‹ Un nouveau type d'association pour la jeunesseChapitre 9 sur 11 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

A Winston-Salem, Virginie, on établissait, il y a quelques années, (Cf. Le Semeur, février 1914, page 161) une section juvénile de la

Chambre de Commerce, afin d'initier les jeunes gens aux problèmes municipaux et les préparer à la vie civique. Cette initiative a trouvé beaucoup d'imitateurs, et l'on a paru satisfait du résultat. Ce n'est là toutefois qu'une toute petite partie du programme que s'est assigné l'A.C J.C. Elle veut habituer ses membres à vivre en catholiques et les préparer à l'action dans tous les domaines.

Jusqu'à présent, la plupart des œuvres de jeunesse n'ont eu en vue que la préservation immédiate de leurs membres: ce sont des "garderies" d'enfants ou de jeunes gens. C'est beaucoup, sans doute, mais c'est insuffisant. Les plantes de serre-chaude brusquement exposées aux intempéries se flétrissent presque infailliblement; il faut savoir leur ménager une transition et leur donner une éducation pour le milieu nouveau où elles sont appelées à vivre. Calfeutrés contre les influences du dehors, nos pensionnaires de collèges font presque tous un lamentable fiasco quand ils abordent la vie universitaire et sont exposés aux multiples tentations de la grande ville. C'est la réédition des aventures de Tom Brown à Oxford. Le cercle de l'A.C. J.C. a été, à l'Université, le salut d'un bon nombre.

L'A.C. J.C. ne remplace pas toutes les autres associations pour la jeunesse, mais elle corrige ce que celles-ci ont d'insuffisant, de défectueux; elle leur apporte un complément nécessaire, indispensable. L'expérience a prouvé que ses méthodes sont efficaces. De plus, elles semblent bien d'accord avec ce que recommandait S. S. Pie X pour l'organisation des œuvres de jeunesse (Cf. Le Semeur, février 1914, page 168). Enfin, elle est plus facile à établir, dans les centres urbains, comme dans les centres ruraux, que n'importe quelle autre œuvre. A moins de risquer de bâtir sur le sable, on devra toujours dans les groupements nombreux faire une sélection de jeunes et leur faciliter la préparation à la vie. Aujourd'hui doit préparer demain. Ce ne sont point tant les belles façades qui importent, les riches et grandes salles où l'on séjourne en passant, comme dans une hôtellerie; non. Tout ceci a son importance, toutes ces attractions ont leur prix, mais ce qui importe surtout et par-dessus tout c'est la qualité des âmes de ceux qui fréquentent ces superbes lieux de réunion. Ce qui compte, en définitive, c'est ce que chacun emportera avec soi, dans le voyage de la vie, comme viatique indispensable le long de la route. Quand le jeune homme quittera ses compagnons, que lui restera-t-il de son séjour au cercle de jeunesse ? Jusqu'à quel point sera-t-il muni de force morale contre les tentations qui vont l'assaillir ? Telles sont les questions qu'un directeur ecclésiastique d'œuvres de jeunesse doit se poser, et auxquelles il doit, si son œuvre a une valeur vraiment éducatrice et moralisatrice, pouvoir donner des réponses satisfaisantes.

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