INTRODUCTION
Le parasitisme intestinal par les Nématodes atteint une grande partie de la population du globe.
L’ascaridiose, par exemple, serait pour SToLzL [54] l’helminthiase cosmopolite la plus répandue. D’après cet auteur, six cent quarante-quatre millions de personnes hébergent des Ascaris. En France, les cas d’ascaridiose sont également nombreux et la fréquence croissante de cette affection a été soulignée par DuMmonrT {25], en 1950, au Congrès de lAmibiase et des Parasitoses intestinales, à Châtelguyon.
COUTELEN [16], pour la région du Nord, SIGALAS, PAU- - TRIZEL et NOGUËS [52], pour la région bordelaise, ont insisté, dans des statistiques très complètes, sur l’importance du parasitisme intestinal chez les enfants. Nous-même avons noté, sur cent un enfants examinés près de Bordeaux, soixante-cinq cas d’oxyurose et dix cas d’ascaridiose.
Les Trichocéphales se rencontrent également très souvent; le pourcentage d'individus parasités par ce Nématode atteint 25 à 50 % suivant les régions.
L’ankylostomose est répartie sur tous les continents, mais elle abonde surtout dans les régions tropicales. Dans les pays tempérés, elle est localisée et en rapport étroit avec certaines conditions de milieu (mines, briqueteries).
La strongyloïdose ne se rencontre en France que chez des anciens coloniaux. Elle peut, dans certains pays, atteindre une fréquence élevée : BECMEUR, LAFFERRE et
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LAMOTTE [6] notent dans le milieu indigène marocain 30 % d'individus infestés.
L'importance de ce parasitisme intestinal a des répercussions sur la thérapeutique où la variété des anthelminthiques est la meilleure preuve des échecs (dus à leur toxicité ou à leur inefficacité) enregistrés avec chacun d’eux.
L’attention est attirée depuis quelque temps par les sels de la pipérazine :
Le citrate de 1-diethyl-carbamyl-4-méthyl-pipérazine (Notézine), primitivement employé dans le traitement des filarioses où son activité est indéniable, est aussi un bon ascaricide, mais les accidents auxquels il donne lieu limitent son emploi, surtout chez les enfants;
Le diphénylacétate de pipérazine, étudié par TURPIN, CAVIER et SAVATON-PILLET [59], semble avoir donné de bons résultats à ces auteurs dans le traitement de l’oxyurose et de l’ascaridiose.
FayarD [30] et MouriQuAND [44] ont d’ailleurs reconnu à la pipérazine une activité incontestable contre les Oxyures et les Ascaris.
Il semblait donc logique d’orienter les recherches vers un dérivé de la pipérazine d’activité maximum et de toxicité négligeable. C’est dans ce but que les Laboratoires Miny ont préparé le thymolsulfonate de pipérazine, qui réalise l’association de deux corps doués, indépendamment l’un de l’autre, d'activité anthelminthique.
Dans ce travail, nous nous proposons d'étudier dans une première partie les différentes méthodes biologiques d'essais utilisées pour la vérification expérimentale de l’activité anthelminthique et de la toxicité Dans une deuxième et une troisième partie, nous rapporterons les résultats de nos recherches personnelles sur le thymolsulfonate de pipérazine : étude expérimentale d’une part, observations cliniques d’autre part.