‹ Un nouveau type d'association pour la jeunesseChapitre 7 sur 11 · QUELQUES RÉSULTATS OBTENUS · texte numérisé non relu

QUELQUES RÉSULTATS OBTENUS

Il est assez difficile de donner une juste idée des résultats obtenus par l'A.C.J.C, car le travail le plus efficace (qui consiste dans la transformation graduelle du jeune homme par l'influence du cercle qu'il fréquente) est précisément celui qui paraît le moins au dehors. Contentons-nous d'indiquer quelques faits plus saillants, sans entrer dans aucune explication.

i. — PIÉTÉ

La fréquentation du cercle de l'A. C. J. C. assure de la part des membres, une connaissance plus sérieuse de la religion et une pratique plus consciencieuse; elle développe aussi l'esprit d'apostolat, Mentionnons quelques initiatives:

a) D'eux-mêmes les jeunes gens ont institué dans les groupes la communion des membres à tour de rôle. «La communion quotidienne par roulement, disait le secrétaire général dans son rapport annuel en 1916, est érigée au rang d'institution permanente.»

b) C'est dans un cercle de l'A. C. J. C. que fut lancée l'idée d'établir les retraites fermées au Canada et le premier groupe de retraitants se recruta parmi les membres. Chaque année, plusieurs retraites sont organisées par les jeunes gens dans diverses villes.

c) Ce sont des membres de l'A. C. J. C- qui ont établi à Québec et à Ottawa Y adoration nocturne du saint Sacrement et qui fournissent le plus grand nombre d'adorateurs.

d) Dans les différentes paroisses, les membres de l'A. C. J. C. réclament l'honneur de monter la garde devant le saint Sacrement pendant la nuit des Quarante-Heures et celle du Jeudi-Saint, et de prendre part à la procession de la Fête-Dieu.

e) Les membres de l'A. C. J. C. établissent des sections spéciales ou se joignent aux conférences locales de la Société Saint- Vincent de Paul. A Montréal, ils ont accepté des postes onéreux au bureau général de cette société.

En général, ils n'hésitent pas à se montrer catholiques sincères et zélés, et l'on s'adresse à eux de préférence pour le soutien des œuvres charitables dans la paroisse.

il — ÉTUDE

Les membres de TA. C. J. C. apprennent, dans leurs cercles d'étude, à ne point se prononcer au hasard, mais à se renseigner avant de se former une opinion. S'il fallait dresser une liste de tous les sujets traités, chaque année, dans les divers groupes, cette liste serait fort longue. En 1910, alors que l'A. C. J. C. ne comptait que 35 groupes (elle en a 105 aujourd'hui), le secrétaire fit un relevé des sujets traités, en les classant sous trois rubriques, et le total s'élevait à plus de 600 sujets. Aujourd'hui que le nombre des groupes a triplé et que l'étude est mieux systématisée, le total serait naturellement beaucoup plus considérable.

L'A. C. J. C. a tenu sept congrès généraux, dans les villes suivantes: Montréal (1904); Québec (1908); Ottawa (1910); Sherbrooke (1912); Trois-Rivières (1913); Montréal (1914); et Saint- Hyacinthe (1916).

m. — l'action

La formation du jeune homme par la piété et l'étude est en vue de l'action, laquelle est conditionnée par les circonstances. Il serait fastidieux de chercher à énumérer ce que les cercles ont accompli dans leur milieu respectif. Il suffira de mentionner quelques résultats qui ont retenu l'attention publique.

a) Dès 1905, lors de la création des nouvelles provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan, l'A. C. J. C. encore à ses débuts fait

signer une requête pour réclamer le maintien des droits scolaires des catholiques et recueille plus de 10,000 signatures.

b) En 1906, elle prend part à la campagne antialcoolique, faisant signer des contre-requêtes au sujet de l'octroi des licences et se joignant aux sociétés de tempérance pour réclamer une législation plus efficace.

c) En 1908, l'A. C. J. C. demande au gouvernement la reconnaissance effective du français (langue officielle comme l'anglais dans le domaine fédéral) dans tous les services d'utilité publique, et comme expression d'opinion de l'électorat fait déposer devant la Chambre des Communes une requête portant 460,000 signatures. La loi Lavergne fut adoptée plus tard par la législature de Québec, et la loi des chemins de fer amendée par le Parlement d'Ottawa, selon le désir des pétitionnaires.

La même année, l'A. C. J. C. tient un congrès à Québec, l participe aux démonstrations en l'honneur du premier évêque canadien, Mgr de Laval, et convoque un ralliement de la jeunesse au pied du monument Champlain, lors des fêtes du troisième centenaire de la fondation de la ville.

d) En 1909, la première retraite fermée au Canada est suivie par des membres de l'A. C. J. C. Chaque année, l'Association fournit le plus fort contingent de retraitants.

e) En 1910, l'A. C. J. C. prend part à une grande démonstration à Montréal, en souvenir de Dollard des Ormeaux, qui, en 1660, sauva le Canada. L'A. C. J. C. se charge d'organiser une souscription nationale pour ériger un monument commémoratif.

L'A. C. J. C. tient un grand congrès à Ottawa pour déterminer quelle doit être son action à l'heure présente. Le Congrès de la Jeunesse à Ottawa en 1910 (in-8 de 150pp.) donne le compte rendu de ces assises.

Au Congrès eucharistique international de Montréal, l'A. C. J. C, qui s'est employée à préparer une grande démonstration de la jeunesse, fait parader par la ville et groupe à Y Arma environ 30,000 jeunes gens, auxquels le cardinal Vannutelli et d'autres orateurs adressent la parole.

L'A. C. J. C. prend part au Congrès de la Jeunesse franco-américaine à Manchester; au Congrès de tempérance à Québec; à l'assemblée de protestation contre Nathan à Montréal; au congrès de l'Association de la Jeunesse de France, à Arras.

/) En 1911, l'A. C. J. C. prend part au Congrès national par lequel l'Association de la Jeunesse française commémore à Paris son 25e anniversaire de fondation. Le Dr Baril, président actuel,

1 Le Congrès de la jeunesse à Québec en 1908 (in-8, 460 pp.): tel est le titre du volume qui relate les travaux de cette réunion.

représente à ce congrès la jeunesse canadienne et prononce un discours.

g) En 1912, l'A. C. J. C. tient un congrès dans la ville de Sherbrooke.

Les membres de FA. C. J. C. font une enquête sur l'observation de la loi Lavergne, à la demande des organisateurs du Congrès de la Langue française à Québec, et prennent une part active aux travaux de ce congrès.

L'A. C. J. C. réclame le maintien de la garantie constitutionnelle aux écoles séparées, lors de l'annexion du Keewatin au Manitoba, et fait parvenir au gouvernement une requête couverte, en quelques semaines, de plus de 100,000 signatures d'électeurs.

h) En 1913, l'A. C. J. C. fait venir de Paris un artiste, M. Emile Deniau, et, avec son concours,, organise dans les principales villes, des conférences-concerts en vue de populariser au Canada la bonne chanson de France.

L'A. C. J. C. fait une vaste enquête sur la situation scolaire dans la province de Québec, et tient aux Trois-Rivières un congrès sur l'instruction publique qui est fort remarqué. Étude critiqne de notre système scolaire: tel est le titre du volume (in-8 de 200 pp.) publié à cette occasion.

i) En 1914, l'A. C. J. C. célèbre son dixième anniversaire de fondation par un grand congrès à Montréal. On y traite du devoir social dans les diverses classes de la société. La ville de Montréal offre aux congressistes un banquet de 600 couverts à l'hôtel Windsor. Le titre du volume publié alors (in-8 de 300 pp.) est: Le devoir social au Canada français.

Sur demande expresse des Canadiens français de l'Ontario, l'A. C. J. C. accepte de faire une campagne d'idées et d'organiser une souscription pour les aider à faire reconnaître par les tribunaux leurs droits scolaires. De grandes assemblées se tiennent dans les principales villes, et le comité de presse de J'A. C. J. C. envoie à tous les journaux français du pays et des États-Unis trois communiqués par semaine.

j) En 1915, l'A. C. J. C. donne une grande séance à Montréal pour raviver le «souvenir acadien» et maintenir la bonne entente entre les Acadiens et les Canadiens français.

L'A. C. J. C. ouvre un Secrétariat permanent dans les bureaux que son premier président,* M. J. Versailles, met gratuitement à sa disposition, dans l'immeuble de dix étages qu'il a fait élever dans le quartier des affaires à Montréal.

Elle poursuit sa campagne de souscription pour les Franco- Ontariens par des assemblées publiques et des communiqués à la presse.

k) En 1916, l'A. C. J. C. participe à l'œuvre de diffusion des livres français dans les groupements isolés. Sur les 75,000 volumes recueillis et les 175,000 numéros de revues, la moitié provient du concours des cercles de l'A. C. J. C.

Elle poursuit sa campagne de souscription et annonce que le résultat est de $53,341.30 pour la cause des Franco-Ontariens.

Elle fait une enquête sur l'agriculture et tient à Saint-Hyacinthe un congrès agricole auquel plus de 1,200 personnes prennent part. Le problème agricole au Canada français, c'est le titre du volume ou l'on voit le texte des rapports présentés.

L'A. C. J. C. s'occupe à faire signer la requête demandant au Gouverneur général le désaveu de la loi scolaire d'Ontario. Elle recueille 530,540 signatures sur le total de 575,000 envoyées à Ottawa.

/) En 1917, l'A. C. J. C. tient sa réunion annuelle à Joliette et discute, en trois séances publiques, les meilleures méthodes de travail intellectuel pour ses membres: a) Pourquoi étudier? b) Quoi étudier ? c) Comment étudier ?

Nous indiquons rapidement quelques œuvres plus apparentes, sans rien dire des autres travaux accomplis et des initiatives locales prises par les comités régionaux et les cercles. A Québec, par exemple, les membres de l'Union régionale ont fait, pendant des mois, une enquête très étendue dans tous les cinémas de la ville. Cette documentation sert à la campagne de presse qui se poursuit en ce moment pour réclamer une plus grande surveillance des théâtres de vues animées.

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