SCÈNE IV
LAURENCE, seule.
A quoi bon maintenant, pour quels yeux Me parer? C’est le deuil qui me convient le mieux.
Que me fait la toilette et quel besoin en ai-je.
Puisque je n’aurai pas cette robe de neige Que dans mes songes d’or j’ai vue à mon chevet,
Et qu’une fois au monde une fille revêt !
Je puis toujours porter la robe de la veille.
— Je ne trouverai pas au fond de la corbeille
Le voile aux plis flottants, l’anneau du bien-aimét A mon front soucieux, par l’ennui comprimé,
On n’attachera pas la couronne des vierges.
Et dans ma blanche robe, à la pâleur des cierges,
Pâle, je n’irai point avec mon missel blanc.
De la nef à l’autel, marchant d’un pas tremblant.
Jamais, jamais pour moi, les orgues magistrales N’ébranleront l’écho des vieilles cathédrales,
Les parfums de l’encens ne monteront aux deux;
Jamais la cloche sainte, aux tintements joyeux.
N’enverra dans le vent ses carillons de fête ;
El c’est pourquoi, Seigneur, j’irai courbant la tête. Vierge-veuve, pleurant sur mon adversité Comme pleura jadis la fille de Jephté!
— On vient... — c’est l’usurier...
ALICE, introduisant Dupuis.
.Entrez...
(Elle sort.)