LE MAGASIN THEATRAL
sinon. Ne dis pas cela, je suis ton
meurtrier!
ELISE. Mon père !... vous ave* voulu rester avec votre fille... est-ce pour l’affliger davantage?
Simon. Mais pourquoi n’ai-je pas plutôt dirigé l’arme contre mon sein ! c’est moi qui aurais dû périr.
ELISE, poussant un cri de douleur. Ah !
SIMON. Mon enfant! mon enfant! qu’astn ? au nom du ciel, réponds-moi !
ELISE. Ce n’est rien... Ce n’est rien.
(Après une pause pendant laquelle Simon a bu de la liqueur que contient le flacon.) Si je meurs... promettei-moi da vivre, inon père... de vivre, pour aller quelques fois jeter des fleurs sur ma tombe... et consoler Gustave!
SIMON. Et le pourrais-je, ma pauvre Elise ? Oh ! non, la foudre m’a frappé avec toi !... c’en est fait de ton père 1
ELISE. Et Gustave? comme son cœur doit être brisé !... lui, qui revenait hier plein de gloire, d’espérance et d’amour...
aujourd’hui, triste et désespéré., demain...
dans le deuil peut-être... pleurant sur le cercueil de celle qu’il a tant chérie !...
puisque demain je ne serai plus là pour partager ses scnlimens. .. soyez-y, vous mon père... pour qu’il ait encore quelqu’un qui s’intéresse a lui... pour lui dire. . combien je l'ai aimé !
SIMON. Ah 1 ma fille ! c’est impossible, je ne te survivrai pas.
ELISE. O mou Dieu !
Simon. Attends, je vais appeler.
Elise, agonisant. Ah! quel affreux bandeau vient se placer sur mes yeux !
mon père ! où êtes-vous ?
simon. Ma Cite!
elise. Embrassei-moi donc !... car votre mdin est encore plus froide que la mienne...
( Qnalre heure, lonueut. )
K SIMON. Ma pauvre enfant!! c’en est donc fait I
elise. Ah!... grâce pour ma mère...
et Victor! mon père!... pardonnez-leur vos chagrins. C’est la dernière prière de votre fille ! . . . adieu h tous... adieu à Gustave !
( Elle meurt. Simon boit le rente da poison. )
simon. Venez, venez tous. . . mon enfant n’est plus !