ACTE IV
Enrayez, pour ne pas qu’on dételle, c’est l’heure ! Épousez, mon ami, voilà la vérité :
Le bouillon du ménage est bon pour la santé;
Votre estomac faiblit, les soupers... et leurs suites Laissent des souvenirs... charmants, mais des pituites! Gardez les souvenirs! Soupez moins, dînez mieux,
Et buvez du bordeaux afin de mourir vieux!
Or, me croyant encor quelques tonneaux à vivre.
Le conseil me plaît fort et je prétends le suivre.
ALBERT
Je puis vous être utile?
MOSCA
En cherchant, j’ai trouvé, Sans sortir de Paris, mon idéal révé.
Et vous le connaissez. — Je crois que la cousine, Mêlant le sel attique au sel de la cuisine,
Saura tenir son rang, sans laisser de côté,
Le bouillon du ménage utile à la santé.
ALBERT, étonné.
Quoi! Laurence?.. — Ah!
MOSCA
Eh bien?
ALBERT
C’est moi seul que regarde Le soin d’arranger tout,' cher comte.
MOSCA
De l’adresse !
Et prenez garde!
ALBERT
Je suis très- timide, mais quand Il s’agit d’un ami, je suis très-éloquent.
MOSCA
Ainsi, vous acceptez?
ALBERT
Si j’accepte ? avec joie !
— Mais j’entends le frou-frou d'une robe de soie : C’est elle ! — Allez-vous-en, je vais ouvrir le feu.
MOSCA
Mais...
ALBERT, le poussant dehors.
Quand on se marie, on a la foi, morbleu !