‹ Un notaire à marier comédievaudeville en trois actesChapitre 33 sur 45 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

THÊODULE, BUZONVILLE, puis DESRUEL.

buzonville, à part .

C'est une éducation à faire !

TIIÉODULR.

Eh b on! êtes vous content?

BUZONVILLB.

(7ui, joliment!... tricote! mou.ne I... Tiens! voilà encore que tu remets les mains dans les poches... (-1 lui-méme.) Je serai obligé de les lui faire attacher!

THÊODULE.

Voyons... no vous fâchez pas !

BUZONVILLE.

Théodulo... sais-tu pourquoi je t’a» écrit de venir à Paris incontinent.

THÊODULE.

Dardard l

BUZONVILLE.

Dardard! lo t'ai écrit incontinent I Je vous prie de ne pas mo prêter vos néologismes!

THÊODULE.

C’est bien!... jo ne parlerai plus !...

BUZONVILLE.

Encore tes mains!

thêodule, à part, ôtant les mains de scs poches.

Il est agaçant!

BUZONVILLB.

Je L’ai donc fait venir à Paris pour te marier!

THEODULE.

Oh ! sapristi ! encore !

BUZONVILLE.

Comment ! encore?

THÊODULE.

C’est vrai... voilà deux ans de suite que vous me faites voyager pour me présenter des futures... et ça rate toujours) BUZONVILLE.

On ne dit pas rate , on dit manque... mais cette fois, si lu veux m’écouter, suivre mes conseils, j’ai tout hou de croire que

ça no ratera pas.

Oh!

thêodule, riant.

buzonville, sc reprenant vivement.

Que ça ne mauquera pas! (A part.) Jo lui prends scs mois j

préMnif

THÊODULE.

Ah ça! vous tenozdonc beaucoup à rao marier?

Si j’y liens!

THÊODULE.

Bon ! allez! c'est votre locado !

buzonville.

Tocadol...

THÊODULE.

Pourvu quo' la petite soit...

BUZONVILLE.

C’est une créature céleste!

THÊODULE.

Jolie?

BUZONVILLE.

Elle sort do peusiou...

THÊODULE.

Ce n’est pas une raison !

BUZONVILLE.

Et uno fortune... imprévue... c’est toute une histoire... l’igoretoi...

THÊODULE.

Pardon... est-elle un peu... étoffée ?

Comment?...

TIIÉODULR.

Moi, d’abord, jo n'aime pas les femmes maigres, ce n'est pas mon genro !

buzonville, en colère.

Parblou ! il faudra te los faire peser !

thêodule.

Dame!

buzonville, awc indignation.

Soudard I.

desbuel, en dehors.

M. PontBichet est arrivé... très bien, m°rci... (Il entre par la porte du fond, à droite , qui se ferme derrière lui.)

thêodule, allant à Desruel.

Eh ! c’est Desruel ! Bonjour, Desruel !

desruel, lut donnant la main.

Thêodule! à Paris! (Apercevant Buzonville.) Oh! (Saluant froidement.) Monsieur...

THEODULE, à part, les regardant.

Qu’est-co qu’ils ont donc? (Haut, à Desruel.) Figurez-vous, mon cher, que papa est en train do m'enrégimenter dans l’esca Jr«n jonquille des maris.

desruel. à Buzonville et d'un ton de raillerie.

Ah ! mon compliment, monsieur...

buzonville, sèchement.

Merci, monsieur !

thêodule, à Buzonville.

Dites donc... il fera mon contrat!

buzonville, avec une intention très- marquée.

Non... j’ai fait choix d'un autro notaire... qui a toute ma confiance.

DESRUEL, saltumt.

Trop aimable, mousieur I...

THÊODULE.

Ab çal décidément, vous avez quelque chose.

DESRUEL.

Oh 1 presque rien ! nous nous envoyons du papier timbré. thêodule, à son père.

Comment?

buzonville, l'éloignant de la main et le faisant passer à sa droite.

Jo défendî mes droits... jo défends mes droits. (Il remonte.)

desruel, aiYe une politesse ironique.

Pardon, monsieur Buzonville, j’on ai encore une feuîllo qui traîne sur mon bureau... ça coûte sept sous I trop heureux do pouvoir vous les épargner !

buzonville, redescendant et avec colère.

Monsieur !

thêodule, bas à son per».

Papa, jo crois qu'il vous blaguo!

buzonville, arcc colère.

On ne dit pas blague , on dit raille !... Allons, passez devant... j • vais vous présenter à votre prétendue. ( A Desruel.) Je uo vous salue pas, monsieur!

desruel, avec la plus grande courtoisie.

Ni moi, monsieur!

bizonvili.e, à son fils.

Mais, ôte donc les mains de les poches! (Buzonville et T Module sortent jtar la porte du fond a guuihe, qui se referme. — Les piomenades cessent au fond.)

t'X NOTAIRE A MARIER.

sciwx mi.

dssruel, seul.

J© m© moque bien de lui! j'ai une femme maintenant... Je voua prie de croire que ce n’est pas la petite Champignol... Von !... non ! j'ai dîné avec cette famille, ça me suffit... et quel dlnerl tout à l’oseille !... Le papa m’a avoué qu'il avait une vieille provision de cette légume qui commençait à rancir... bien obligé!... tout ça ne mal'ait pas beaucoup... et, ma foi, j'ai clandestinement gagné L porte... Un éclair venait de m’illuminer... j’avais pensé à Pont-Bichet qui le matin même m'avait offert sa fille... je cours chez lui, je fais ma demande, on m’accepte et... c’est noué I J’ai immédiatement écrit à Champignol do ne plus compter sur moi!... que je me remettais au lad d’âneaae... Pauvre Lucilel .. elle ne saura jamais combien je l’ai aiméo! (Changeant de ton.) Mais bahl oublions celai ce n’est plus un cœur qui palpite là... c’est uno éludo à payer... O Lucile I Lucile I

SCÈNT rx.

DESRUïïL, LUCILE, puis PONT-BICHET, puis DE LÜSSANG. lucile, qui passait au fond, venant de la gauche.

Mon nom l ( Elle entre par la porte du fond au milieu.)

desruel.

Vous , mademoiselle...

LUCILE

Oh l pardon... je vous dérange? ( Fausse sortie.)

DESHUF.L.

Non... restez ! restez mademoiselle ! jo suis si heureux quand je vous vois ! (Il remonte un peu.)

LUCILE, a part.

Comme il me regarde I... mon tuteur vient encore do me parler d’un prétendu... bien sûr, c'est lui 1 desruel. redescendant.

Mademoiselle... vous allez sans doute me trouver bien indiscret, bien fou... mais j'aurais uno grâco à vous demander...

LUCILE

Quoi donc I

desruel.

Unc fleur... do ce bouquet.

LUCILE

Monsieur I

Ne me refusez pas ! jo b garderai toujours... et quoiqu'il arrive, elle ne me quittera jamais... jo vous le jure I lucile, à part.

Oh I bien sûr I c’est lui ! {Elle détache une (leur du bouquet qu'elle porte.)

DFsnuF.L, aoec transport.

Que vous Mes bonne ! moment ou Lucile t'a lui donner la fleur. Pont-Bichet parait à la porte du fond-milieu.)

FUM-niCilET. au fond, à Desrue I.

Eh bien T qn’esl-ce que vous faitcs-là, mon gendro!.. (Il descend en scene.)

LUCILE , très surprise.

Son gendro f Ah !...

dlsuuel, à part, f éloignant de Lucile.

L'animal I...

lucile, très -émue.

Monsieur... va so marier.

PONT-BICHET-

Avec Àrthémiso.

desruel, bas à Pont-Bichet , en passant au milieu.

Mais taisez-vous donc I

PONT-BICnET.

Avec Arthémiso ! il lui a envoyé un bouquet charmant !

lucile, brisant acte dépit la (leur qu'elle destinait à Desruel.

C'cnI très-bien ! très-bien I... et je vous fais mon compliment sincère, bien siucére !

des r.U CL, cftm ton suppliant.

Ah I mademoiselle I

LUCILE

Adieu, monsieur, (Prête à pleurer.) jo vais danser. (Elle sort par le fond à droite. — La pinte reste ouverte.)'

desruel, à part.

Pauvre enfant 1... elle a pleuré 1 et c’est cet animal !...

PONT-BICHET, à Desruel.

Ah ça ! mon cher, vous négligez ma fille...

DE-snuEL , brutalement.

Qu’est-c© que ça vous fait?... puisque je l’épouse. (A part.) Oh I jo n’y tiens plus ! je vais la rejoindre I (Il sort vivement par le fond à droite.)

PONT-BICHET, MUl.

Charmant garçon!... un peu brusque!... je vais lo rejoindre! (Il remonte vers la droite et se rencontre avec de Lussang qui entre par la porte de côté, à droite.)

de lussang, à Pont-Bichet.

Comprenez-vous, mon pâté qui n’arrive pasl

PONT-BICHET.

Charm o soirée ! charmante soirée !

(Il sort par le fond, à droite. — • La porte se ferme.)

sczive x.

DB LUSSANG, puis CANUCtlE ET MADAME ET * M ADEMOISELLE DE VERTMOELLON.

DE LCSSANG, Seul.

Ce domestiquo de louage qui no revient pas, c'est très-grave I. (Il s'assied sur la banquette de gauche. — Canuehe entre par te fond-milieu , en donnant le bras a madame et mademoiselle de Verlmoéti'in. Il est en habit noir, pantalon noir, cravate bt anche ; il porte les bouquets et les éventails de ces daines.)

CANUCHE, faisant le gracieux .“

Oui, chère dame!., oui, chère dame I

MADAME DF. VER! MOFXLON, à Canuchs.

Mille remerciements, monsieur, do votre gracieuse obligeance I

CANUCI1E.

Gracicuso vous-même, madame I..

de lussang, se tri ant et venant aux dames- Ali!... madame do YertmoëllonL. mademoiselle!.. (Les dames saluent.)

CANUCtlE, à part.

Encore le vieux aux anchois !

de lussang, à part.

J’ai une idée vague d’avoir aperçu ce monsieur dans une circonstance critique de mon existence... (Haut, à madame de Vertmoellon.) Monsieur est votre cavalier?

MADAME UE VERTMOELLON.

Très-aimable cl très-complaisant, comme vous voyez. (Elle débarrasse Canuehe des objets qu'il porte; sa fille en fait autant. Canuehe passe à droite.)

de lussang, offrant la main à madame de Vertmoellon.

Mo ferez-vous l’honneur, bello dame... Buzonville vous cherche partout...

MADAME DE VF.RTMOELI.ON.

Allons!.. ( Elle remonte à gauche , avec de Lussang, puis s'arrête et dit a Canuehe : ) Ah !.. serez-vous assez bon, monsieur, pour donner la main à ma tille!

(Madame de Vertmoellon et de Lustang sortent par la porte du fond, à gauche, qui reste ouverte.)

mademoiselle de vertmoellon. *c disposant à prendre le bras de Canuehe.

EU I bien, monsieur?..

CANICHE

Ma main 9 ., mademoiselle, je le voudrais, mais ça ne so piut... je SUIS mordu pour Madeleine... (tt s'éloigne d'aile.)

MADEMOISELLE DE VERTMOELLON, à part.

F.h bien I il est poli ce monsieur!

(Ella sort )>ar la porte du fond, à gauche, qui reste ouverte.)

CANuene. seul.

Ma main?., je ne les connais pas, moi, ces tcmmes-là... je les ai trouvées 6ur1e carré... j'osais pas rentrera cause du vieux... alors je vois arriver deux machines avec des plumes, deumus et des éventails... je ne Tais ni une ni deussef.. je me mets au milieu... et j’entre avec... comme un âne dans son branc.ii U Voilà I (Lustrant son habit avec sa main.) J’ose dire que voilà un habit noir et un pantalon ibidem I J'ai loué tout ça trente-deux sous l'heure... Mais je n'ai pas encore vu Madeleine; je vas donner un coup de pie:l dans les salons.

(Il remonte et disparaît pur le fond, au milieu, à rentrés de Desruel.)

écran xz.

ON NOTAIBE A MARIE».

fl

DESRUEt.. pois PONT-BICIIET, pnU MADAME DE LUSSANO, puis BUZONVUXK, puis CIIAMPICNOL et MADELEINE.

desruel, enirant virement par la porte du fond à gauche. Impossible do rejoindre Lucile! lo Pont-Bichct s’est accroché à moi... OUI je sens que je le prend en grippe, lui et sa fille... une quenouille... en robe rose!

PONT-bjciiet, accourant par la porte du fond à gauche et s’arrêtant sur le seuil.

Où diable courez-vous, mon gendre? (/I descend en scène.) desruel, à part.

Ah) lo voilai deuxième tire-bouchon I...

POXT-BICUET.

Je passe ma soirée à vous poursuivre... Àrthémiso n’est pas contente...

DESRUEL, brutalement.

Puisque je l’épouse I (Il passe à gauche.)

PONT-BICUET.

Invilez-la pour la première....

DERCEL.

Ouil...

POXT-DICtlET.

Jo vais la prévenir de ne pas s’engager. (H sort par le fond à droite.)

DESRUEL.

Oui?... Il m’embête!...

madame dr lussaxc, gui est entrée par la gauche et mystérieusement.

M. DesrueU

Madame ?

DESRUEL, sc retournant.

MADAME DR LUSSANO.

Je sais que vous voulez vous marier...

DESRUEL.

Permettez...

MADAME DE LUSSANO.

Je vous ai trouvé une jeune personne charmante... (Elle t'a au fond à droite.)

DESRUEL.

Mais, madame...

madame de LUSSAKC, désignant tina personne par le fond à droite .

Tenez... la seconde à gauche... près de la glace.

DEsniEL, résigné.

Oui I...

cheveux! (Il disparaît pur la porte du fond à gauche et dit en dehors: ) Mais ôte donc les nuir.a de tes poches, sacrebleu !... CHAMPtdVoL, entrant par le fond à droite . acte Madeleine sous sombras et un pâté sous l'autre.

Voilà lo pâté! (Apercevant Desruel.) Tiens! bonjour mon gendre I

DP.sRCEi., à part.

Prislil le beau père à l’oseille I

CIIAMPICNOL.

Vous nou3 attendiez?... Voici fi-fille... avec sc3diiiuanl3.

MADELEINE

Tronle-sept dindons 1

CIIAMPICNOL.

El demi 1

DESRUEL.

Vous n'avoz donc pas reçu ma leltro?

CIIAUUGNOL.

Non... que leltro?

DESRUEL, Ô part.

J’aimo autant cela... (Haut.) Vous la trouverez en rentrant.

CUAMNCnol, montrant sa fille, bas à Desruel.

Dites donc I.,. chauffez!... invitez pour la première I (liremonte a droite.)

desruel, riant presque malgré lui.

Parbleu! tout do suite! (A part.) Quatre fiammosl... quatre premières I...

CIIAMPICNOL.

Ou est le bourgeois au pâté?... (Il regarde an fond à droite.)

(On entend C orchestre qui exécute une polka.)

DESRUEL.

L oi'scbestre ?.. Laquelle choisir? (Regardant Madeleine.) Quant à fi-lille... jo la bilïe! reste trois!., entrons dans le bal... la musique m’inspirerai (Il entre vivement dans le bal par le fond à gauche.)

scirsTE xn.

MADELEINE, CHAMPIGNOL; puis trois Dames, puis deux Danseurs, puis TIIÊODULlf . punCANUCllE oi MADAME DF. VERTMOCLLON, puis DE LUSSANG.

Papa ! papa F

madeleine.

CIIAmpicnol. se retournant.

Eb bien ? (Il va à elle.)

Il s’est ensauvé !

MADAME DR LUSSANO.

Chut! invitez pour la première. (Elle sort par te fond à droite.)

DESRUEL.

Oui... (A part.) Ça fait deux!

ic7.onvii.lu, paraissant à Ut porte du fond à gauche , s'approchant de Desruel et lut frappant sur I épaule.

Je viens do vous trouver un© femme I desruel, à part.

Encore I

nCZONVILLR.

Je suis trop bon... j’ai adressé une demando en votre nom à madame de Vermoëllon...

. DESRUEL.

Comment, Monsieur... mais je no vous ai pas prié...

RU7.0NVa.LE.

C'est une belle-mère à surface... la fille est convenable... invitez pour la première.

desruel. à part.

Ahl très-bien ça! so développe I

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