>u Rendre , à Ubbi ] Pu il? Uçon» chni non* !

Et lài Kn d être ilMl Ut Unae un futur épjui.

MADP.LEINR , à part.

La triülfMe m'accable I Ab ! Cauuche, mire nom , EUH plu* agréable En m' faiaaut le* joui doua.

DESRUEL , A part.

Allons , b relie table, IJt-Iaa f tue Ton». noua I Tldtoau d'dtre •«rA*l>ie Et faiaon* Ica j eu a doua t

( Pendant cet ensemble, Desruel va chercher une c/tuisr a gauche, et te dispose, avec quelque répugnance, à sc mettre a tabla' en J ace de MadeLine. — Le rideau baisse.)

Fia du deuxième acte.

Page 1