‹ Un parvenu: comédie en cinq actes, en versChapitre 15 sur 81 · SCENE vri · texte numérisé non relu

SCENE vri

MOSCA^ seul.

Quatre cent mille francs î — c'est peu, mais c'est beaucoup. Puisque cela suffit à tenter un grand coup!

— Quatre cent mille francs, aux mains d'un homme habile, Peuvent, en quelques mois, en faire huit cent mille. L'agiotage aidant! — Bah! qu'on me crie, haro! Almaviva déchu se change en Figaro !

— Albert est un pantin dont je tiens la ficelle. C'est le point important; il épousera celle

Que je lui choisirai, pourvu qu'elle ait un nom.

Et Blanche d'Hérouville ; — au fait, et pourquoi non?

Elle est jeune, elle est belle et d'une vieille race,

Elle est pauvre! — C'est fait! — D'un seul coup je décrasse

Un parvenu honteux de son nom plébéien.

Je dore un vieux blason et réhausse le mien!

— Une fois la famille en fièvre de noblesse, La cousine voudra qu'on l'appelle comtesse.

Par vanité d'abord, ensuite par dépit,

Elle aime son cousin! Aussi, point de répit.

C'est là qu'est le danger, et pour qu'Albert ignore Que sa cousine l'aime, il convient qu'il adore Carmen, en attendant que je mène à mon gi*ê

Ce projet d'union dont je suis assuré ^

Car, Jacques m'aidera dans mon plan de campagne!

— Alerte! — la fortune est un mât de cocagne

Dont les plus riches prix appartiennent à ceux

De qui l'échiné est souple et qui grimpent le mieux î

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