APPEL AU CLERGÉ
Nous prenons la liberté de demander à messieurs les. curés, eux, qui voient avec tant de peine leurs bons paroissiens s’éloigner d’eux pour l'étranger, de vouloir donner conseil à ces familles et les diriger vers Manitoba ou le Nord-Ouest, où elles continueront à être chez elles et à à jouir des consolations de la patrie. On ne s’exile pas tant qu’on est à l’ômbre du même drapeau et qu'on est protégé par les mêmes lois. De plus, ces zélés pasteurs et sincères patriotes rendront un grand service à notre nationalité et à notre jeune église du Nord-Ouest.
Puisque le sort est jeté et que le pauvre Indien est destiné à céder ses grandes terres, qu’il ne peut cultiver, à son frère, l’homme blane, plus laborieux et plus industrieux, pour nous, sans abandonner nos chères missions sauvages, qui nous ont coûté tant de peines et de travail, sans cesser de plaïder la cause de nos enfants adoptifs, les premiers occupants de ce pays, il nous faut aujourd’hui accepter les circonstances de la position
et aider le mouvement de colonisation. Le missionnaire comme prêtre et citoyen doit être toujours et partout l'homme de son temps. Ï J’ai l° hoïeur de me dire, Chers compatriotes, Votre très dévoué serviteur,
À. LACOMBE, Prêtre, O. M. I.