‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 223 sur 356 · discours · texte numérisé non relu

discours

Texil Antioche était le siège épiscopaldu Bienheureux Pierre

et voici que dans cette église même les Gentils ont logé leurs superstitions, et la religion chrétienne qu'ils auraient dû honorer, ils Font honteusement supprimée dans le temple dédié au Très-Haut.

<( Les biens des nôtres sont soumis à Timpôt, les domaines des nobles sont réservés soi-disant pour soulager les pauvres, mais les traîtres cruels en abusent dans leur propre intérêt... Ils enlèvent des Saints Lieux toutes les offrandes que vous avez tant de fois envoyées pour leur entretien. Ils s*y moquent sans cesse de la religion. Et pourtant là, tout le monde le sait. Dieu a reposé, là il est mort pour nous. Cependant Dieu ne manque pas chaque année, quand, aux jours de la Passion, toute lumière est éteinte dans le Saint Sépulcre et dans l'église, de renouveler le miracle de la réaccension des lampes. Quel est donc le cœur de marbre qui résisterait à un tel prodige ? Croyez-moi, il faut en être arrivé aux instincts de la bête et avoir perdu l'esprit pour ne pas être réveillé dans la foi par cette manifestation si sensible de la puissance divine. Eh bien! les Gentils en sont les témoins accoutumés comme les chrétiens eux-mêmes et ils ne se convertissent pas! Ils sont effrayés mais sans devenir meilleurs. Quoi d'étonnant, puisque l'aveuglement de l'esprit règne en maître sur eux?... Pleurons donc, mes frères, pleurons, gémissons avec le Psalmiste, malheureux que nous sommes, puisque c'est de nos jours que l'oracle divin s'est accompli : O Dieu, les nations se sont abattues sur votre héritage, elles ont souillé votre saint temple et ont fait de Jérusalem un cellier à garder les fruits. Elles ont donné l(3s cadavres de vos serviteurs en pâture aux oiseaux du ciel et les chairs de vos saints aux bêtes de la terre. Elles ont répandu leur sang comme l'eau autour de Jérusalem et il n'y avait personne pour les ensevelir*. Malheur à vous, mes frères, parce que nous sommes une honte pour nos voisins, le jouet et la moquerie de ceux qui nous environnent '*. Compatissons aux souffrances de nos frères, au moins

Page 1