‹ Un pèlerinage au pays d'Evangéline [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 92 · Commandant à Louisbourg · texte numérisé non relu

Commandant à Louisbourg

vous devez scavoir que depuis la fin de l’an stipulé dans le traité d'Utrecht pour l'évacuation du païs, ceux qui ont choisi de rester dans la province devinrent d'abord sujets du Roy de la Grande Bretagne, le traité les déclare tels Le Roy de France déclare dans ce traité que tous les français qui resteraient dans ces provinces seroient sujets de Sa Majesté britannique. Aussi, serait-il contraire au sens commun de supposer que demeurant dans la province et y possédant des terres et des maisons, vous ne scriez pas sujets au souverain de cette province.

Aussy, messieurs, vous vous trompés si vous croyez d'être en liberté de choisir si vous voulez être sujets du Roy ou non. Depuis l’année 1714, cela n’a plus dépendu de vous, dès ce moment vous devintes sujets aux lois de la Grande Bretagne et précisément sur le pie que les autres sujets catholiques de Sa Majesté. Etant donc idubitablement sujets de Sa Majesté britannique, vous devriez avoir prêté le serment de fidélité à votre Roy le moment qu'on l’a exigé.

Voilà, messieurs, où vous aveztoujours manqué à votre devoir, vous avouer que vous avez toujours refuser de prêter ce serment sans une réserve sous-entendue, vous me dites que M. le Général Philippe vous a accordé la réserve que vous demandiez, et je vous dis, messieurs, que le général qui vous accorda de tels réserves n’a point fait son devoir, je vous dis plus que ce serment n’a jamais rien diminué de vos obligations d'agir toujours et en toutes circonstances comme un sujet doit agir selon les lois de Dieu et de votre Roy.

Messieurs, vous vous laisser mener par des gens dont l'intérêt est de vous égarer, on vous a fait imaginer qu’il n’y à que votre serment qui vous lie aux Anglois, on vous trompe ; ce n’est pas le serment qu’un Roy fait prêter à ses sujets qui les rend sujets, le serment supose qu’on l’est déjà. Le sermenit est un gage ou lien des plus sacrés de la fidélité de ceux qui le prêtent, Ce n’est que par pitié de votre situation et de votre inexpérience dans les affaires du gouvernement qu'on descend à raisonner avec ous, autrement, messieurs, il ne s’agit point de raisonner, il s'agit de commander et d’être obét.

Sa Majesté elle-même dans sa déclaration imprimée, vous assure vos possessions et votre religion, Songez un peu ce que vous avez fait de votre part, vous me parlez beaucoup de vos services rendus au gouvernsment depuis mon arrivée dans la province, quelles preuves m'avez-vous donner de votre zèle et de votre attachement à votre Roy. Je serais charmé de pouvoir dire à Sa Majesté que vous vous comportiés en bons sujets et que ous aviez fait tout ce qui dépend de vous pour assister cette culonie. Au lieu de vos consultations fréquentes ensemble, au lieu de messages au gouvernement françois, au lieu de vos lettres signées de mille personnes si vous m'aviez envoyer une centaine d'hommes pour travailler au service de Sa Majesté, vous auriez mieux fait et vous auriez trouvé votre compte.

Voilà, messieurs, plus de 34 ans passés depuis que vous êtes sujets de la Grande Bretagne et que vous avez jouis en entier de vos possessions et de votre religion, faites nous voir à présent

que vous êtes reconnaissant et prêts à servir votre Roy quand vos services sont demandés.

A votre retour vous trouverez des troupes de Sa Majesté aux mines, je les ai envoyé pour votre protection, quand j'aurai de leur nouvelle que j'entende que vous les avez aidé et assisté autant que vous pouviez, je les ai ordonné de payer let rs provisions et ceux qui travaillent pour eux en argent comptant ou de vous donner des certificats qui d’abord où je paierai sur le champ.

Faites en sorte que je voye icy en dix jours cinquante de vos habitants que j'employerai à assister les pauvres, à bâtir leurs maisons pour les mettre à l'abri du mauvais temps, ils seront payés en argent comptant et nourris des provisions du Roy.

: Je certifie la présente reponse conforme aux copies qu’on m’a envoyées de Lacadie à Louisbourg, le 12 octobre 1749.

DESKHERBIERS. 1

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