‹ Un pere ou La famille Simon drame en trois actesChapitre 34 sur 57 · SAINT-HILAIRE, VICTOR, CONVIVES · texte numérisé non relu

SAINT-HILAIRE, VICTOR, CONVIVES

le Docteur DESROSIERS, GEORGES.

ST. -hilaire. Allons, mes amis, remplissez vos verres; rasade pleine. Il s’agit d’un toast qui vous sera cher. ( Trinquant .} A la belle Marie ! la rose du bal !

LES convives. Bien! bien! A la belle Marie !

LE DOCTEUR. Oui ; mais qui sc chargera de répondre pour elle ?

UH COhvivb. El parbleu ! son favori de la soirée, le capitaine Georges.

ST. -hilaire. Non , non , le capitaine Georges n’est pas son favori. Dix ,'i parier contre un que mon ami Victor l’emportera.

GEORGES. M. Victor?... peut-être ?

LE docteur, riant. Je crois, Messieurs, que le cœur de la belle Marie est encore indécis entre ses deux adorateurs.

ST. -hilaire. Je gage toujours pour mon ami.

VICTOR. En effet , je ne crois pas que le capitaine ait le droit de prétendre à sa main.

GEORGES. Tenez , messieurs, nous faisons beaucoup de bruit pour rien , ce me semble ; mais, puisque la question , toute puérile qu’elle soit, n’est pas encore résolue. je dois dire, quoique cela vous paraisse peut-être ridicule de ma part, que le cœur de la belle Marie est à moi. à moi seul ; j’ai de bonnes raisons pour parler ainsi ; et M. Victor, mon rival, ne saurait l’emporter sur moi , malgré les avantages qui le feraient réussir auprès de toute autre personne.

VICTOR. Capitaine, point d’ironie.

GEORGES. Ironio !.... Que voulez-vous dire par ce mot? Je vous promels, M. Victor, que je n’ai pas l'intention de vous chercher querelle. S’il m’estéchappé quelque chose d'offcusaul pour vous, j eu suis

fâché , je vous assure. Mais quant à mademoiselle Marie , je suis bien certain de vous être préféré. Ainsi, messieurs, je vous remercie pour elle.

VICTOR. Capitaine , vous vous trompé* Ah ! dites que vous vous êtes

trompé !

Georges, avec calme. Trompé?

Tenez, Victor, vous me forcez à faire un aveu que je voulais retarder encore de quelques jours , mais qui , je

l’espère , va nous mettre d’accord

Non - seulement la main de mademoiselle de Sourdeuil m’est accordée, mais elle m’est assurée par un contrat signé hier entre nos deux familles. £t je puis vous affirmer, qu’à moins d’événemens que je ne peux prévoir, avant un mois vous aurez été témoin de mon bonheur.

LES CONVIVES ET LE DOCTEUR. Ah !

c’est différent.

VICTOR. Cela n’est pas , messieurs , cela n’est pas.

GEORGES. M. Victor , vous avancez lâ des paroles

Victor. Que je soutiendrai envers et contre tous!

GEORGES, après une pause. Vous êtes jeune, Victor. Vous ressemblez en ce moment â un fort écolier qui n’a plus besoin que d’une bonne leçon pour sortir parfait des mains de son maître.

VICTOR. Et... qui pourrait me la donner?

GEORGES. Moi !... si je ne respectais la maison où je me trouve.

ST. -hilaire, bat. Ah! c’en est trop, Victor, son orgueil me révolte , il faut en Gnir.

VICTOR. Si ce que vous nous avaz dit au sujet de votre mariage est vrai, vous avez fait une action basse en vous en flattant devant moi ; et cette action me ferait croire que vous n’étes

Georges. Achevez !...

VICTOR. Que vous n’êtes qu’un lâche !

GEORGES. Vous m’accusez de bassesse, et vous m’appelez lâche ?

VICTOR. Oui, oui, je l’ai dit.

GEORGES. Vous savez quelles excuses vous me devez â l’instant même?

\ ICTOR. C’est lorsque l'un de nous deux aura le cœur percé d’une balle que ja vous ferai excuse.

GEORGES. Eh bien ! marchons !

les CONVIVES. Nous ne le souffrirons

pas.

lé

LE MACilffl TBiATlil.

Page 1