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Un nouveau Thrombidion recueilli au Maroc

Un nouveau Thrombidion recueilli au Maroc Dinothrombium (Dolichothrombium) Grandjeani N. SP.

Par Marc André.

Z. Feider (Acad. Rourn., Bull. Sect. Sci., XXVII, p. 1) a décrit une nouvelle espèce de Dinothrombium ( D. Borceaï) pour laquelle il crée le sous-genre Dolichothrombium dont les espèces se distingueraient par l’élongation du corps, la brièveté des pattes et la forme particulière des péritrèmes. A ce nouveau sous-genre appartiendrait le T. insidiosum M. André, 1920, de Tunisie. Ultérieurement, C. Willmann (1950, Neue Ergebn. Prob. Zool. Leipzig, p. 1100) fait connaître une nouvelle espèce (D. longulum), découverte en Autriche.

En mai 1931, M. F. Grandjean a recueilli parmi les débris végétaux recouvrant le sol d’une palmeraie aux environs de Marrakeeh, 9 Thrombidions adultes appartenant à une nouvelle espèce qui peut être classée, sans aucun doute, parmi les Dolichothrombium. Cette espèce présente un dimorphisme sexuel, assez étrange, qui n’a pas encore été observé chez les Thrombidions. Les mâles ont, ici, la griffe terminale du palpe bifurquée alors que chez les femelles sa structure est classique, c’est-à-dire, se présente sous la forme d’uhe griffe simple.

Nous dédions eette espèee à M. le Prof. F. Grandjean, qui l’a découverte.

Dinothrombium (Dolichothrombium) Grandjeani n. sp.

Nous prendrons comme type l’échantillon le plus développé, une femelle ovigère, dont la longueur atteint 3 620 p et la plus grande largeur 1 020 p,. Nous trouverons, dans le tableau ei-après les dimensions proportionnelles de chacun des 9 individus de cette même espèce.

L’idiosoina (fig. 1) est long, subeylindrique, à saillies humérales largement arrondies et présente, vers la moitié de sa longueur environ (entre les 3 e et 4 e paires de pattes) un étranglement bien marqué. La faee dorsale est uniformément recouverte d’un revêtement dense de poils, tous de même type sur chacun des individus, mais dont la longueur augmente le plus souvent vers la partie postérieure du corps. Cependant nous avons observé, chez trois spécimens, des poils plus longs sur la partie antérieure que vers la

Bulletin du Muséum, 2 e série, t. XXVI, n° 4, 1954.

Longueur du corps.

Largeur du corps.

Longueur de la patte I. . . .

Longueur de la patte II. ..

Longueur de la patte III. .

Longueur de la patte IV. .

Longueur du tarse I.

Largeur du tarse I.

Longueur du tibia I.

Longueur des poils anté-

rieurs.

Longueur des poils posté-

rieurs.

partie postérieure. Ces poils ressemblent beaucoup à ceux que l’on observe chez insidiosum M. André mais s’en distinguent en ce que, au lieu d’un verticille de barbules situé à la base, ils présentent ici deux rangées d’épines superposées (fig. 8) et, chez quelques-uns, une troisième rangée de ces mêmes épines (fig. 4) naissant de la hampe. La taille de ces poils atteint, chez l’exemplaire choisi comme type, une longueur de 70 p à la partie antérieure de l’idiosoma, et 99 [X vers le hord postérieur de l’abdomen ; ces dimensions sont extrêmement variables selon les exemplaires considérés et nous voyons, sur le tableau ci-dessus, que certains peuvent atteindre une longueur de 150 p.

Les yeux sont pédonculés ; il y en a une paire placée près de chaque bord latéral du céphalothorax.

Les pattes sont courtes et se présentent dans l’ordre de grandeur suivant : I-IV-II-III. (

Chez celles de la première paire, le tarse (fig. 5) est à peine claviforme, à bord supérieur presque rectiligne et à bord inférieur légèrement convexe ; sa longueur (217 p) dépasse deux fois et demie sa largeur (79 p), le rapport entre ces deux dimensions étant de 2,74. Chez quelques individus (fig. 9) cette longueur est le triple de la largeur.

La taille respective de chacune des pattes est de 800 p pour la l re paire, 750 p pour la 2 e , 740 p pour la 3 e et 820 p pour la 4 e .

Les palpes maxillaires (fig. 2 et 3) sont courts ; le quatrième article ne présente ni peigne ni épine. Le cinquième, ou tentacule, est de forme très allongée, un peu renflé au milieu et son extrémité distale dépasse de beaucoup la pointe de l’ongle terminal du quatrième.

Dinothrombium (Dolichothrombium) grandieani M. André.

Fig. 1. Face dorsale. •— Fjg. 2, palpe gauche de la $, face interne .— Fig. 3, id. t face externe. — Fig. 4 et 8, poils recouvrant la face dorsale de l'idiosoma. — Fig. 5 et 9, tibias et tarses des pattes I. — Fig. 6, palpe droit du face externe. — Fig. 7, id. t face interne.

Par son faciès très particulier, cette nouvelle espèce rappelle le Dolichothrombium Borceai de Feidf.r, mais l’extrémité postérieure de l’abdornen est pointue et non arrondie comme dans la forme roumaine. D’autre part, elle se distingue des autres espèces de Dolichothrombium jusqu’ici connues par de nombreux caractères dont les plus évidents se manifestent dans la structure des poils recouvrant le corps et l’aspect tiès caractéristique de l’ongle terminal des palpes chez le mâle (fig. 6 et 7) qui est bifurqué ; caractère extrêmement rare que nous aurions assimilé à une monstruosité si nous ne l’avions rencontré chez cinq individus.

Cette nouvelle espèce est représentée par 9 échantillons capturés sous des pierres et des débris végétaux aux environs de Marrakech (Maroc) par M. F. Grandjean, en'mai 1931.

Laboratoire de Zoologie du Muséum.

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