Isa., XLiii
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amenée derOrient, car doublement les provinces orientales nous ont enfantés à la vie de TÉglise. Et il la rassemble de TOccident, en se servant, pour réparer les désastres de Jérusalem, du ministère de ceux qui, les derniers, ont reçu le bienfait de la foi, c'est-à-dire les Occidentaux, et Dieu veuille que ce soit vous * !
c< Si les avertissements de l'Ecriture, si ma parole ne vous touchent pas, écoutez du moins les pèlerins de Terre Sainte et laissez-vous émouvoir par le spectacle de leurs malheurs. Regardez-les traverser les mers et voyez, s'ils sont riches, de quelles exactions et de quelles violences ils sont les victimes ! A chaque mille payer un tribut, à chaque porte de ville verser de l'argent, à la porte des églises acheter les entrées, à la frontière de chaque province, sous n'importe quel prétexte, subir une taxe î Ceux qui s'y refusent, c'est l'habitude des chefs de bandes de les faire cruellement frapper de verges. Que dire de ceux qui sont absolument pauvres et qui, ne semblant avoir rien au monde à donner que leur pauvre corps, entreprennent le grand voyage? On les soumet à d'horribles tortures pour leur arracher l'argent qu'ils n'ont pas, on leur fend et on leur arrache la peau calleuse des talons pour voir s'ils n'y cachent rien, et la cruauté des barbares, allant jusqu'à les supposer capables d'avoir avalé leur or ou leur argent, leur font absorber des plantes médicinales pour les exciter à vomir ou leur ouvrent les entrailles à coups de couteau. Essayez de compter les milliers et milliers d'hommes qui ont ainsi misérablement péri.
« Comprenez encore, ô frères, ce que nous vous disons. Vous savez prendre les armes avec fracas pour guerroyer les uns contre les autres et vous entre-déchirer. Ce n'est pas combattre les combats du Christ que de détruire le bercail du Rédempteur. La sainte Eglise, pour secourir les siens, s'est réservé une milice dont nous devons être les hérauts. Vous n'êtes pas dans le chemin qui mène au ciel. Oppresseurs des orphelins, spo-