‹ Un Père prodigueChapitre 32 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ANDRE

La nièce de madame de Chavry ! C'est toi qui plaisantes a ton tour.

LE COMTE

Rien n'est plus sérieux.

ANDRÉ, souriant.

Tu sais quelque chose!

LE COMTE

Quoi?

ANDRÉ

Madame Godefroy t'a écrit?

LE COMTE

Rien du tout ; explique-toi !

ANDRÉ

Alors, tu aimes Hélène ?

LE COMTE

J'en suis fou !

ANDRÉ

Et elle?

Je ne me suis pas encore déclaré, n'ayant pas ton assentiment; mais, maintenant que je l'ai, entre nous, je crois être bien reçu.

ANDRÉ

Et sa tante?...

LE COMTE

'Sa tante ne demande pas mieux. Nous arrivons à Dieppe,

tu revois Hélène, vous renouvelez connaissance, tu fais la demande en mon nom; c'est assez original... et, si elle accepte, dans trois semaines je suis marié, rangé, je deviens le modèle des maris et l'exemple des familles ! Tu te nriaries à ton tour, et nous vivons tous ensemble, où tu voudras. Qu'importe l'endroit quand on est heureux, et nous le serons! Quelle belle vie!... A quoi penses-tu?

ANDRÉ, sérieux.

Tu es bien décidé ?

LE COMTE

Tout ce qu'il y a de plus décidé.

ANDRÉ

Et tu seras heureux ?

LE COMTE

L'homme le plus heureux du monde.

ANDRÉ

Partons alors, et faisons vite !

LE COMTE, lui prenant la tète et l'embrassant avec force.

Je t'adore !... (n sonne.) Joseph n'a que- le temps de faire ta malle!... (ii ouvre la porte et appelle.) Josephl... Ah! j'oubliais que je l'ai envoyé...

ANDRÉ

Où donc ?

LE COMTE

Porter des fleurs à mademoiselle Albertine.

ANDRÉ

Voilà ce que tu appelles être amoureux ?

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