LE DOCTEUR, SIMON
SIMON. Docteur, parlez-moi avec franchise : conservez-vous encore quelque espérance ?
le DOCTEUR. Je ne pnisvous le dire. .
mais ici les douleurs seront bien moins vives. .. d’ailleurs c’est elle qui a désiré..
SIMON. Docteur , ne trompez pas un pauvre vieillard! rassurez vous, il a du
un rflaa.
courage ; il veut savoir en quel état est sa fille.
LE docteur. Que me demandez-vous!
sinon. La vérité. Ma fille survivra-telle?
LE DOCTEUR. Hélas!
smon. Expliquez-vous, mon ami. ., voyez, je puis vous entendre.
LE DOCTEUR. Infortuné ! mais quand je tarderais plus longtemps, le coup doit être si prochain que je ne crois pas manquer à l’humanité en vous prévenant une heure d’avance !
simok. Ma fille !
( Trois heures sonnet) t. )
LE DOCTEUR. Dans une heure, mon ami, elle aura cessé de souffrir
SIMON. Élise ! ah ! ah ! ma pauvre Élise !
LE DOCTEUR. Rappelez-vous, mon ami, que c’est vous qui avez exigé cet aveu.
SIMON. J’étais bien préparé a sa mort, mais je ne savais pas qu’elle dût être si prochaine !
LE docteur. Pardonnez- moi de [vous l'avoir révélé.
SIMON. Que je vous pardonne ? Mais je dois vous remercier au contraire , car elle serait passée dans mes bras sans que je sache qu'elle pût mourir sitôt ! et j’aurais été là , embarrassé de son corps , embarrassé de moi-méme, sans penser que son corps et son âme ne devaient pas partir seuls , que ma fille, enfin, devait être vengée !
le docteur. Que dites-vous ? votre esprit s’égare I
SIMON . Oui, oui, vous avez raison... .
ma tête n'y était plus. . . ( A part.) J’allais trahir mon secret.
le DOCTEUR. Contraignez-vous , au moins devant votre fille : qu’elle ne sache pas que tous les secours de^’art sont épuisés pour elle !
simon. Non, non, vous le voyez, je suis calme, très calme; me voyant ainsi pourra-t-elle soupçonner que j'ai pleuré son trépas?