B I D A RT
Pour peu que vous vouliez entrer dans cette affaire...
JACQUES
Vous vous moquez de moi; bon Dieu! qu’irai-je y faire?
Je mange, bois et dors, trois points fort importants,
Et ne vis le surplus que pour passer le temps.
*— Vous, fondez des journaux, si cela vous amuse, Posez-vous en Mécène, inventez une muse,
Annoncez un concours, avec un prix d’honneur.
Dont le sujet sera : Stances sur la vapeur;
Une ode à Parmentier ou sur l'agriculture,
Et, petit manteau bleu de la littérature,
Votre épitaphe un jour sera : « Ci-gil Bidart;
Grand artiste en chaudrons et chaudronnier en art!
Il sut justifier cette belle épitaphe.
Autant par son grand cœur — que par son orthographe. »
BIDART.
Morbleu! vous vous moquez toujours de moi! — Pourquoi? Mercier n’est-il donc pas parvenu connue moi?
Que ne le raillez-vous? Pourquoi moi plus qu’un autre?
JACQUES
Ah! malheureux Bidart, quelle erreur est la vôtre !
Mercier, parvenu? — Non ! — C’e3t un homme arrivé.
Le parvenu, c’est vous! — Vos sabots l’ont prouvé.
(A part.)
Je gage qu’un beau soir, cet honnête imbécile Fera jouer aussi son petit vaudeville.
(Paraissant Berthaud et Antoine. Grandes salutations de part et d'autre.)
B I D A R T, & Berthaud .
C’est vous! bonjour, mon cher; je m’en vais vous prier De m’attendre, le temps d’écrire mon courrier.
(En sortant, à Jacques.)
Ce sont les rédacteurs de ma feuille future.
(il sort arec Jacques.)