ACTE IV
— Quand un jeune homme riche à bout d’expédients Ne sait plus où donner de la tète, — le comte Daigne me l’amener, — et toucher son escompte.
LAURENCE
Quoi! ce lâche métier...
DUPUIS
Le comte est de ce bois Flexible, quoique fort, dont on fait les Dubois.
Sans les nécessités de son état précaire,
11 serait Machiavel : il est Robert Macaire,
Moins le costume ignoble et le ton faubourien.
Pour parvenir très-haut, que lui faut-il? un rien t lit cependant ce rien est une chose énorme,
Car lorsque l’argent manque, attendez-raoi sous l’orme !
11 a le nom, l’esprit, — et ce n’est, au total,
Qu’un grand homme avorté, faute de piédestal!
— Ce renard, quelque jour, pourrait vous tendre un piège Et je vous ai tout dit, car c’est le privilège
De la noblesse d’âme unie à la beauté,
De faire qu’on lui parle avec sincérité !
(A part.)
Son procédé vaut bien ce conseil salutaire.
(Haut.)
Et maintenant, croyez que je saurai me taire;
Ou, — quand vous le voudrez, — parler à votre gré.
Ma parole en ce cas vaut... mon papier timbré.
LAURENCE
Dites toujours que c’est...
(Elle le conduit à la petite porte.)
DUPUIS
Mosca? soyez tranquille !..
(S'inclinant.)
LAURENCE
Allons!..
(Elle met les billets août enveloppe.)