Archives des affaires étrangères, Paris
à leur première Patrie, ils vivaient comme les anciens patriarches, au milieu de leurs troupeaux, dans l'innocence et l'égalité des premiers siècles. Ils fabriquaient eux-mêmes les étoffes. grossières qui servaient à leurs vêtements, telles que de la toile et. des draps bruns rayés de rouge. Leur commerce était proportionné à leurs besoins, et leurs besoins étaient aussi simples que. leurs mœurs étaient frugales. Tous ceux qui les ont connus parlent encore avec attendrissement de leurs vertus et de leur. bonheur. Au milieu des Anglais, leurs vœux furent toujours pour la France: Louis XIV, disaienc-ils, put bien céder les champs où nous demeurons, mais l'amour de la Patrie se change-t-il par les traités ? Cet amour causa leur ruine et leurs vœux les perdirent. 1
Les Acadiens possédaient 80,000 bêtes à cornes, 10,000 chevaux et plus de 150,000 moutons.
nn nm ce:
La déportation des Acadiens avait été imaginée dès 1746. Guillaume Shirley, qui était alors Gouverneur de la province de Massachussets dans la Nouvelle- Angleterre, publia en 1747, pour rassurer les Acadiens qui se disposaient à passer en Canada, une déclarauon dont voici le préambule : ‘* D'autant que nous avons ‘€ appris qu'il s'était répandu un bruit parmi les sujets du Roy, ‘les habitants français de la province de la Nouvelle-Ecosse, ‘ qu'il se formait un dessein de leur faire quitter leur demeure ‘“ dans cette province, par une déclaration du 16 septembre ‘41746, je leur signifiai que ce bruit n'était point fondé et qu’au: ‘ contraire, j'étais convaincu du bon plaisir de S. M. de pro- ‘ téger tous ceux qui continueront daus la fidélité et le devoir: ‘ qu'ils lui doivent, etc.”
Dans cette déclaration, Shirley annonce aux Acadiens uue le Roy d'Angleterre ayant résolu de faire des travaux dans la pro--
1. Va-t-on traiter de fantaisie cette peinture des mœurs acadiennes, faite sept ans seulement après la dispersion, et si bien conforme à ce qui en à été dit depuis ? Que d'efforts n’a-t-on pas. faits pour contester la vérité de ces témoignages ? Ne pouvant. cacher le crime, on a tâché de flétrir les victimes.
vince, pour les mettre à l'abri des incursions, il est enjoint aux dits Acadiens de fournir tous les secours qu'on doit attendre d'eux. En conséquence de cette déclaration, les Acadiens travaillèrent aux fortifications d’'Halifax et aux chemins militaires de la province, depuis 1749 jusqu’en 1751 ; et à peine les travaux furent-ils achevés qu’on leur proposa de prêter le serment d'allégeance, ainsi que celui de prendre les armes contre les Français ou autres lorsqu'il en serait requis. Ils refusèrent l'un et l’autre. En 1752, on démolit plusieurs de leurs chapelles pour en faire des forts palissadés et on les obligea de travailler à ces forts. Plusieurs familles ayant alors abandonné leurs habitations pour se retirer à l’île Royale, les Anglais qui avaient des postes sur tous les passages, prirent ces familles et les inaltraitèrent, de manière que la haine et la défiance ne firent qu’augmenter dans toute la colonie. En 1755, des détachements parconrurent toutes les habitations et s'emparèrent des armes que chaque habitant avait pour sa propre défense contre les Sauvages et pour celle de ses troueaux contre les loups et autres hêtes carnassières. Les Acadiens députèrent au Gouverneur pour obtenir d’avoir deux fusils par paroisse, Le Gouverneur, pour réponse, mit les députés en prison, et uprès bien des menaces, les engagea à faire assembler tous les habitants de la colonie depuis l’âge de 10 ans jusqu’à celui de 70, pour renouveler un serment dont on conviendrait. ;
A la fin, on embarqua toute la colonie pêle-mêle et sans égard pour la réunion des familles.
On vit, au commencement de cette guerre, une nation policée, une nation qui refuse l'humanité àtoutes les autres, pour s’arroger à elle seule cette vertu ; on vit cette nation-là renouveler les anciennes barbaries des Gépides et des Hérules.” 1
donnees ses se CCC CR .....
L Archives des affaires étrangères, Paris.
APPENDIC& 471
Le Révd Andrew Brown, dont le témoignage a déjà été cité dans cet ouvrage, a flétri la déportation des Acadiens en termes non moins énergiques que ceux qu’on vient de lire, Selon lui, elle a égalé en atrocité le massacre de la Saint-Burthélemy. Le jugementde ce ministre presbytérien est d'autant plus digne de remarque, que le Dr Brown était un homine d’uue valeur réelle, au dire des écrivains anglais, et qu'il a vécu huit ans (1787-1795) dans la Nouvelle-Ecosse où il a été en relution directe avec plusieurs des auteurs et des victimes de la déportation, qu’il a interrogés spécialement pour écrire son Histoire de la Nouvelle- Ecosse, restée manuscrite,
Un publiciste américain, non moins sévère que le Dr Brown, a comparé l'acte de 1755 au massacre de Glencoe, en Ecosse. Son article a été publié sous le titre de The American Glencoe.
Voir Chambers’ Journal (XXII. 342, or Living Age, XLEIV. 51) indiqué par M. Justin Winsor, dans Nurrative and Critical History of America, vol. V., p. 459.
hl
APPENDICLI
ES PET 1 CT CE) LLERI LEE) LES c..0000000000000000v09 °v....-quesqe *ÆIpuwT TITI?
. g 8 ..…. I ecrsesseccecee op creme ssuse.nee uIoony 9pn8I9l0T 8 03 ze 8 9 9 G : ss. sses.e op conesssssse.e.- LIPUUT SOLIUUS) .….. g ZI 9 F F PPS PC …...ssss.e.s op eos... {ipuuT OUI UtoL £ 9& 0€ eI 9 9 e A .... ee. op ensssssesee.: UODUIOIN MOI + | C3 0F CT L 9 3 F ose... op sossesssssese- IQ 01811d8Œ I | 9108 | 2 8 9 + F es... ......e op sensesessseese.- ÂIPUUT SMIC cs inigimie lo lt ir. cessessesc ee eee WOONY ASIA se loimig lo Lo ll r Press 2 cessesses se ee °QUOOUTA OUIOQUY I OI œlsl6 "ER Eee due .…..... +++ Lipuer soql-*"""""""""" Arpuer sapuexy DS POS PRES PRES PRES PS CE RE EEE ELRS JOLIS L epnel9 2€ ss **e[sie oise uvof ADR CURE CE POSER DOS SAR DR PEER PRISE SERRE RER TE CT EE PRES O | 5 mine «els|?)e ë sé S (SES IS Sr someN S,08EIIA -SIRVN SNEN 2 æ
: ztA ‘sed 10qu03de$ J0 y3C y} UO uN1787I0 SIY UGC UT SuIW09 ner aoye o0ejd styi ui dus) stY UTYJLM *MOJSUT ” [OUOIO) JUBEUSIMENT £q pouguoo quorgefpu sooeçd pue JueiQuH Piruuvt:) S19AIY SOU ‘el4 PU. ,, 03 BuiSuoçeq: ‘syueJIqQUUU] YOU oy} JO souIU OU
“CCLT HICT AHE YIANAILAAS ‘AU ANVHY)
(HIT "III OA ‘eSS007-21PANON D1 op NÉUOII P1P00$ 01 9P U01792100)
es
+ MO'ISNIM 'TENOTOO AG 'TVNANOL NG LIVALXH
APPENDI
9 ÿ T 8 CLELELELRELTI) op 7 6 7
9 F 8 g ee op ft" "OUBIQOrT utef oo
L € F 8 °°°" JO, uwe£ 9q|° "°°°" """""" oUEIYO'T oo
£ Z |... ss... op tte." *108uIL) pUYWY
sas din zctrrs cles pee bros op tre" * "a08uex9) sopre{)|ee
fier des Faite pis salée 2 sossseesseee op ester... -108ue1) SOUL
sintloseshassi cosslidséhi desc rons op tree... -108uex) qdesopf
slots lonsslsmsslossss.ssse.e op rrteteeeeee--10SUVAL) OUIXEIQ
Ed sous... ss... .. op rte. -108uer9) ydosop Ts l----- sasse + nr ERA ojSre g1ou0H 0€
F g .….... ..... op ire. -10Suvxn) uvop
lg lee co... op rte... -108uVIN) SOUCI
e 9 |------ ….... op tte -10SULIL) SO[IVU9)
€ 3 PS ne SL a op ss... J19SuRIr) QU9Y
er Lee ++... mesurer soql° aoSuein) ydesof|ez
É cmsstloss-slsecslsesclese ls... . op PR so[iey)
lomosthossshieselé-s<hsschnes ere s. DT **---- {ipuerg swroquy
SR crie Robe GITE Ge Pi ressssssssee op D ES mr En AipuT ouo14 fosses selon clee be Me | soq\'"""" *+t+.-.+* pue s1ou0H ||. RS PIRE IG CA PRE Sr Rene sense. CR EE op T9 OUVIAOT 29 rs pare | de ee Dh VERS De RE or 2 op PRESS PERS PACOrA 8TISE4 |
Fr | F op pe PT, PIN e g |---- SES op re TN uortd4))| LEFT F re op **:""q0LHOL 9pntI) € So) ar L 8 Cet ss op ss... ee... JOLIS J, uta L el... CP PRE EEE TEE op tetes" 2" JON], CHOU
Z& FI 9 l5 g SRE ES à op Joue], soql° * ** °°" ""o18%q os1deg uvo
…sesersssere op esse... -nuoIuo)
| © [&æ]œ)S 1e [Fr 18 |? IXOT I cr 0!» ty} e E £ sus... op ss... bee | ouoyt 7 nine rs EU Tes I A ! 08 :£ e + & F ss... DR Dre neswo) 91sndeg uesr|aé | & IT|RT!?Y | + | 5 US Me JÉRÉESIRS op Re or £ | &1|@ 2 | pic re LV sad nvauo9 ydesop Séesker Re EVER AT Ads sdoseresers op resssseeereee out OUI PRE. He PR COR PO, ES ttes Me cmd ..... op resssreeeese-* QUVISO'T [OUI EUR DO RU OUR AO AUD) DRE VE CE op ressssseseese ee JO], 011014 |09 Bees RARE A (ss. PEN LPS PAR ES LAS Erti-Cntbeihgliat .…... op …..... ses... "UOINOT XU9H | r larloœle |z FAI us à D |-------- 1ofuer) vo — I e 6 | e z | z g T sms... op reseseeeseres -ueUeiT, gdoso & I 8 IE 9 4 8 TI …....... op cesser. -uobutoiy sonboep Z | 1 |02 ls le L+ 1 sis see op Lee. neeapnog PONS 210U0H | = & ST | ca | OT 9 |» + 8 …......... op versets tt: OMS], UTEUNOX)| < 3 FI og |6 L | + I 9 ss... op verse oUeIgOrT 91s11dug uvo ÉŒISiolé Ir LE TE ne op SN RS |gi8 |&i9 19 1» ls ARR op “HOINY 21814 Ÿ uL9 N: | s3 œloriirlir le |z serrer qomeg ueë sql: """""77"7777"4021, 2018400 RE ne ns es eee PP CL Imfmlel delelr|ie |S18 1510) S IS IE) ] sue sein SEA SX É | 5 | : ER ÉË
noces pme ee me +
L . 38 , Œ T 96 | & | #1 | ST £ |SI 88 C | | z | 23 06 1m) | 6 | © !
SE SET 7 € | 2 | ge € at & 97 | 09
| He rt Lor le g l98 | @œ 3.1.8.
eee
Le = D © #5 ©
S be 79 T1 10 OI En F4