SCÈNE X
LAURENCE, seule.
O mon cœur, contiens ton battement.
Souffre en silence, écoute et vois comme l’on ment ! Apprends à feindre, apprends le grand art de sourire.
De ne pas croire un mot de tout ce qu’on peut dire,
Et comme en se jouant on peut briser un cœur Aussi négligemment qu’on effeuillé une fleur !
— Oh! quel profond mépris dans toutes ces paroles!
Quel superbe dédain de mes tendresses folles!
Et comme le bourreau semblait se faire un jeu De m’insulter devant cette femme ! — Oh! mon Dieu ! Dites-moi, dites-moi, qu’ont-elles donc en elles ,
Ces femmes? — Sont-ce donc les seules qui soient belles? Ou le bizarre attrait du vice est-il si fort,
Que l’homme y soit poussé comme, l’aimant au nord .
Mais pourquoi s’en venir troubler ma solitude?
Mon âme s’endormait dans une quiétude,
Sans rêves ni regrets, et cette cruauté
Froide, inutile et basse est une lâcheté !
J’avais tort de l’aimer! — On dit que l’on désaime .
Hélas ! de mon erreur, me punissant moi-meme
Je me résignerai. — La résignation
D’un cœur fier qui se trompe est l’expiation .